Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Casa de la Panadería
- Balcon central de la Casa de la Panadería
- Rangées continues de balcons sur tout le pourtour
L’histoire du lieu
Le mot « mayor » dans le nom de cette place signifie « principale ». Au début, elle s’appelait Plaza del Arrabal, la place du faubourg. Ici, au-delà de l’enceinte médiévale de la ville, les routes se rejoignaient et les marchands tenaient un marché. Lorsque Madrid devint la capitale, les rois ordonnèrent de transformer ce marché en un lieu destiné à des événements que toute la ville devait voir. Sous Philippe III, l’architecte Juan Gómez de Mora entoura la place de façades continues, avec des rangées de fenêtres et de balcons.
Le trente juin mille six cent quatre-vingts, le grand inquisiteur Diego Sarmiento de Valladares y organisa un grand autodafé. C’est ainsi que l’on appelait la proclamation publique des sentences de l’Inquisition espagnole et la pénitence des condamnés ; l’exécution, contrairement à une idée répandue, était un acte distinct. Le roi Charles II prit place au balcon central du bâtiment aux deux tours, la Casa de la Panadería. Au début de la cérémonie, il jura de défendre la foi catholique et de poursuivre les hérétiques et les apostats.
Pour les accusés, les prêtres et les juges, le charpentier et architecte royal José del Olmo construisit une estrade en bois à plusieurs niveaux. La place fut transformée en salle sans toit : les balcons servaient de loges, les fenêtres de places pour les spectateurs, et les condamnés se retrouvaient au centre.
Parmi eux se tenait Clara Méndez, veuve de quarante ans et marchande de soie originaire de Pastrana. Après la mort de son mari, elle subvenait à ses besoins grâce aux revenus de son commerce. L’Inquisition espagnole l’accusa d’observer secrètement les rites juifs. Pour obtenir la réconciliation avec l’Église et ne pas se retrouver parmi ceux livrés à l’exécution, il fallait reconnaître l’accusation et abjurer. Clara monta sur l’estrade vêtue d’un san-benito, le vêtement de pénitence d’une condamnée, reconnut sa culpabilité et abjura publiquement.
Elle eut la vie sauve, mais la marchande fut privée de tout ce dont dépendait son indépendance. Le tribunal ordonna la confiscation de ses biens et la condamna à la réclusion à perpétuité ainsi qu’au port à vie du san-benito. Après la lecture de leurs sentences de mort, d’autres condamnés furent emmenés hors de la place, au-delà de la ville, vers le lieu de supplice près de la porte de Fuencarral.
Les tribunes en bois de José del Olmo furent démontées. Il n’en reste rien ici. Le lieu de la loge royale a subsisté : le balcon central de la Casa de la Panadería, depuis lequel Charles II observa qu’on privait Clara Méndez de son commerce, de ses biens et de sa liberté.
Sur place
Place ouverte ; vérifié le 2026-06-30. La place elle-même est sans billet ; le centre touristique de la Casa de la Panadería suit des horaires distincts.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Regardez d’abord la place depuis sous l’arcade, puis longez l’un de ses côtés : la différence entre la scène fermée et ses issues ressortira davantage. La visite ne nécessite pas d’entrer dans les bâtiments.
