Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Dix pavillons
- Murs de liaison bas
- Façades nord du Schlossrondell
- Canal d’eau
L’histoire du lieu
Dans l’arc nord du demi-cercle, derrière des façades régulières, la Manufacture de porcelaine de Nymphenburg poursuit son activité. Des bâtiments distincts furent préparés pour elle près du château, et l’eau du canal actionnait les machines qui broyaient le quartz et le feldspath pour la pâte à porcelaine. Lorsque la porcelaine artistique déclina, les mêmes ateliers fabriquèrent des ustensiles de laboratoire, des isolateurs et des chopes pour hôtels. Aujourd’hui, le canal, par l’intermédiaire d’une petite turbine, fait toujours tourner les tambours et les mélangeurs dans lesquels on prépare la pâte.
Le demi-cercle devant le château est formé de dix pavillons reliés par un mur bas. Karl Albrecht leur avait attribué le rôle du premier quartier de Carlstadt. La ville ne vit pas le jour, mais le rond-point accueillit des services dont une résidence de campagne ne pouvait se passer : une auberge, une taverne, un moulin et des locaux utilitaires. Dans la partie nord, on fabrique de la porcelaine depuis plus de deux siècles et demi.
Le fils de Karl Albrecht, l’électeur Maximilien III Joseph, espérait mettre en place sa propre production d’un produit coûteux et redresser les finances de la Bavière. En mille sept cent quarante-sept, il ouvrit un atelier de porcelaine au château de Neudeck, dans le faubourg munichois d’Au. Les premières expériences engloutissaient de l’argent, et les artisans ne savaient pas produire régulièrement de la porcelaine de qualité. L’électeur cessa de financer l’entreprise.
La manufacture fut sauvée par le comte Sigmund von Haimhausen, directeur de l’administration de la monnaie et des mines, qui œuvrait à l’apparition d’une porcelaine propre à la Bavière. Il investit près de dix mille florins de ses fonds personnels dans les expériences et engagea Joseph Jakob Ringler, spécialiste de la composition de la pâte à porcelaine et de la cuisson. En mille sept cent cinquante-quatre, Ringler parvint à une production maîtrisée de véritable porcelaine dure. L’électeur s’intéressa de nouveau à l’entreprise, les commandes de la cour apparurent, et l’atelier commença à se développer.
À Neudeck, l’espace lui était devenu insuffisant. En mille sept cent soixante et un, Maximilien IV Joseph ordonna de transférer la production dans des bâtiments spécialement préparés dans la partie nord du Schlossrondell. Les principaux clients, la cour et l’électeur, se trouvaient ici tout près, et l’eau du canal de la Würm pouvait actionner les moulins qui broyaient le quartz et le feldspath. Haimhausen dirigea la Manufacture de porcelaine de Nymphenburg jusqu’à sa mort en mille sept cent quatre-vingt-treize ; pendant ce temps, la porcelaine de Nymphenburg commença à être expédiée bien au-delà de la Bavière, jusqu’à Venise.
Vers le milieu du dix-neuvième siècle, la production artistique déclina. Elle fut arrêtée, et les ateliers se reconvertirent dans les ustensiles de laboratoire, les isolateurs, les articles sanitaires et les solides chopes destinées aux hôtels. Les anciens modèles étaient mal conservés ; certaines compositions de pâte et d’émail auraient dû être reconstituées à neuf.
En mille huit cent quatre-vingt-huit, le négociant Albert Bäuml loua la manufacture, décidé à lui rendre sa porcelaine artistique. Il investissait dans l’équipement, invitait des artisans et recherchait d’anciennes pièces de Nymphenburg dans les musées, les collections privées et chez les antiquaires. Les tasses, plats et figurines achetés servaient de modèles pour restaurer les formes perdues. La collection qu’il réunit devint la base de l’actuel Musée de la porcelaine de Nymphenburg, et les artisans utilisent encore aujourd’hui l’archive de modèles créée grâce à ces recherches.
Bäuml dirigea ici la production jusqu’à sa mort en mille neuf cent vingt-neuf, puis ses trois fils poursuivirent l’affaire. Derrière les façades nord du Schlossrondell, la manufacture fonctionne encore aujourd’hui. L’eau du même canal, par l’intermédiaire d’une petite turbine, fait tourner les tambours de broyage et les mélangeurs dans lesquels on prépare la pâte à porcelaine.
Sur place
Le Schlossrondell se visite gratuitement de l’extérieur. Il n’y a pas d’exposition distincte pour les visiteurs dans les pavillons ; certains bâtiments sont utilisés à des fins de service ou privées, ne prévoyez donc pas d’entrer à l’intérieur.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous précipitez pas immédiatement vers l’entrée centrale : parcourez une partie de l’arc et observez comment le panorama change. Il vaut mieux considérer les bâtiments d’habitation et de service comme un ensemble unique, sans entrer dans les cours fermées.
