Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Panneaux de rue portant le nom de Madero
- Façade de l’ancienne La Esmeralda
- Entrée du musée de l’Estanquillo
L’histoire du lieu
L’actuelle rue piétonne Francisco I. Madero mène d’Eje Central au Zócalo (place de la Constitution), suivant le tracé d’une ancienne rue commerçante. Ses tronçons portaient autrefois des noms différents : ceux du couvent franciscain, de l’église de La Profesa et des ateliers d’orfèvres. Au dix-septième siècle, les orfèvres furent regroupés plus près de la place principale, et le commerce de la bijouterie survécut aux anciens ateliers eux-mêmes. À l’angle de la rue Isabel la Católica, la façade de l’ancienne bijouterie est conservée ; le musée de l’Estanquillo y occupe désormais les lieux, et les panneaux portent encore le nom de Madero.
Le matin du huit décembre mille neuf cent quatorze, Francisco Villa, commandant de la Division du Nord, fit appuyer une échelle contre la façade de la bijouterie La Esmeralda, à l’angle de la rue Isabel la Católica. Sur une photographie conservée, Francisco Villa se tient sur un échelon, un pistolet à la ceinture, et fixe une plaque : « Avenida Madero ».
Auparavant, les tronçons de l’actuelle rue portaient les noms du couvent de San Francisco, de l’église de La Profesa et des orfèvres : rue des Orfèvres. Au dix-septième siècle, les autorités municipales prescrivirent aux artisans de l’argent de s’installer plus près de la place principale. Les bijouteries restèrent ici après la disparition des anciens ateliers. Cependant, réunir les trois tronçons sous le nom d’un seul homme s’avéra plus difficile que de fixer une plaque.
Francisco I. Madero fut le président qui obtint la démission de Porfirio Díaz après de longues années de pouvoir. Francisco I. Madero promit des élections libres et le réexamen des accaparements de terres communales. Il devint président, mais les paysans du Sud ne reçurent pas la terre aussi vite qu’ils l’espéraient. Francisco I. Madero exigea que leurs détachements se désarment. En réponse, les combattants de l’Armée de libération du Sud le déclarèrent traître et poursuivirent la guerre.
Après le coup d’État militaire, Francisco I. Madero fut tué en février mille neuf cent treize. Quelques mois plus tard, le général révolutionnaire Lucio Blanco, qui avait occupé la capitale et voulait honorer le président assassiné, donna son nom à cette rue. Lorsque les zapatistes entrèrent dans la ville, ils arrachèrent la plaque : pour eux, le nom de Madero signifiait une promesse non tenue de rendre la terre.
Francisco Villa avait son propre rapport à ce souvenir. Après la première victoire de la révolution, il retourna à Chihuahua et ouvrit avec ses frères quatre boucheries. Lorsque des rebelles se soulevèrent contre le gouvernement de Francisco I. Madero, Francisco Villa abandonna le commerce, rassembla un détachement armé et partit défendre le président. Francisco I. Madero confia le commandement de l’expédition au général fédéral Victoriano Huerta. Celui-ci méprisait les anciens insurgés et, après une dispute, accusa Francisco Villa de désobéissance.
En juin mille neuf cent douze, Francisco Villa fut conduit devant le peloton d’exécution. Un colonel, qui ne voyait aucune preuve de rébellion, interrompit d’abord l’exécution, puis Francisco I. Madero envoya un télégramme ordonnant de ne pas tirer. Le président laissa néanmoins Francisco Villa en prison et ne répondit pas à ses demandes d’entretien. Francisco Villa s’enfuit aux États-Unis. Lorsque Victoriano Huerta renversa Francisco I. Madero et ordonna de le tuer, le fugitif revint, rassembla de nouveau une armée et combattit désormais l’homme qui avait failli le faire fusiller.
En décembre mille neuf cent quatorze, Victoriano Huerta était vaincu et Francisco Villa entra à Mexico avec ces mêmes zapatistes qui rejetaient Francisco I. Madero. Deux jours après leur défilé commun, il remit la plaque à l’angle de La Esmeralda. Selon les chroniques, Francisco Villa menaça de faire fusiller quiconque tenterait de l’enlever. Il se rendit ensuite au cimetière français et, parlant devant la tombe de Francisco I. Madero, se mit à pleurer.
Aujourd’hui, le musée de l’Estanquillo occupe l’ancienne La Esmeralda. Ce n’est qu’en octobre deux mille dix qu’on a retiré les voitures de la rue Francisco I. Madero, transformant l’ancienne voie commerciale entre Eje Central et le Zócalo (place de la Constitution) en corridor piétonnier. Les panneaux actuels portent encore le nom qui fut ici d’abord installé, puis arraché et installé de nouveau.
Sur place
Ne vous arrêtez pas au milieu du flot de passants ; pour écouter le récit, écartez-vous vers la façade ou vers un élargissement de la rue. Les intérieurs des palais et des établissements ne sont pas nécessaires pour cette partie de l’itinéraire.
