Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La dalle de granit avec l’inscription
- La Flamme éternelle
- La garde d’honneur
- L’obélisque près de la grotte des Ruines
L’histoire du lieu
Cette bande de terrain le long du mur du Kremlin devint un jardin après la dévastation de Moscou en mille huit cent douze : Alexandre Ier chargea de l’aménager, et Ossip Bové y créa un jardin de promenade. Près de la tour moyenne de l’Arsenal, il construisit une grotte avec de la pierre et les restes de maisons détruites. À côté se dresse un obélisque transféré ici depuis l’entrée ; il fut d’abord consacré aux Romanov, puis, après la révolution, ses inscriptions furent modifiées en l’honneur de penseurs révolutionnaires. Le nom du jardin conserve celui de l’empereur qui entreprit ces travaux.
La garde d’honneur près de la Flamme éternelle se tient au-dessus d’une véritable tombe. Sous la dalle de granit reposent les restes d’un homme mort aux abords de Moscou. Personne ne connaît son nom.
À l’automne mille neuf cent soixante-six, des ouvriers découvrirent une fosse commune près de Krioukovo, au quarante et unième kilomètre de la chaussée de Leningrad. C’est là qu’en décembre mille neuf cent quarante et un les unités soviétiques stoppèrent l’offensive allemande contre la capitale. On préleva dans la sépulture les restes d’un combattant, dans un uniforme conservé mais sans insignes. Il ne portait aucun document. Il n’était déjà plus possible d’établir son nom.
C’est Nikolaï Iegorytchev, dirigeant de l’organisation du parti à Moscou qui cherchait à créer un mémorial militaire pour toute l’Union, qui proposa de transférer ce soldat près du Kremlin. Pour lui, la guerre ne se limitait pas à une date officielle : en mille neuf cent quarante et un, il était parti volontairement au front, avait combattu près de Moscou et avait été grièvement blessé. Iegorytchev insistait pour choisir le jardin Alexandre. Une tombe dans un cimetière serait restée un monument moscovite ; un emplacement près du mur du Kremlin permettait d’enterrer un combattant inconnu au nom du pays tout entier.
Il n’y avait pas ici d’emplacement libre. Près de l’entrée se dressait un obélisque érigé pour le trois-centième anniversaire de la dynastie des Romanov et, après la révolution, transformé en monument aux penseurs révolutionnaires. On n’osait pas y toucher sans l’accord des plus hautes autorités. Une note sur le nouveau mémorial resta sans suite pendant six mois, et l’emplacement proposé ne fut pas approuvé.
Iegorytchev autorisa, sous sa propre responsabilité, le déplacement de l’obélisque vers l’intérieur du jardin. Puis, le six novembre mille neuf cent soixante-six, il ordonna d’installer une maquette de la tombe dans la salle où les membres du Politburo, la plus haute direction du parti du pays, devaient entrer pendant une séance solennelle. Il les réunit devant le projet prêt et leur demanda leur avis. Tous soutinrent le mémorial ; le refus précédent perdit sa validité.
Le trois décembre, le cercueil fut apporté depuis la gare de Biélorussie sur un affût d’artillerie et enterré près du mur du Kremlin. Le huit mai mille neuf cent soixante-sept, l’ensemble de granit fut inauguré et la Flamme éternelle allumée.
Quatre écrivains furent invités à rédiger l’inscription. Ils proposèrent : « Son nom est inconnu, son exploit est immortel. » Iegorytchev imagina une personne qui avait perdu à la guerre un fils ou un père sans jamais connaître le lieu de sa mort. Une telle personne s’adresserait directement au soldat enterré. Le pronom fut remplacé, et l’on inscrivit sur la dalle : « Ton nom est inconnu, ton exploit est immortel. » C’est pourquoi, dans cette tombe, on enterre un seul combattant, mais on s’adresse à lui comme à chacun des disparus.
L’obélisque qui lui a cédé sa place se trouve maintenant près de la grotte des Ruines, à côté de la tour moyenne de l’Arsenal. La grotte explique aussi l’origine du jardin lui-même. Après l’incendie et la dévastation de Moscou en mille huit cent douze, l’empereur Alexandre Ier ordonna d’aménager les terrains le long du mur du Kremlin. L’architecte Ossip Bové y aménagea un jardin et, en mille huit cent vingt et un, construisit la grotte avec des briques, du granit et des fragments de maisons moscovites détruites. Plus tard, le jardin du Kremlin fut appelé jardin Alexandre, en l’honneur de l’empereur qui avait entrepris ces travaux.
À l’entrée demeure la tombe d’un homme sans nom. Près de la tour moyenne de l’Arsenal se trouvent l’obélisque déplacé pour lui faire place et les pierres des maisons que Bové avait réunies après une autre guerre.
Sur place
Visite extérieure ; l’accès à certaines parties du jardin peut être temporairement limité par la sécurité et les manifestations municipales.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les deux parties de l’arrêt se trouvent à l’extérieur. Près du mémorial, ne gênez pas la relève de la garde et laissez libre l’accès pour ceux qui déposent des fleurs.
