Étape 5 sur 7

Place des Jacobins

Place des Jacobins

Cette étape montrera comment des élections ecclésiastiques se sont transformées en problème de portes verrouillées.

10 min
Fontaine en marbre blanc sur la place des Jacobins à Lyon
Romainbehar · CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication; cropped/resized for app
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0 sur 7 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La fontaine en marbre blanc
  • Quatre figures masculines sous les arcades
  • Les arcades de la fontaine
  • Douze rues convergentes

L’histoire du lieu

Taille du texte

La place s’est développée sur le terrain du quartier dominicain qui occupait son côté sud : l’église Notre-Dame-de-Confort, les bâtiments du monastère et un cimetière pour les habitants se trouvaient ici. Les frères prêcheurs sont arrivés au treizième siècle dans ce quartier de foires, vivaient de dons et recevaient de l’argent pour les enterrements, une place à l’intérieur de l’église coûtant davantage. La fontaine blanche en marbre, au milieu de l’espace dégagé, est apparue bien après les tombes et les murs. Lorsque l’église et le monastère furent démolis, leur souvenir fut conservé par le nom de la place et par la rue Confort à son bord.

Douze rues convergent vers une fontaine en marbre blanc. Les quatre hommes sous ses arcades sont un architecte, un sculpteur, un graveur et un peintre lyonnais. Il n’y a pas de Jacobins parmi eux : la fontaine n’a été installée qu’en mille huit cent quatre-vingt-cinq.

Le nom de la place est apparu avant le célèbre club révolutionnaire. En France, on appelait Jacobins les dominicains, les frères prêcheurs : ce surnom venait de leur monastère parisien de la rue Saint-Jacques. Au treizième siècle, les dominicains ont choisi ce quartier commerçant animé de Lyon pour prêcher et rencontrer les personnes venues aux foires. L’ordre ne possédait pas de revenus fonciers et vivait de dons. Les livres destinés à l’instruction des frères coûtaient cher ; les moines aménagèrent donc ici un cimetière pour les laïcs : ils faisaient payer les enterrements, et une place à l’intérieur de l’église coûtait plus cher. Une grande partie de l’actuelle place était occupée par des tombes ; au sud, elle était fermée par l’église Notre-Dame-de-Confort et les bâtiments du monastère.

À l’été mille trois cent seize, vingt-trois cardinaux furent enfermés dans l’un de ces bâtiments. Après la mort du pape Clément V, ils ne parvenaient pas à élire un successeur depuis plus de deux ans. Les cardinaux gascons, italiens et français soutenaient des candidats différents ; aucun n’obtenait les deux tiers de voix nécessaires. À Carpentras, leurs partisans avaient déjà eu le temps de se battre, les Italiens avaient dû fuir le palais assiégé, et le siège pontifical restait vacant.

La mission de réunir les cardinaux à Lyon fut confiée à Philippe, comte de Poitiers et frère du roi de France. Il voulait obtenir une élection et jura que personne ne serait retenu par la force. Les cardinaux arrivèrent, mais les négociations s’enlisèrent de nouveau.

Alors le frère de Philippe, le roi Louis X, mourut. Sa veuve était enceinte. Si elle donnait naissance à un fils, Philippe ne pouvait espérer que la régence ; s’il n’y avait pas d’héritier, la couronne. Il devait partir immédiatement pour Paris, et il ne voulait pas laisser les princes de l’Église se quereller encore plusieurs années.

Philippe rompit le serment qu’il avait prêté. Il ordonna de poser des grilles aux portes et aux fenêtres du monastère, plaça des gardes et annonça que les cardinaux sortiraient après l’élection d’un pape. Puis il partit obtenir la régence.

Les cardinaux passèrent quarante jours en captivité. Le sept août mille trois cent seize, ils élurent à l’unanimité le cardinal et juriste Jacques Duèze, âgé de soixante-douze ans, candidat de compromis qui prit le nom de Jean XXII. Son âge laissait présager un pontificat bref ; pourtant, il dirigea l’Église depuis Avignon pendant plus de dix-huit ans. Philippe devint entre-temps régent. Le garçon né de la reine vécut cinq jours, après quoi le comte de Poitiers reçut la couronne sous le nom de Philippe V.

La salle où les cardinaux furent retenus n’existe plus. Elle se trouvait dans le complexe monastique, du côté sud de l’actuelle place. L’église fut démolie au dix-neuvième siècle, puis les bâtiments du monastère disparurent à leur tour. Il en reste deux adresses : la place porte le surnom des dominicains, et la rue Confort qui y débouche porte le nom de leur église disparue.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantThéâtre des Célestins
Entréeaccès libre

La place est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Faites le tour de la fontaine : les figures se trouvent sur des côtés différents, et depuis un seul point, il est impossible de lire tout le panthéon urbain.

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Où aller ensuite ?

Quittez la place par la rue Jean-Fabre et tournez vers la façade du théâtre.

Étape 5 sur 7Ensuite : Théâtre des Célestins

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Presqu'île : qui gouvernait le centre de Lyon » — 7 étapes, 1,5 km, 2,5—3 heures.

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