Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les hauts minarets
- Les locaux commerciaux du rez-de-chaussée
- Les portes occidentales
- L’enseigne « Suleiman Usman Mithaiwala »
L’histoire du lieu
Sous les hauts minarets, la mosquée se prolonge au-delà de la façade : la salle de prière et la cour voisinent avec une cuisine, des entrepôts, des logements et des boutiques sur le pourtour du rez-de-chaussée. Un bien de fiducie memon, lié à une communauté commerciale du Kutch, entretenait ce complexe ; les constructions de ce site apparurent dès le dix-neuvième siècle. Mohammed Ali Road s’achève par les portes occidentales, et, les soirs de ramadan, les ruelles près de la mosquée se remplissent de tables et d’étals.
Au début des années trente du vingtième siècle, Suleiman, jeune aide-boulanger, arriva de Pune à Bombay pour y chercher un revenu. Il ne possédait pas sa propre boulangerie ; tout ce sur quoi il pouvait s’appuyer était son savoir-faire avec la pâte. Suleiman loua un minuscule local commercial juste à côté de Minara Masjid et se mit à vendre des pâtisseries. En mille neuf cent trente-six, il y ouvrit une véritable boutique de confiseries. Sur l’enseigne, il associa son propre prénom à celui de son père, Usman : c’est ainsi qu’apparut « Suleiman Usman Mithaiwala ».
Le choix du lieu explique l’organisation de la mosquée. Les Memons, une communauté commerciale musulmane liée au Kutch, constituèrent en mille huit cent soixante-dix-neuf un bien de fiducie selon un dispositif approuvé par la Haute Cour de Bombay. Des constructions existaient déjà auparavant ; l’inventaire municipal date la mosquée approximativement de mille huit cent soixante-dix. Le bien comprenait une salle de prière, une cour, des entrepôts, des maisons d’habitation et des locaux commerciaux sur le périmètre extérieur du rez-de-chaussée. Ici, on priait, vivait, entreposait les marchandises et les vendait côte à côte. En raison de ses hauts minarets, la mosquée fut appelée Minara Masjid, la mosquée des minarets.
Suleiman se trouvait précisément dans la partie du complexe où la vie religieuse et la vie commerciale se touchaient par leurs portes. Sa petite boulangerie devint une affaire familiale ; après lui, ses fils poursuivirent la boutique. Le magasin principal occupe toujours un local sous la mosquée, sur Ibrahim Merchant Road, du nom d’un ancien administrateur de Minara Masjid. Pendant le ramadan, la famille y vend de l’aflatoun, une confiserie lactée dense, de la phirni et des malpua, même si Suleiman avait commencé par le travail quotidien d’un boulanger.
Ces mêmes soirs, les administrateurs servent le repas de rupture du jeûne à plus de mille personnes. La nourriture est préparée dans la cuisine intérieure, disposée dans la salle de prière, puis, une fois le repas terminé, une équipe libère rapidement le sol et le lave avant la prière du soir. À l’extérieur, les commerçants installent des étals et des tables dans les ruelles. En quelques décennies, les boutiques familiales et les vendeurs temporaires ont déployé un marché nocturne près des portes : à l’heure où prend fin le jeûne de la journée, une grande communauté se rassemble simultanément dans la mosquée, puis gagne directement les locaux commerciaux de son périmètre extérieur.
Les portes occidentales donnent sur Mohammed Ali Road, et le tronçon auquel fut donné ce nom s’achève à la mosquée. Avant l’indépendance de l’Inde, deux conseillers municipaux proposèrent de rebaptiser une partie de Sydenham Road — nom que portait alors cette artère — en l’honneur de Mohammad Ali Jauhar. Jauhar était poète-journaliste et dirigeant du mouvement du Khilafat : après la Première Guerre mondiale, il œuvra au maintien du califat ottoman et, avec son frère Shaukat, dirigea des campagnes à Bombay. Les conseillers invoquaient le fait que le siège du mouvement se trouvait dans la ville. Le tronçon allant de Mahatma Jyotiba Phule Mandai à Minara Masjid reçut le nom de Mohammed Ali ; au-delà de la mosquée, la section rebaptisée s’arrêtait.
Les historiens discutent pourtant encore de la personne que désigne le panneau routier. Selon une autre version, il s’agit de Mohammed Ali Rogay, commerçant et philanthrope de Bombay au dix-neuvième siècle, à qui la tradition historique locale attribue la création de plusieurs écoles. Le panneau ne porte ni le titre de savant musulman « Maulana », ni le nom de famille « Jauhar » ; les deux interprétations se sont donc maintenues. Mohammed Ali Road s’interrompt aux portes occidentales, et sous les minarets demeure la boutique où Suleiman plaça autrefois côte à côte son prénom et celui de son père.
Sur place
Mosquée en activité et rue alimentaire nocturne ; l’accès et le passage dépendent de la prière, du ramadan et des restrictions en vigueur.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La mosquée demeure un espace religieux en activité : n’y entrez pas par curiosité pendant la prière et renseignez-vous sur place quant à l’accès. Dans la foule alimentaire, choisissez un étal sans vous presser, surveillez vos effets personnels et ne restez pas au milieu de la file pour prendre une photo.
