Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Modèles de navires
- Murs de l’ancien fort
- Brèches dans les murs de la basilique
- Char « Jeanne d’Arc »
L’histoire du lieu
Sur la colline de la Garde, au-dessus de Marseille, une basilique du dix-neuvième siècle s’élève directement sur les murs d’une forteresse plus ancienne. Avant elle, il y avait ici une chapelle, agrandie à mesure que les pèlerins affluaient. Le roi François Ier ordonna la construction des fortifications afin de défendre la ville depuis le sommet. Leur passé militaire n’est pas caché : sous la basilique se trouve un char brûlé, avec une plaque qui nomme les trois tankistes tués.
Sous les voûtes de l’église supérieure sont suspendus des modèles de navires. Des marins les apportaient après être revenus d’une tempête ou d’un naufrage : un vœu accompli se transformait en tableau, en plaque de marbre, en médaille ou en reproduction exacte du navire sauvé. De tels dons sont encore apportés aujourd’hui. Ici, ils expliquent le nom sous lequel les Marseillais appellent la Vierge Marie : la Bonne Mère, protectrice de ceux qui partent en mer et de ceux qui les attendent sur le rivage.
La première petite chapelle apparut à cette hauteur en mille deux cent quatorze. La colline s’appelait déjà la Garde, le poste de guet : d’ici, on surveillait la mer et les approches du port. Les pèlerins étaient de plus en plus nombreux, la chapelle fut agrandie et, au milieu du dix-neuvième siècle, l’évêque de Marseille Eugène de Mazenod obtint la construction de l’actuelle basilique. C’est pourquoi cette église somptueuse se dresse sur les murs d’un véritable fort. Le roi François Ier ordonna de le construire en mille cinq cent trente-six afin de protéger la ville depuis cette hauteur.
Le vingt-cinq août mille neuf cent quarante-quatre, cette ancienne union d’un sanctuaire et d’une forteresse détermina le déroulement du combat pour Marseille. Des soldats allemands aménagèrent dans la roche des positions de tir en béton, minèrent les montées, installèrent des canons antichars et des lance-flammes électriques, et placèrent dans le clocher des observateurs qui réglaient le tir de l’artillerie. Depuis le sommet, on voyait le port, les rues et les accès à la ville.
Le général Joseph de Goislard de Monsabert, commandant de la 3e division d’infanterie algérienne et qui cherchait à obtenir la capitulation de la garnison de Marseille, ordonna de prendre la colline. Un peloton d’assaut du 7e régiment de tirailleurs algériens, commandé par le jeune officier Roger Audebert, monta par le versant nord. Des quarante-cinq hommes avec lesquels le peloton avait débarqué en Provence neuf jours plus tôt, il en restait trente-deux ce matin-là.
Les tirailleurs se frayèrent un chemin à travers les jardins. L’évêque de Marseille Jean Delay leur donna une échelle pour franchir le mur de sa résidence, puis il pansa les blessés dans la cuisine avec le chanoine Lucien Gros. Deux chars tentèrent de monter à leur suite. Le « Jourdan » sauta sur une mine et continua à tirer sur place. La « Jeanne d’Arc » déboucha sur la place Sainte-Marie (aujourd’hui place du colonel Édon). Des obus percèrent le char, qui prit feu et recula jusque dans le mur du jardin épiscopal. Deux tankistes parvinrent à sortir ; trois moururent à l’intérieur.
Vers trois heures de l’après-midi, les lance-flammes tirèrent depuis la roche. Lorsque les flammes s’éteignirent et que les tirs faiblirent brièvement, Audebert décida de donner l’assaut. Il ordonna aux soldats de se couvrir le visage avec les crosses de leurs fusils et des pelles de sapeur : ils craignaient surtout de recevoir un nouveau jet de feu dans les yeux. Le groupe de tête atteignit le portail en bois. Un jeune tirailleur jeta son fusil et son sac, escalada un battant, vit une clé du côté intérieur et ouvrit le passage à ses camarades.
Vingt-trois défenseurs des deux abris en béton se rendirent. Puis les hommes d’Audebert montèrent par des escaliers dissimulés jusqu’à la terrasse orientale et capturèrent neuf observateurs d’artillerie allemands. Le recteur de la basilique, Monseigneur Borel, qui avait refusé de quitter le sanctuaire durant l’occupation, aida les soldats à y hisser le drapeau français. Les batteries allemandes poursuivirent le bombardement et ouvrirent d’énormes brèches dans les murs de la basilique, mais elles ne parvinrent plus à reprendre le sommet.
Sous l’esplanade, il restait encore environ cinquante soldats et officiers. Audebert leur envoya trois prisonniers que ses hommes avaient eu le temps de panser et de nourrir. Une heure plus tard, les parlementaires revinrent à la tête de tout le groupe souterrain. Le soir venu, les tirs sur la colline cessèrent ; trois jours plus tard, le commandant de la garnison allemande de Marseille signa la capitulation.
Le ministère de la Guerre remit à Marseille le char brûlé « Jeanne d’Arc » en mille neuf cent quarante-six. Il se trouve sous la basilique, à l’endroit où il fut touché. La plaque porte encore les noms des trois tankistes tués, et la stèle voisine le nom du 7e régiment de tirailleurs algériens.
Sur place
Entrée libre tous les jours 07:00–18:00 ; les visites intérieures sont interrompues pendant les offices et les cérémonies.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il peut y avoir du vent au sommet. À l’intérieur, gardez le silence et ne gênez pas les offices ; le char et les murs défensifs peuvent être vus de l’extérieur.
