Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois arcs de pierre
- Divinités fluviales latérales
- Vasque centrale
- Blasons effacés
L’histoire du lieu
Au bord de la mer, trois arcs de pierre sont réunis : dans les ouvertures latérales se serrent des divinités fluviales avec des créatures marines, et entre elles se tient une vasque destinée au jet d’eau. Au-dessus des arcs, les blasons restent encore discernables, bien que le temps ait presque effacé leur dessin. La promenade fut aménagée là où se trouvait autrefois une partie du port de pêche, comblée lors de l’extension du rivage ; la fontaine fut installée ici dès le début du vingtième siècle.
En mille six cent soixante-dix, Pedro Antonio de Aragón, vice-roi du roi d’Espagne à Naples, voulut immortaliser ses mérites envers la ville. À cette fin, il utilisa un immense torse antique de Jupiter assis, découvert lors de fouilles à Cumes. Des artisans ajoutèrent au torse des bras en stuc, dissimulèrent sa partie inférieure manquante sous des plaques de marbre et l’installèrent à la verticale. Une longue liste des hauts faits du vice-roi apparut sur le piédestal.
À côté se trouvait déjà une fontaine réalisée par Michelangelo Naccherino et Pietro Bernini. Elle se situait alors près du palais royal, sur l’actuelle Piazza del Plebiscito, et ses trois arcs encadraient la descente vers l’arsenal et la mer. Les habitants surnommèrent la statue composite le Gigante di Palazzo ; son nom passa à la fontaine et à la route qui descendait d’ici.
On commença bientôt à fixer sur le piédestal des poèmes anonymes contre les dirigeants municipaux et les courtisans. Ils étaient surtout écrits par de simples Napolitains, même si des hommes de lettres connus comptaient aussi parmi leurs auteurs. Leurs noms et leurs occupations restaient généralement inconnus : on plaça un garde à côté, il fut interdit aux passants de lire les feuillets et une récompense fut promise pour les auteurs. L’anonymat protégeait les gens, mais transforma le Jupiter de pierre en statue parlante.
En mille huit cent sept, le roi de Naples Joseph Bonaparte, qui tentait de mettre fin à ces moqueries, ordonna d’enlever le Gigante. Selon la tradition, avant son retrait, un testament apparut sur lui : la statue léguait sa tête au Conseil d’État, ses bras aux ministres, son ventre aux courtisans, ses jambes aux généraux, et réservait au roi une partie du corps non nommée. Le torse antique fut débarrassé de ses ajouts tardifs ; il se trouve aujourd’hui au Museo Archeologico Nazionale di Napoli. La fontaine perdit sa voisine, mais conserva son surnom.
La fontaine elle-même resta près du palais encore huit ans. En mille huit cent quinze, lors de la transformation de la route, elle fut démontée et déplacée vers la jetée orientale, devant le bâtiment des services sanitaires. Le bâtiment était appelé Immacolatella en raison de la statue de la Vierge Marie sur son toit, et la fontaine reçut un second nom : la fontaine de l’Immacolatella.
En mille huit cent soixante-neuf, elle fut de nouveau démontée et remontée dans le nouveau parc de la Villa del Popolo, près du port. Les installations portuaires entourèrent peu à peu le parc et, en mille neuf cent trois, la fontaine reposait de nouveau en morceaux. Enfin, en mille neuf cent six, une coopérative de tailleurs de pierre la remonta à cet endroit, sur la nouvelle promenade aménagée au-dessus d’une partie comblée de l’ancien port de pêche.
Les trois arcs furent de nouveau placés près de la mer, comme à leur premier emplacement. Dans les ouvertures latérales subsistent des divinités fluviales avec des créatures marines ; dans celle du milieu, une vasque destinée au jet d’eau ; au-dessus des arcs, des blasons effacés par le temps. Le Gigante n’est pas parmi eux : le nom désigne la statue restée près de la Piazza del Plebiscito, et la fontaine n’a reçu son rivage actuel que trois siècles après sa création.
Sur place
Espace urbain ouvert.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Tous les principaux détails sont visibles de l’extérieur ; observez la sculpture depuis le côté piéton et ne vous engagez pas sur la chaussée pour une vue d’ensemble.
