Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arche de pierre
- Le parapet de pierre
- Les marches du pont
- La Neretva sous la travée
L’histoire du lieu
Les rochers resserrent ici le lit de la Neretva ; une haute travée de pierre a donc pu relier les rives là où la rivière séparait habituellement la ville. Le passage fut construit sur ordre du sultan pour former une voie permanente à travers l’eau ; les marches montent vers l’arche, et le parapet longe le courant rapide. La maçonnerie actuelle reproduit l’ancienne forme jusque dans ses petites irrégularités, bien que nombre de blocs de pierre aient été taillés de nouveau. Le nom de Vieux pont de Mostar est resté, avec le souvenir de l’arche précédente.
À seize ans, Emir Balić marcha près de trois heures au sommet de l’arche sans parvenir à se décider à sauter. Il avait grandi près de la Neretva, s’entraînait depuis l’enfance sur de bas ressauts et savait entrer dans l’eau pieds en avant. Le Vieux pont de Mostar représentait une autre étape. Renoncer aurait signifié revenir sur la rive sous les moqueries de ses camarades ; se tromper, heurter l’eau après une chute d’environ vingt mètres. Balić sauta pieds en avant. Plus tard, il se souvenait que tout son corps lui faisait mal une fois rentré chez lui.
Le pont se trouve ici parce que les rives rocheuses de la Neretva se rapprochent à cet endroit. En mille cinq cent soixante-six, l’architecte mimar Hajruddin acheva, sur ordre du sultan Soliman, un haut passage à travée unique. Les habitants reçurent une voie permanente pour traverser la rivière, et les jeunes hommes du lieu un terrain pour une épreuve qu’il était impossible de reproduire depuis une rive ordinaire. Des témoignages écrits associent déjà les sauts à ce passage au dix-septième siècle. Avec le temps, deux disciplines se constituèrent : l’entrée dans l’eau pieds en avant et le plongeon tête la première, connu sous le nom de « hirondelle de Mostar ».
Quelques mois après son premier saut, Balić se décida à tenter l’« hirondelle ». Il prenait appui sur le parapet, allongeait son corps presque à l’horizontale et ne plongeait tête la première que juste avant l’eau. La peur ne disparut pas : Balić disait craindre davantage l’échec que la blessure. Le pont ne le faisait pas vivre. Il travaillait comme projectionniste de cinéma et cascadeur ; ici, il s’entraînait et participait aux compétitions. Balić sauta du Vieux pont de Mostar plus de mille fois et remporta treize fois les compétitions annuelles.
Le neuf novembre mille neuf cent quatre-vingt-treize, l’arche depuis laquelle il sautait s’effondra dans la Neretva après un bombardement. Le nouveau pont fut inauguré le vingt-trois juillet deux mille quatre. Les constructeurs reproduisirent la forme de l’ancien passage, sa maçonnerie de pierre et même ses petites irrégularités géométriques. Ils conservèrent le nom de « Vieux pont de Mostar », bien que la majeure partie des blocs actuels ait été taillée de nouveau.
Lors de l’inauguration, Balić envisageait de sauter encore une fois. L’écrivain Predrag Matvejević l’en dissuada : devant eux se dressait une reconstruction exacte, mais non la pierre d’où avait commencé la gloire du plongeur. Balić remit le flambeau au jeune Lorens Listo, qui sauta à sa place. Plus tard, Listo remporta lui aussi treize victoires et, après avoir rejoint Balić, cessa de concourir. Les sauts annuels se poursuivent depuis le parapet actuel ; Emir Balić lui-même n’a jamais sauté du Vieux pont de Mostar reconstruit.
Sur place
Le pont piétonnier est ouvert sans horaires fixes ; de brèves restrictions sont possibles en raison d’événements, de travaux d’entretien ou de la sécurité.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous pressez pas dans la descente, cédez le passage au flux venant en sens inverse et ne vous approchez pas du bord pour prendre une photo. Les sauts sans préparation professionnelle sont mortellement dangereux.
