Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de l’église
- Plaque commémorative de Chopin
- Orgue au-dessus de l’entrée
- Place Notre-Dame-du-Mont
L’histoire du lieu
Le nom de Notre-Dame-du-Mont existait ici bien avant l’église actuelle. Au sixième siècle, hors des remparts de la ville, se trouvait une chapelle rurale Saint-Étienne, qui appartenait aux moines de l’abbaye Saint-Victor. Lorsqu’elle tomba en ruine, le moine Balthazar Kappel obtint l’autorisation de la restaurer. En mille cinq cent quatre-vingt-huit, on installa dans la nouvelle chapelle un autel de Notre-Dame-du-Mont-de-Rome, la Vierge des monts de Rome. C’est ainsi que l’on appelait, dans un sanctuaire romain, la Vierge Marie, mère du Christ. Peu à peu, cette dédicace supplanta le nom de Saint-Étienne et se raccourcit en Notre-Dame-du-Mont.
Les marins qui avaient survécu à un naufrage montaient ici. Ils apportaient des présents à l’autel en remerciement de leur salut. Plus tard, les marins transférèrent cette coutume à la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, construite sur une colline plus haute et plus visible depuis la mer. Ici, leurs présents disparurent ; la vieille chapelle fut ensuite démolie, mais son nom passa à l’église actuelle, à la place, au quartier et à la station de métro.
Une plaque commémorative dédiée à Frédéric Chopin se trouve sur la façade de l’église. Elle rappelle un seul jour : le vingt-quatre avril mille huit cent trente-neuf. Ce jour-là, on y célébra une messe de requiem pour Adolphe Nourrit, premier ténor de l’Opéra de Paris, qui vivait de sa voix et voulait conserver les premiers rôles.
Lorsque la direction de l’opéra engagea un autre premier ténor, Gilbert Duprez, Nourrit accepta d’abord de partager la scène avec lui, puis démissionna. Il partit en Italie afin de modifier sa technique de chant et de retrouver sa position d’autrefois. À Naples, Nourrit se produisit avec succès, mais sa santé se dégradait. En mars mille huit cent trente-neuf, il se suicida en se jetant par la fenêtre de son hôtel.
Sa veuve fit passer son corps par Marseille pour le transporter à Paris. Chopin se remettait alors ici d’une hémorragie pulmonaire survenue en route depuis Majorque. Nourrit était son ami et l’un des premiers interprètes à faire connaître au public français les chansons de Franz Schubert. Pendant la messe, Chopin joua sur l’orgue de l’église « Les Étoiles » de Schubert, la chanson préférée du défunt. George Sand se souvenait que les Marseillais payaient cinquante centimes pour une chaise et attendaient un concert retentissant du célèbre pianiste. Chopin joua doucement ; l’office resta un adieu entre amis, bien que beaucoup fussent venus écouter une célébrité.
Selon la tradition paroissiale, après la messe, Chopin dit au curé que l’orgue ne valait rien et qu’il fallait le vendre. Aucune transaction conclue immédiatement après ces mots n’est documentée. On sait autre chose : huit ans plus tard, un nouvel orgue, construit par Alexandre Ducroquet, fut installé dans l’église, et l’ancien instrument fut plus tard emporté à Eyguières. Là, presque tous ses tuyaux furent vendus pour financer la réparation du sol de l’église. Le mécanisme et les touches recouvertes d’ébène, que Chopin avait touchées, furent préservés et intégrés à l’instrument restauré.
L’orgue au-dessus de l’entrée de Notre-Dame-du-Mont est plus récent que cette messe de requiem. La date est restée sur la plaque marseillaise, et les touches, à Eyguières.
Sur place
Les horaires des messes et des visites varient ; l’église est habituellement ouverte le matin et le soir. Les horaires sont affichés à l’entrée.
Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’accès à l’intérieur n’est pas garanti : si les portes sont fermées, observez les détails extérieurs ; pendant un office, mettez l’audio en pause et ne faites pas le tour de l’église comme d’une salle d’exposition.
