Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Quais en eau profonde
- Brise-lames de pierre
- Zone d’entrepôts
- Navires de croisière
L’histoire du lieu
La Corniche de Mutrah longe une bande qui fut autrefois la plage devant Mutrah. Pour aménager ici un port en eau profonde, les constructeurs firent exploser les rochers au bord de la baie, remblayèrent une zone d’entrepôts avec des millions de tonnes de pierre et construisirent en mer un brise-lames de sept cents mètres. Derrière se trouvent les treize quais du Port Sultan Qaboos : les marchandises commerciales sont désormais principalement reçues à Sohar, et les navires de croisière accostent plus souvent ici.
En avril mille neuf cent vingt-six, le représentant commercial Charles Wills proposa de transférer ici les vapeurs de la compagnie British India. Ils faisaient escale dans la voisine Mascate, alors le port maritime du pays, bien que les plus grands négociants vécussent à Mutrah. Wills espérait leur épargner un transbordement supplémentaire des marchandises et développer les exportations d’Oman.
L’agent politique britannique Cyril Johnson Barrett, qui faisait fonction de consul, interrogea les commerçants de Mutrah. Tous jugèrent cette baie plus pratique que Mascate, mais à une condition : il fallait agrandir le quai des douanes. Mutrah est mieux abrité des vents saisonniers, et les ravins derrière la ville menaient directement aux routes de l’intérieur. Les caravanes arrivaient ici ; les rochers environnants coupaient Mascate de ces voies.
Mais un port pour vapeurs ne dépend pas d’une baie seulement. Le quai de Mutrah était si petit qu’on ne pouvait pas y décharger et entreposer en même temps les marchandises apportées par un seul voyage depuis Bombay et Karachi. La plupart des négociants interrogés, bien que ce fussent précisément eux qui payaient le transport répété des cargaisons depuis Mascate, demandèrent pour l’instant de ne rien changer.
Bertram Thomas, conseiller financier du sultan chargé d’un trésor presque vide, s’opposa au projet. Un nouveau quai exigeait de grandes dépenses. Il aurait ensuite fallu transférer à Mutrah le trésor et d’autres institutions. Thomas calcula que les négociants économiseraient sur le transbordement, mais que le volume global du commerce n’augmenterait pas, tandis que Mascate perdrait définitivement ses revenus portuaires. Le sultan s’y opposa aussi. La proposition de Wills fut ajournée, les vapeurs continuèrent de faire escale à Mascate, et les marchandises destinées aux boutiques de Mutrah parcouraient toujours un tronçon de route supplémentaire.
On ne put revenir à la même tâche que presque un demi-siècle plus tard, lorsque les revenus pétroliers permirent de financer un port en eau profonde. Les constructeurs firent exploser une partie des rochers à l’extrémité nord-ouest de la baie, déposèrent des millions de tonnes de pierre dans la fondation de la zone d’entrepôts et construisirent en mer un brise-lames de sept cents mètres. En novembre mille neuf cent soixante-quatorze, le Port Sultan Qaboos ouvrit avec treize quais. L’ancienne plage devant la ville fut alors transformée en Corniche de Mutrah, et les maisons du littoral se retrouvèrent face au port de marchandises.
Aujourd’hui, les principales cargaisons commerciales sont reçues à Sohar, tandis que les quais de Mutrah accueillent surtout des navires de croisière. Sur le côté nord de la baie subsistent treize quais en eau profonde : là où, en mille neuf cent vingt-six, le trésor n’avait pas même les moyens d’agrandir un seul quai des douanes.
Sur place
La Corniche est accessible en tant que promenade publique. La zone portuaire est réglementée ; l’itinéraire ne s’observe que de l’extérieur.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez depuis la promenade publique et n’entrez ni par les portes du port ni dans les accès de service.
