Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le balcon central de la façade sud du palais
- La place de l’Armurerie
- L’Armurerie royale de Madrid
- Les portes du palais
L’histoire du lieu
Le nom de la place conserve le souvenir de la salle d’armes qui se dressait autrefois face à l’ancien palais et fermait la cour au sud. Philippe II y transféra les armures et les armes royales, avant tout la collection de son père, et un bâtiment séparé leur fut attribué. Il disparut dans un incendie, et l’Armurerie royale de Madrid occupe désormais le côté ouest de la place. Des relèves cérémonielles de la garde traversent la cour devant la façade sud, tandis que le palais accueille des cérémonies d’État et fonctionne comme musée.
Le vingt-quatre mars mille sept cent soixante-six, Charles III apparut au balcon central de la façade sud du Palais royal de Madrid. Il y vivait depuis moins de deux ans et fut le premier roi à s’installer dans le nouveau bâtiment. En bas, des milliers de Madrilènes l’attendaient.
Parmi eux se trouvaient des domestiques, des artisans, des maçons, des journaliers et de petits commerçants. Un journalier n’était payé que pour la journée travaillée ; le pain devenu plus cher pouvait engloutir son salaire journalier avant le soir. Après les mauvaises récoltes et la spéculation, les prix du pain et de l’huile augmentaient, et les habitants accusaient le ministre royal des Finances et de la Guerre, Leopoldo de Gregorio, marquis d’Esquilache. Ce Sicilien, arrivé de Naples avec le roi, voulait rendre Madrid plus sûre et ordonna d’interdire les longues capes et les chapeaux à larges bords : ils pouvaient dissimuler le visage et des armes.
L’ordre fut exécuté à la lettre. Des agents municipaux circulaient avec des tailleurs, entraînaient les contrevenants dans les entrées d’immeubles, coupaient leurs capes et relevaient les bords de leurs chapeaux. Derrière les vêtements se trouvait une question plus pressante : combien coûtait désormais le pain. Lorsque, la veille, des agents avaient arrêté dans la rue un homme portant une longue cape, une rixe éclata. La foule saccagea la maison d’Esquilache, n’y trouva pas le ministre et, le matin, se dirigea ici, vers le roi.
Les abords du palais étaient défendus par la Garde wallonne, un régiment du palais que les Madrilènes considéraient comme étranger. Des pierres furent lancées sur les soldats. L’un des détachements ouvrit le feu et tua trois femmes et deux hommes. La foule ne se dispersa pas : les gens marchèrent contre les baïonnettes, et les Wallons durent se replier à l’intérieur du palais.
Alejandro O’Reilly, qui commandait la défense, proposa un choix à Charles III : les soldats pouvaient dégager la place, mais beaucoup de sang serait versé. Le roi refusa. Il ordonna d’annoncer la baisse des prix du pain et de l’huile, mais les personnes rassemblées arrachèrent les feuilles affichées. Deux ducs furent ensuite envoyés auprès d’elles avec des promesses, mais ils ne furent pas davantage acceptés. Les gens exigeaient que le roi confirme lui-même la destitution d’Esquilache, l’abolition de l’interdiction des capes et des chapeaux, la dissolution du service chargé du ravitaillement et le retrait de la Garde wallonne de Madrid.
Vers cinq heures, Charles apparut au balcon. Des moines franciscains portant un crucifix marchaient devant la foule. L’un d’eux obtint le silence en faisant sonner une petite cloche et lut les conditions. Esquilache perdait sa fonction, les prix baissaient, les anciens vêtements étaient autorisés et l’on promettait de retirer les Wallons. Le roi confirma chaque concession par des gestes. Des chapeaux furent jetés en l’air, et les gens commencèrent à se disperser.
Cette même nuit, Charles III emmena secrètement sa famille à Aranjuez. Ayant appris la fuite, les Madrilènes s’emparèrent d’armes et bloquèrent la route, exigeant le retour du roi ; il ne revint au palais qu’à la fin de l’année. Esquilache fut envoyé avec sa femme et son fils à Naples, en passant par Carthagène. Il conserva la vie et son titre, mais ne dirigea plus les ministères espagnols. Les cinq personnes tuées près du palais ne virent pas le roi accepter depuis le balcon les revendications pour lesquelles elles étaient venues ici.
Le nom de la place est plus ancien que cette scène. « Armurerie » signifie salle d’armes. Philippe II transféra à Madrid les armures et les armes royales, avant tout la collection de son père Charles Quint, et les installa dans un bâtiment séparé face à l’ancien palais. Il fermait cette cour au sud ; l’espace fut donc appelé place de l’Armurerie. L’ancien bâtiment brûla en mille huit cent quatre-vingt-quatre ; l’Armurerie royale de Madrid se trouve aujourd’hui du côté ouest de la place.
Aujourd’hui, le roi n’y vit pas : le palais accueille des cérémonies d’État, et les salles sont ouvertes comme musée. Une relève solennelle de la garde est organisée sur la place. La Garde royale entrante et sortante occupe cette même cour devant le balcon central, où les gardes wallons s’étaient repliés après avoir tiré sur la foule.
Sur place
La place extérieure est accessible sans billet ; vérifié le 2026-06-30. L’intérieur du palais est accessible avec billet, selon un régime saisonnier et avec d’éventuelles fermetures dues à des événements officiels.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour terminer l’itinéraire, la place et la façade extérieure suffisent. Prévoyez séparément la visite du palais et de l’Armurerie royale de Madrid, et vérifiez l’accès à l’avance ; les armures endommagées ne sont pas visibles depuis la place.
