Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de pierre
- Fermes en bois
- Tableaux historiques
- Cartes anciennes
L’histoire du lieu
Derrière la façade de pierre, au sommet du mont Royal, se trouve un grand pavillon de parc conçu pour fonctionner toute l’année. Il a remplacé trois étroits pavillons d’été près du belvédère, et la salle intérieure fut dès le départ prévue pour mille personnes. Des fermes en bois soutiennent la toiture et, tout autour de la salle, sont encore accrochées onze scènes du passé colonial de Montréal, mêlées à six cartes anciennes. Aujourd’hui, les visiteurs du parc s’y reposent, et la grande salle est également réservée aux cérémonies municipales et aux réceptions officielles.
À l’été mille neuf cent trente-deux, le chalet du Mont-Royal, en pierre, se dressait déjà sur le mont Royal. À l’intérieur étaient accrochés dix-sept immenses tableaux ; des fermes en bois s’élevaient au-dessus de la salle, et un foyer était adossé à un mur. Mais les portes restaient verrouillées : la ville avait eu le temps de construire le bâtiment sans avoir encore décidé pour quel usage l’ouvrir.
La commande venait du maire Camillien Houde. Pendant la Grande Dépression, il défendait de grands chantiers municipaux afin que les chômeurs obtiennent un travail rémunéré. À l’emplacement de trois étroits pavillons d’été près du belvédère, les constructeurs élevèrent un bâtiment utilisable toute l’année. Dans les premiers projets, il était appelé restaurant. L’architecte Aristide Beaugrand-Champagne prévit une salle de mille personnes — d’où l’ampleur étrange pour un « chalet ». Ici, chalet désigne un pavillon de parc, et non une maison de campagne.
Beaugrand-Champagne était aussi historien amateur. Il convainquit la ville de ne pas laisser les murs vides et composa pour eux un récit du Montréal de l’époque de la colonie française. Les responsables municipaux signèrent des contrats avec treize artistes. Une scène historique était payée quatre cents dollars. Le jeune Paul-Émile Borduas, que la crise économique contraignait à se demander s’il pourrait continuer à vivre de la peinture, reçut d’un coup six commandes : peindre d’anciennes cartes. Pour les six, il devait recevoir six cents dollars.
Le chantier procura un salaire aux ouvriers, et des commandes rémunérées aux artistes. Aux habitants, il resta un bâtiment achevé, sous clé. Le journal Montreal Standard le qualifia d’« éléphant blanc au sommet de la montagne » et de tragédie municipale. Le critique s’indignait particulièrement des tableaux coûteux, alors qu’il en avait même mal déterminé les dimensions : les toiles étaient bien plus grandes qu’il ne l’avait écrit.
Les responsables municipaux continuèrent pendant un an à envisager des usages. Il fut proposé de transformer le chalet du Mont-Royal en musée de la nature du mont Royal. À la place, on commença peu à peu à l’ouvrir aux skieurs, aux réceptions et aux événements estivaux ; puis, à l’été mille neuf cent trente-quatre, il fut enfin aménagé pour un usage permanent.
Ce compromis est toujours en vigueur. Les visiteurs du parc se reposent dans le chalet du Mont-Royal, mais la grande salle est aussi conservée pour des cérémonies municipales, des réceptions officielles et des événements à l’échelle de la ville ; un mariage ordinaire ne peut pas s’y tenir. Toute la commande de Beaugrand-Champagne est restée aux murs : onze scènes historiques et six cartes de Borduas, disposées entre elles tout autour de la salle.
Sur place
Tous les jours 08:00–20:00 ; les toilettes ferment à 19:30 ; vérifié le 2026-06-29.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si la salle est ouverte, laissez vos yeux s’habituer à l’intérieur avant de regarder de nouveau la ville. Si l’entrée est fermée, observez attentivement la lourde façade et son aspect volontairement ancien.
