Étape 3 sur 4

Jardin du Rosaire

La descente reliera un chemin de pèlerinage à une tentative de rembourser des créanciers.

25 min
Le Jardin du Rosaire sur la pente de Fourvière, avec un chemin et un mur de pierre au-dessus du Vieux Lyon.
Weekend Wayfarers · CC BY 2.0; cropped/resized for app
1234

0 sur 4 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Maison de Lorette
  • Escalier de Jaricot
  • Roses de bronze incrustées dans le revêtement
  • Chemin sinueux

L’histoire du lieu

Taille du texte

La pente sous Fourvière est traversée par un chemin piétonnier sinueux, et de petites roses de bronze sont incrustées dans le revêtement. Elles marquent les quinze anciennes scènes de prière, réparties le long de la montée pour méditer les trois cycles du Rosaire catholique. Le sculpteur Joseph Fabisch modela ces scènes en terre cuite, mais elles se dégradèrent vite et disparurent. Parmi les allées subsistent la Maison de Lorette et le vieil escalier : il s’agissait autrefois d’une propriété privée, et les deux passages voisins furent ensuite réunis en un seul jardin.

Les chemins de cette pente ont été créés par deux personnes qui voulaient conduire les pèlerins vers une même chapelle, mais qui sont finalement devenues rivales.

Pauline Jaricot fut la première à aménager son passage. Cette militante catholique lyonnaise vivait dans la Maison de Lorette, au milieu de l’actuel jardin. C’est ici que se trouvait la direction du Rosaire vivant, qu’elle avait fondé : les participants se répartissaient les parties de la prière afin de la réciter entièrement ensemble chaque jour. Jaricot était née dans la famille d’un riche marchand de soie, mais, au milieu du dix-neuvième siècle, il ne lui restait de la fortune familiale qu’une maison hypothéquée. Elle avait investi son patrimoine dans une entreprise métallurgique, où elle voulait assurer aux ouvriers un salaire digne et une vie de famille. Des administrateurs auxquels elle faisait confiance détournèrent l’argent. Puis de petits actionnaires investirent à leur tour dans l’entreprise. Jaricot n’était pas tenue de répondre devant eux sur ses biens personnels, mais elle promit de rendre tout ce qu’ils avaient perdu.

Cette pente devint son dernier espoir. À travers la Maison de Lorette, il était possible d’aménager un court escalier reliant la montée Saint-Barthélemy à la chapelle de la Vierge, au sommet de Fourvière. Jaricot fixa le prix du passage à cinq centimes : les calculs montraient que quelques années de pèlerinage couvriraient les dettes. La construction coûta environ dix mille francs. Lorsque les marches étaient déjà prêtes, une voisine déposa une plainte au sujet de la rambarde et exigea qu’elle soit refaite. L’entrepreneur allait partir, mais la belle-fille de Jaricot accorda un autre prêt à Jaricot.

Le huit décembre mille huit cent cinquante-deux, l’escalier fut ouvert. Au cours des vingt-cinq premiers jours, Jaricot reçut neuf cents francs. Ces recettes convainquirent la plupart des créanciers d’accepter des remboursements progressifs.

Quelques mois plus tard apparut la Commission de Fourvière, une association qui rassemblait les terrains autour de la chapelle de la Vierge en vue d’un futur grand sanctuaire. La Commission aménagea à côté son propre chemin, plus commode pour les pèlerins. Afin de le faire déboucher au sommet, les ouvriers percèrent le mur de la propriété de Jaricot pendant son absence. La Commission proposa ensuite d’acheter Lorette. Jaricot refusa : la somme proposée ne suffisait pas à rembourser les personnes qui lui avaient confié leurs économies.

Les procès se poursuivirent jusqu’à la fin de sa vie. Les revenus de l’escalier se révélèrent insuffisants. Jaricot fut inscrite sur le registre municipal des indigents et, le neuf janvier mille huit cent soixante-deux, elle mourut dans la Maison de Lorette, sans être sortie de ses dettes.

Entre-temps, la Commission transforma son chemin en chemin du Rosaire. Le Rosaire est une prière catholique durant laquelle on médite sur des événements de la vie de Jésus-Christ et de la Vierge Marie. L’architecte Pierre Bossan disposa le long de la montée quinze petites constructions : cinq pour les événements joyeux, cinq pour les événements douloureux et cinq pour les événements glorieux. Le sculpteur Joseph Fabisch réalisa les figures en terre cuite. Le deux octobre mille huit cent soixante-quatre, une procession emprunta pour la première fois le chemin sinueux. C’est de cette procession que le jardin a tiré son nom ; une collection de véritables roses fut plantée bien plus tard.

Un an après l’ouverture, la Commission acheta également aux enchères l’ancienne propriété de Jaricot. Les deux passages, qui s’étaient autrefois disputé les pèlerins, furent réunis en un seul jardin. Les scènes en terre cuite pâlirent vite, puis se désagrégèrent et disparurent. Elles furent remplacées sur le chemin par de petites roses de bronze incrustées dans le revêtement. Parmi les allées subsistent la Maison de Lorette et l’escalier, dont Pauline Jaricot faisait payer chaque passage cinq centimes.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantDe la cathédrale Saint-Jean à la place du Change
Entréede l’extérieur

Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le passage des piétons.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Descendez sans vous presser : les marches et le revêtement de pierre peuvent être glissants. Ne contournez les portions fermées ou en travaux que par l’itinéraire balisé.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez jusqu’à Saint-Jean ; le récit final commencera devant la cathédrale et se poursuivra le long de la rue Saint-Jean jusqu’à la place du Change.

Étape 3 sur 4Ensuite : De la cathédrale Saint-Jean à la place du Change

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Fourvière et Vieux Lyon : le prix des grandes ambitions » — 4 étapes, environ 2,6 km, environ 3 heures.

Sans App Store ni Google Play

Installer Guide On Map comme application

Une icône apparaîtra sur l’écran d’accueil et le site s’ouvrira sans l’interface du navigateur.

Android · Chrome
  1. Si « Installer maintenant » apparaît, touchez-le puis confirmez.
  2. Sinon : menu ⋮ → « Installer l’application ».
iPhone · Safari
  1. Touchez le bouton « Partager » en bas de Safari.
  2. Choisissez « Sur l’écran d’accueil », puis « Ajouter ».
Icône sur l’écranMode plein écranItinéraires hors ligneProgression de la promenade