Étape 7 sur 8

Ateneo de Madrid

Ateneo de Madrid

Ici, un club littéraire privé deviendra le lieu d’une lutte concrète pour l’adhésion et une fonction élective.

10 min
Entrée de l’Ateneo de Madrid avec des colonnes classiques et un fronton.
Javier Perez Montes · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Façade de l’Ateneo de Madrid
  • Entrée principale
  • Galerie de portraits
  • Portrait d’Emilia Pardo Bazán

L’histoire du lieu

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La façade et l’entrée principale de l’Ateneo de Madrid cachent un ancien club madrilène consacré aux conversations sur les livres, les sciences et les arts. Il fut fondé en mille huit cent trente-cinq pour des débats publics, et la société occupe cette maison depuis mille huit cent quatre-vingt-quatre. Les membres constituaient une bibliothèque, organisaient des conférences et se répartissaient en sections, où ils choisissaient eux-mêmes les sujets et les dirigeants. À l’intérieur est accrochée une galerie de portraits, héritée de nombreuses générations de telles réunions.

Dans cette maison, une femme pouvait être payée pour donner des conférences tout en n’étant pas reconnue comme membre de la société. En mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, Emilia Pardo Bazán, écrivaine professionnelle et critique littéraire, y donna un cours de littérature contemporaine. Huit cent vingt-cinq personnes s’inscrivirent aux onze séances. Les enseignants étaient payés plus d’une peseta par minute ; pour Pardo Bazán, c’était un véritable travail. Bien qu’elle fût issue d’une famille aisée, l’écrivaine cherchait à acquérir son indépendance professionnelle et affirmait alors que ses honoraires littéraires couvraient ses dépenses personnelles.

On lui accorda une tribune, mais pas de carte de membre. Les femmes n’étaient admises aux réunions scientifiques et littéraires que sur invitation de la direction, et on leur réservait la galerie supérieure. Elles pouvaient écouter les débats, mais ni proposer un sujet, ni voter, ni être élues à la direction des sections.

C’était ainsi que fonctionnait la société culturelle privée qui occupait cette maison depuis mille huit cent quatre-vingt-quatre. Le mot « ateneo » remonte au nom d’un temple d’Athéna, déesse grecque antique de la sagesse. L’Ateneo de Madrid fut fondé en mille huit cent trente-cinq afin de débattre ouvertement des sciences et de la littérature ; les arts s’y ajoutèrent plus tard. Les membres constituaient une bibliothèque, organisaient des conférences et se répartissaient en sections, où ils choisissaient eux-mêmes les sujets et les dirigeants. C’est pourquoi la question de l’admission des femmes se décidait ici même, par les voix de ceux qui appartenaient déjà à la société.

Au début de mille neuf cent cinq, cinquante-trois membres exigèrent que l’on détermine si les femmes pouvaient entrer à l’Ateneo de Madrid aux mêmes conditions que les autres. La direction, présidée par Segismundo Moret, accepta. Le neuf février, l’assemblée générale approuva Emilia Pardo Bazán comme première membre à part entière ; elle reçut le numéro sept mille neuf cent vingt-cinq. Elle déclara être devenue la première femme à franchir officiellement le seuil de l’Ateneo de Madrid. Un mois plus tard, les écrivaines Blanca de los Ríos et Carmen de Burgos furent admises comme membres.

Pardo Bazán revendiquait le droit suivant : diriger elle-même la section de littérature. Elle demanda à Blanca de los Ríos de recueillir des voix pour elle et reconnut dans une lettre que cette fonction lui prendrait du temps sur son travail littéraire rémunéré. Mais elle considérait cette élection comme une étape nécessaire pour les autres femmes. Le quinze juin mille neuf cent six, les membres de l’Ateneo de Madrid l’élurent présidente de la section de littérature. Désormais, l’écrivaine qui avait auparavant été admise ici comme conférencière invitée présidait les séances et orientait les débats. Elle fut ensuite élue encore trois fois à cette fonction.

Jusqu’en deux mille vingt et un, le portrait de Pardo Bazán resta le seul visage féminin parmi les cent quatre-vingt-huit portraits de la galerie de l’Ateneo de Madrid. D’autres femmes y sont maintenant apparues à ses côtés, et l’une des salles de la bibliothèque porte le nom de Pardo Bazán.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantplace des Cortes
Entréede l’extérieur

Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le passage des piétons.

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Vous pouvez écouter cette histoire depuis l’extérieur ; la bibliothèque, les salles, les visites et les événements ont chacun leurs propres modalités d’accès.

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Où aller ensuite ?

Allez par le Prado jusqu’à la place et arrêtez-vous devant les colonnes du Congrès des députés.

Étape 7 sur 8Ensuite : place des Cortes

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Barrio de las Letras : écrivains, scène et droit de vote » — 8 étapes, environ 1 km, 1,5-2 h.

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