Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade en brique
- Portail de granit
- Grille en pierre de saint Laurent
- Grilles aux fenêtres
L’histoire du lieu
Au-dessus du balcon subsiste une grille en pierre de saint Laurent, emblème du monastère de l’Escurial : derrière ces murs de brique, on conservait et vendait autrefois des livres destinés au culte. La Couronne chargea les Hiéronymites de l’Escurial d’imprimer et de diffuser les nouveaux livres liturgiques dans les royaumes de Philippe II ; les revenus soutenaient les besoins de l’abbaye et sa collection de livres. Les livres étaient auparavant entreposés près de Saint-Jérôme-le-Royal, mais ce terrain fut attribué au futur musée du Prado, et les moines achetèrent une propriété sur la calle de León. Les réserves de papier étaient protégées du feu : les planchers de bois furent remplacés par des voûtes de brique, et les fenêtres couvertes de grilles.
En mille huit cent soixante-neuf, cette lourde maison de briques était partagée par des gens auxquels elle servait de façons tout à fait différentes. Au sous-sol et dans les entresols s’entassaient les membres de l’Académie royale d’histoire, des savants qui rassemblaient des documents, des livres anciens, des monnaies et des trouvailles archéologiques. Une partie du premier étage était encore occupée par le bureau des livres liturgiques. Du charbon était vendu depuis la rue latérale, et des appartements étaient loués plus haut. Même les académiciens, avec les autres locataires, payaient chaque mois trente réaux à la concierge.
À cette époque, les savants considéraient déjà la maison comme la leur depuis trente-deux ans. En mille huit cent trente-sept, le ministre de l’Intérieur annonça au directeur de l’Académie, Martín Fernández de Navarrete, que le gouvernement lui cédait le bâtiment. Les réunions se tenaient alors dans l’exiguë Casa de la Panadería, sur la Plaza Mayor, tandis que la bibliothèque et la collection de monnaies continuaient de croître. Sept ans plus tard, la décision fut annulée : le domaine royal revendiquait la maison. Les académiciens obtinrent des locaux, mais non le bâtiment tout entier.
Cette persévérance s’expliquait par son ancienne fonction. Après le concile de Trente, le clergé catholique adoptait des livres liturgiques uniformisés, ceux qui servaient à dire la messe et les prières quotidiennes. On les appelait les livres du Nouveau Rituel de prières. En mille cinq cent soixante-treize, le roi Philippe II accorda aux Hiéronymites de l’Escurial le droit exclusif d’imprimer, d’importer et de vendre ces éditions dans ses royaumes. Les revenus étaient destinés à la sacristie et à la bibliothèque du monastère.
Les moines tinrent d’abord leur entrepôt madrilène près de Saint-Jérôme-le-Royal. Au dix-huitième siècle, le roi Charles III réclama ce terrain pour le Cabinet royal d'histoire naturelle alors en construction, futur musée du Prado. Les Hiéronymites vendirent l’ancien local au Trésor, achetèrent ici une propriété, sur la calle de León, et chargèrent l’architecte de cour Juan de Villanueva de bâtir un nouveau centre de vente et de stockage des livres.
Villanueva savait qu’un seul incendie pouvait détruire toutes les marchandises et priver le monastère d’un revenu important. Il renonça aux planchers de bois : les étages reposaient sur des voûtes de brique, les fenêtres étaient protégées par des grilles, et les montants de granit ainsi que le linteau de l’entrée principale furent acheminés sur des charrettes tirées par vingt-huit paires de bœufs. Au-dessus du balcon, on plaça une grille en pierre de saint Laurent, emblème de l’Escurial. C’est des mots « Nouveau Rituel de prières » que la maison tira son nom de Casa del Nuevo Rezado.
En mille huit cent trente-six, le gouvernement confisqua les biens des monastères masculins supprimés. Les Hiéronymites perdirent l’entrepôt, mais le dépôt de livres qu’ils avaient conçu était précisément ce dont l’Académie avait besoin. Ce n’est qu’en mille huit cent soixante-et-onze que le ministère donna aux savants la maison entière, en indiquant expressément la raison : les voûtes de brique ne laissaient presque aucun passage au feu entre les étages.
La transformation fut dirigée par Eduardo Saavedra, membre de l’Académie et ingénieur. Il dut percer ces mêmes voûtes solides pour aménager une salle de réunion. Le vingt-deux juin mille huit cent soixante-quatorze, les académiciens se réunirent enfin tous ici. Aujourd’hui, leurs séances s’y tiennent, les employés décrivent et publient des manuscrits, des cartes et des antiquités, et les chercheurs travaillent avec les archives. La grille de l’Escurial est restée sur la façade, et derrière les murs dépourvus de planchers de bois, on conserve toujours des livres ; seuls les livres liturgiques ont cédé la place aux témoignages du passé.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui n’entrave pas la circulation des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit est conçu pour une visite depuis la rue ; l’accès aux collections de la bibliothèque ne doit pas être considéré comme faisant partie d’une promenade ordinaire.
