Étape 3 sur 7

Mégaride : la ville sous la protection d’un œuf

Castel dell'Ovo / Borgo Marinari

Sur le rocher se rejoignent la trace certaine du dernier empereur d’Occident et une légende qu’il fallut soutenir par la parole d’une reine.

15 min
Castel dell’Ovo
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le rocher de tuf de la Mégaride
  • Les murs de la forteresse
  • Le pont vers le rivage
  • La salle aux colonnes antiques

L’histoire du lieu

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La Mégaride est une ancienne île de tuf, aujourd’hui reliée au rivage par un pont. La chronologie napolitaine commence ici l’histoire de la ville : au neuvième siècle avant notre ère, des Grecs s’installèrent sur l’île, puis Parthénope naquit sur le Pizzofalcone voisin. Vous n’avez devant vous aucune maison grecque. La forteresse apparut bien plus tard, et l’un de ses premiers prisonniers portait le nom du fondateur de Rome.

Romulus Augustule était le jeune empereur de l’Empire romain d’Occident que son propre père avait placé sur le trône. Son père, le général Oreste, gouvernait en son nom. Les soldats de l’armée romaine exigèrent des terres en Italie pour s’y établir, mais Oreste refusa. Leur commandant, Odoacre, se révolta alors, tua Oreste et renversa son fils.

Les empereurs précédents étaient souvent éliminés aussitôt. Romulus fut sauvé parce qu’il ne dirigeait manifestement pas la lutte. Un auteur antique écrit qu’Odoacre l’épargna en raison de sa jeunesse et de sa beauté. L’âge exact de Romulus est inconnu, mais ses contemporains employaient avec dérision le surnom d’Augustule, « petit Auguste ».

Odoacre accorda à l’empereur déchu une pension annuelle de six mille solidi d’or — le revenu d’un riche sénateur romain — et l’envoya ici, au Castrum Lucullanum, avec ses proches. C’était le nom de la demeure fortifiée du général romain Lucius Licinius Lucullus. Dès le premier siècle avant notre ère, Lucullus avait aménagé sur la Mégaride une partie de sa villa maritime, et au cinquième siècle l’empereur Valentinien III avait ordonné de la transformer en forteresse. L’île convenait à un exil honorable : assez éloignée pour retenir un prisonnier dangereux, et assez riche pour qu’il vive avec une suite plutôt que dans une cellule.

Odoacre envoya les insignes impériaux à Constantinople et commença à régner sur l’Italie comme roi. C’est pourquoi l’année quatre cent soixante-seize est conventionnellement considérée comme la fin de l’Empire romain d’Occident. Romulus lui-même resta un simple particulier dans une demeure qui avait autrefois appartenu à un général victorieux. On ne sait pas avec certitude ce qui lui arriva ensuite : les sources perdent la trace de l’ancien empereur précisément ici.

Les murs actuels n’étaient pas ceux de son habitation. Normands, Angevins, Aragonais et Espagnols ont remanié la forteresse à de nombreuses reprises. De la villa romaine subsistent quelques éléments intégrés aux constructions ultérieures : à l’intérieur se trouve une salle des Colonnes avec des colonnes antiques. Aucune pièce ne peut honnêtement être appelée les appartements de Romulus. La trace précise de son exil est le rocher même de la Mégaride et l’ancien nom de Castrum Lucullanum.

Au Moyen Âge, cette même forteresse reçut un autre protecteur. Les Napolitains considéraient alors le poète Virgile aussi comme un magicien. Selon la légende, il cacha dans une pièce secrète un œuf enfermé dans une fiole et une cage de fer. Tant que l’œuf resterait intact, la forteresse et Naples tout entière devaient tenir debout.

En mille trois cent soixante-dix, une arche naturelle sous une partie du château s’effondra ; les tours et les structures porteuses subirent de lourds dommages. Une rumeur se répandit dans la ville : l’œuf s’était brisé, donc le prochain malheur détruirait Naples elle-même. La reine Jeanne Ire, qui devait mettre fin à la panique et restaurer la forteresse, déclara avoir mis à sa place un nouvel œuf, encore plus puissant, et ordonna de reconstruire immédiatement les parties détruites.

Personne n’a trouvé les œufs. Pourtant, le nom de Castel dell'Ovo — le Château de l’Œuf — est resté sur les cartes et les panneaux. Il reprend la légende médiévale et l’assurance royale que le protecteur invisible était de nouveau intact.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantVia Partenope : la terre qui n’existait pas
Entréede l’extérieur

Castel dell'Ovo est fermé au public jusqu’à nouvel avis ; Borgo Marinari et les vues extérieures sont accessibles comme espace urbain.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Cette étape est prévue pour une visite extérieure : si l’accès à l’intérieur de la forteresse est fermé, écoutez le récit depuis la partie accessible du Borgo Marinari.

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Où aller ensuite ?

Quittez l’île et engagez-vous sur la Via Partenope du côté du château.

Étape 3 sur 7Ensuite : Via Partenope : la terre qui n’existait pas

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le littoral de Naples : Santa Lucia, Mégaride et Chiaia » — 7 étapes, environ 3 km, 2-3 heures.

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