Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Récipient en obsidienne en forme de singe
- Sculptures monumentales en pierre
- Fragments architecturaux
- Vitrines archéologiques
L’histoire du lieu
Au début des années soixante, la collection archéologique nationale ne tenait déjà plus dans l’ancien bâtiment de la Monnaie de Mexico, au centre de Mexico. Le ministre de l’Éducation Jaime Torres Bodet obtint la construction d’un nouveau musée, et l’architecte Pedro Ramírez Vázquez reçut pour mission d’élever le bâtiment et d’y transporter la collection en dix-neuf mois. Le site fut choisi près du Paseo de la Reforma, dans le bois de Chapultepec : des milliers de personnes pouvaient y venir, et ses dimensions permettaient de présenter côte à côte des sculptures monumentales en pierre, des ornements funéraires et des fragments architecturaux entiers.
Le dix-sept septembre mille neuf cent soixante-quatre, le musée ouvrit ses portes. Le rez-de-chaussée fut consacré à l’archéologie des peuples du Mexique, l’étage à l’ethnographie des peuples autochtones vivant aujourd’hui dans le pays. C’est précisément ce qui explique le mot « anthropologie » dans son nom : on y montre des objets anciens et les modes de vie des personnes auxquelles appartient cet héritage.
L’exposition consacrée à la culture aztèque fut organisée autour de cinq objets particulièrement importants. Au centre de l’intersection de deux passages se trouvait un petit récipient en obsidienne noire, en forme de singe. L’artisan dut tailler le corps arrondi dans le verre volcanique et le polir sans fendre la pierre ; la queue de l’animal sert de poignée. Grâce à sa place dans la salle, le récipient aidait les visiteurs à s’orienter parmi les grandes sculptures.
Carlos Perches Treviño et Ramón Sardina García, deux étudiants vétérinaires qui préparaient un vol, observèrent cette disposition pendant plusieurs mois. Ils venaient au musée comme de simples visiteurs, mémorisaient les rondes des gardiens et choisissaient les petits objets qu’ils jugeaient particulièrement précieux. Tous deux risquaient leur future profession et leur liberté pour des objets dont ils n’avaient ni acheteur légal ni marché de revente personnel.
Dans la nuit du vingt-cinq décembre mille neuf cent quatre-vingt-cinq, ils escaladèrent la clôture du côté du Paseo de la Reforma, traversèrent le jardin, descendirent vers la partie de service et pénétrèrent dans les salles par les conduits de ventilation. Les gardiens de permanence devaient faire le tour de l’immense complexe toutes les deux heures, mais, la nuit de Noël, ils se réunirent en un seul endroit et ne firent pas leurs rondes.
Perches et Sardina disposèrent d’environ trois heures. Ils ouvrirent les vitrines et mirent dans des sacs des ornements en jade de Palenque, des objets du cénote sacré de Chichén Itzá, de l’or provenant de sépultures d’Oaxaca, un masque du dieu chauve-souris et le singe en obsidienne. Le catalogue définitif compta cent vingt-quatre objets volés ; le musée en avait d’abord annoncé cent quarante. Ce n’est que l’équipe du matin qui découvrit la disparition.
Les enquêteurs envoyèrent des photographies des objets volés dans cent cinquante-huit pays. Les Amis du musée réunirent une importante récompense pour toute information. Les voleurs comprirent qu’il était impossible de montrer les objets les plus célèbres à un acheteur sans se dénoncer. Ils apportèrent le sac chez les parents de Perches et le cachèrent dans le placard de sa chambre. Celui qui comptait disposer des trésors du Mexique précolombien continua de vivre à côté d’eux, chez ses parents.
Plus tard, Perches partit pour Acapulco et tenta de trouver des intermédiaires parmi les trafiquants de drogue. L’une de ses nouvelles connaissances fit l’objet d’une enquête et révéla l’existence des antiquités en échange de clémence. En juin mille neuf cent quatre-vingt-neuf, la police retourna chez les parents de Perches et y trouva cent onze objets, enveloppés dans du papier et rangés dans un sac de sport. Perches fut arrêté et condamné à une peine de prison. L’enquête ne retrouva jamais Sardina.
Après le vol, les employés du musée installèrent une alarme électronique et des caméras, puis réorganisèrent la sécurité ; les nouvelles exigences furent étendues à d’autres établissements de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire. Le récipient en obsidienne fut rendu à la salle de la culture aztèque. L’objet placé par les architectes au point d’intersection des principaux passages resta près de quatre ans dans le placard de la chambre de l’un des voleurs.
Sur place
Vérifié le 2026-06-29 : mardi–dimanche 9:00–19:00 ; lundi fermé. Billet général 210 pesos mexicains, 105 pour les citoyens et résidents ; l’entrée gratuite le dimanche s’applique aux citoyens et résidents selon les règles officielles.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le monolithe est accessible à l’observation extérieure ; si vous entrez dans le musée, limitez à l’avance votre visite à quelques salles choisies.
