Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Rangées de légumes en plein air
- Enseigne de la rue Longue-des-Capucins
- Boutiques aux abords de la place
L’histoire du lieu
Les rangées de légumes en plein air remplissent la place, qui faisait autrefois partie du territoire monastique, étendu bien au-delà des limites actuelles. Derrière ses murs se trouvaient un atelier de drap et une pharmacie, un jardin botanique y poussait, et l’on y conservait des minéraux, des plantes et des médailles. Après l’expulsion révolutionnaire des moines, les bâtiments et le jardin furent divisés en parcelles puis vendus ; il ne reste donc pas un seul bâtiment de l’ensemble.
Un marché municipal de fruits et légumes en plein air se tient sur la place. La viande, le poisson, les épices et les produits importés sont déjà vendus dans les boutiques alentour. La ville a ouvert les rangées de marché actuelles en mille neuf cent cinquante-six, mais elles tirent leur nom des anciens propriétaires de cette terre.
Les capucins étaient les moines de l’une des branches de l’ordre franciscain. Ce nom fut d’abord un surnom : les habitants reconnaissaient les frères à leur long capuchon pointu sur leur robe grossière. Ils renonçaient aux biens personnels, vivaient de dons et parcouraient la ville en prêchant. À Marseille, leur arrivée commença précisément par une prédication réussie.
En mille cinq cent soixante-dix-huit, Frédéric Ragueneau, évêque de Marseille, invita Mathias Bellintani de Salo à la cathédrale. Ce capucin italien dirigeait les premières communautés de l’ordre en France et cherchait des villes prêtes à accueillir des frères mendiants. Ses prédications firent tant d’effet aux Marseillais qu’ils exigèrent eux-mêmes la fondation d’un monastère. Bellintani accepta, l’évêque délivra l’autorisation, et les premiers moines — tous venus de Milan — furent logés provisoirement dans la maison Sainte-Marthe.
Catherine de Médicis, reine mère et protectrice du jeune ordre, leur donna un emplacement permanent. Elle arriva à Marseille pendant les querelles religieuses, avec l’intention de réconcilier les groupes urbains rivaux. Pour les capucins, Catherine acheta ici un jardin et un vignoble. Le quinze juin mille cinq cent soixante-dix-neuf, elle posa la première pierre du monastère ; son nom et ses armoiries y furent gravés.
L’argent manquait et les guerres civiles interrompaient le chantier. Bellintani mourut cinq ans avant que les moines ne consacrent l’église en mille six cent seize. La communauté qu’il avait fondée devint toutefois la plus grande communauté monastique masculine de Marseille. À la fin du dix-huitième siècle, on y trouvait un atelier de drap, une pharmacie, un jardin botanique, une collection de minéraux et de plantes, ainsi qu’un cabinet de médailles. Les bâtiments monastiques occupaient un territoire bien au-delà de la place actuelle.
En mille sept cent quatre-vingt-onze, l’administration révolutionnaire déclara le monastère bien national. Les moines furent expulsés, et les bâtiments comme les jardins furent divisés en parcelles puis vendus. De l’ensemble du complexe, il ne reste ni l’église, ni l’atelier, ni la pierre portant les armoiries de Catherine. L’ancienne entrée se trouvait près de l’actuelle rue Longue-des-Capucins. Aujourd’hui, son emplacement ne se reconnaît plus qu’à deux adresses : cette rue et le marché des Capucins.
Sur place
Lundi–samedi 08:00–19:00 ; fermé le dimanche.
Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le marché sert avant tout les habitants du quartier : restez à l’écart des files d’attente, demandez avant de photographier les personnes en gros plan et ne posez pas vos affaires sur les étals.
