Étape 6 sur 8

calle de las Huertas

Calle de las Huertas

Le jardin reliera la vie théâtrale du quartier à une histoire d’amour devenue une légende posthume.

10 min
Inscription d’un poème sur le pavement de la calle de las Huertas, rue principale du quartier littéraire.
Gerda Arendt · CC0; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les parois vitrées de la boutique de fleurs
  • Le jardin derrière le verre
  • L’enseigne « El Ángel del Jardín »

L’histoire du lieu

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La calle de las Huertas tire son nom des potagers près du Prado. Ils appartinrent d’abord au marquis de Castañeda, puis passèrent aux moines du monastère Saint-Jérôme. Après le transfert de la cour royale à Madrid, des maisons commencèrent à être construites le long de la route, les planches de culture disparurent, mais le nom resta.

Au début de la rue, près de l’église Saint-Sébastien, un jardin est visible derrière les parois vitrées d’une boutique de fleurs. En mille sept cent soixante et onze, c’était ici que se trouvait le cimetière paroissial. Saint-Sébastien desservait le quartier des théâtres : ses registres consignaient les mariages et les décès des acteurs, et c’est ici aussi que l’on enterrait les gens de la scène.

Le vingt-deux avril, on y apporta María Ignacia Ibáñez, actrice principale du Teatro de la Cruz. En trois ans, elle était passée du rôle de remplaçante à celui de première dame de la troupe, une actrice à laquelle revenaient les principaux rôles féminins. La scène était son métier et sa source de revenus.

Son amant, José Cadalso, servait comme capitaine dans l’armée et tentait de réussir comme écrivain. Il voulait épouser María Ignacia, bien qu’un tel mariage pût lui coûter son poste d’officier : selon des témoignages biographiques, le commandement militaire menaçait de l’exclure de l’armée. Pour María Ignacia, Cadalso écrivit la tragédie « Don Sancho García » et lui confia le rôle central de la comtesse Ava. La pièce fut jouée pour la première fois le vingt et un janvier mille sept cent soixante et onze. Elle fut retirée de l’affiche après cinq représentations. Trois mois plus tard, María Ignacia mourut.

Après les funérailles, Cadalso écrivit « Nuits lugubres ». Le héros du livre engage un fossoyeur et vient au cimetière pour ouvrir le cercueil de la femme qu’il aime. Cadalso lui-même ne publia pas l’œuvre et n’en connut pas le succès : les premières parties furent imprimées sept ans après sa mort, de décembre mille sept cent quatre-vingt-neuf à janvier mille sept cent quatre-vingt-dix. Le livre fut ensuite souvent réédité, et les jeunes romantiques le lisaient comme la confession d’un homme qui avait réellement tenté de ramener sa bien-aimée défunte.

L’amour entre Cadalso et Ibáñez, sa mort, son enterrement dans ce cimetière et le lien entre cette épreuve et le livre sont attestés par des documents. La visite nocturne avec un fossoyeur relève de la légende. Son récit détaillé apparut, dans l’édition de mille huit cent vingt-deux, dans une lettre d’un ami non nommé. L’auteur de la lettre reconnaissait lui-même avoir rassemblé l’histoire à partir de rumeurs, de souvenirs fragmentaires et de paroles d’autrui. C’est de là que vient la version selon laquelle Cadalso serait venu ici déterrer le corps de María Ignacia, et que les domestiques du comte d’Aranda l’en auraient empêché.

Le cimetière fut fermé plus tard. En mille huit cent trente, sa parcelle avait déjà été transformée en jardin clos, et vers mille huit cent quatre-vingt-neuf, une boutique de fleurs ouvrit ici. Elle s’appelle aujourd’hui « El Ángel del Jardín » et occupe la maison numéro deux de la calle de las Huertas. La tombe de María Ignacia n’a pas été conservée ; la serre vitrée et le jardin se trouvent là où Cadalso enterra l’actrice dans la vie réelle et tenta de la ramener dans la littérature.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantAteneo de Madrid
Entréede l’extérieur

Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le flux des piétons.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Lisez les inscriptions en vous arrêtant au bord du passage ; la rue peut être animée, et la figure de bronze se trouve juste au carrefour.

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Où aller ensuite ?

Remontez de la calle de las Huertas vers le paseo del Prado et poursuivez jusqu’à l’Ateneo de Madrid.

Étape 6 sur 8Ensuite : Ateneo de Madrid

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Barrio de las Letras : écrivains, scène et droit de vote » — 8 étapes, environ 1 km, 1,5-2 h.

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