Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade est de l’hôtel de ville de Lyon
- Portail principal de l’hôtel de ville de Lyon
- Rangées de fenêtres de l’hôtel de ville de Lyon
- Tables de cafés
L’histoire du lieu
Aujourd’hui, les Terreaux sont la place devant l’hôtel de ville de Lyon : on y donne rendez-vous, on s’installe aux tables des cafés, on s’y rassemble pour les fêtes de la ville. Son nom est bien plus ancien que l’hôtel de ville. « Terreaux » vient du latin « terralia », nom donné au remblai de terre qui bordait le fossé le long du côté sud de l’actuelle place. Lorsque les fortifications de la ville furent déplacées plus haut, vers les pentes de la Croix-Rousse, les conseillers achetèrent ce terrain aux moniales de l’abbaye des Dames de Saint-Pierre voisine, comblèrent le fossé et y aménagèrent un marché. Au milieu du dix-septième siècle, l’hôtel de ville fut construit sur le côté est, et l’ancienne limite de la ville devint un lieu où les Lyonnais rencontraient l’administration municipale — parfois les armes à la main.
Pendant la Révolution française, la place fut rebaptisée place de la Liberté et l’on y planta un arbre de la Liberté. La première guillotine lyonnaise fut installée à proximité. Joseph Chalier — marchand de soie et chef des révolutionnaires radicaux, qui réclamait le jugement des riches citadins et de tous ceux qu’il soupçonnait de s’opposer à la Révolution — ordonna sa fabrication. La machine fut d’abord exposée sur la place Bellecour, puis déplacée près de l’hôtel de ville, aux Terreaux : Chalier voulait intimider ses adversaires avant même le début des exécutions.
Au printemps de mille sept cent quatre-vingt-treize, ses partisans firent élire leur candidat à la mairie. Durant quatre-vingts jours, ils dirigèrent la ville depuis cet hôtel de ville, réclamèrent un tribunal d’exception et des perquisitions, tandis que Chalier continuait de menacer les Lyonnais aisés. Le vingt-neuf mai, des détachements armés venus de la plupart des quartiers de la ville arrivèrent sur la place, s’emparèrent de l’hôtel de ville et arrêtèrent Chalier. Plus de cent personnes moururent dans les combats. Les vainqueurs déclarèrent qu’ils s’opposaient aux radicaux, mais restaient partisans de la république.
Le procès de Chalier dura vingt-deux heures. Le seize juillet, il fut conduit place des Terreaux et placé sous la lame de cette même machine avec laquelle il comptait effrayer ses adversaires. Il devint le premier homme exécuté à la guillotine à Lyon. Les témoins comptèrent différemment les chutes de la lame, mais s’accordaient sur l’essentiel : la machine avait été mal montée, le couteau se coinça et le bourreau dut achever l’exécution à la main.
À Paris, les radicaux avaient déjà vaincu leurs adversaires modérés. La Convention nationale, le parlement français de l’époque, considéra l’exécution de Chalier et le refus de la nouvelle direction lyonnaise d’obéir comme une rébellion ouverte. En août, une armée arriva devant la ville. Après un siège de deux mois, Lyon capitula. Chalier fut déclaré martyr de la Révolution, et les vainqueurs commencèrent à sévir contre ses adversaires : près de deux mille personnes furent fusillées ou envoyées à la guillotine. Une partie des condamnés fut exécutée ici même, devant l’hôtel de ville.
Aujourd’hui, la place a de nouveau son ancien nom, les Terreaux. L’arbre de la Liberté et l’échafaud ont disparu, tandis que l’hôtel de ville occupe toujours le côté est. En mille sept cent quatre-vingt-treize, ses espaces souterrains partaient dans deux directions : la cave sous l’actuelle rue Joseph-Serlin était destinée aux personnes libérées, tandis que celle qui s’étendait sous cette place était réservée à ceux que l’on conduisait ensuite à la guillotine.
Sur place
Place ouverte ; la fontaine et les passages qui l’entourent peuvent être fermés pour des événements, l’installation de la Fête des Lumières, des raisons de sécurité ou des travaux municipaux.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour de la fontaine pour voir le mouvement de l’ensemble de la composition, et faites attention au revêtement mouillé près de l’eau. Les intérieurs des bâtiments alentour ne font pas partie du parcours et nécessitent une visite distincte.
