Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La mosquée blanche
- L’ancienne entrée située très haut
- L’escalier oriental
- Les colonnes antiques sous la mosquée
L’histoire du lieu
La mosquée blanche occupe l’angle nord-est de la cour de Ramsès II. Au treizième siècle avant notre ère, ce pharaon fit ajouter devant l’entrée du temple de Louxor une vaste cour ouverte, bordée d’une double rangée de colonnes. Entre les colonnes, on plaça ses statues colossales, et les murs furent couverts de scènes de ses expéditions et de ses offrandes aux dieux. La cour porte son nom parce que Ramsès y réaménagea l’entrée solennelle du temple et la remplit de ses propres images.
La mosquée n’apparut pas au-dessus de cette cour lorsque celle-ci était une ruine à ciel ouvert. Au treizième siècle, les colonnes et les murs antiques étaient cachés sous des couches accumulées pendant des siècles, et des maisons du Louxor médiéval se dressaient au-dessus. Youssouf Abou el-Haggag, savant et maître musulman, arriva ici de Bagdad et enseigna probablement sur le terrain du temple enseveli. Il acquit dans la ville un tel respect qu’à sa mort, en mille deux cent quarante-quatre, un vaste cercle d’élèves et de disciples s’était déjà formé autour de lui.
Youssouf fut enterré ici, sur le toit d’une ancienne église chrétienne, elle aussi enfouie sous terre à cette époque. Environ dix ans plus tard, son fils aménagea au-dessus de la tombe la première partie du sanctuaire. La précision est importante : le plus ancien minaret est peut-être apparu environ un siècle et demi avant Youssouf lui-même. On ne peut donc pas affirmer avec certitude qu’il a fondé cette mosquée. Le nom d’Abou el-Haggag s’y est attaché en raison de sa tombe et de la vénération que ses élèves, les habitants de la ville et ses descendants ont poursuivie.
La mosquée est toujours en activité. On y prie et, lors du moulid annuel, fête en l’honneur du saint, les descendants d’Abou el-Haggag portent autour du temple des barques décorées. Ils expliquent ces barques par le souvenir du voyage de Youssouf en Égypte. Leur procession rappelle effectivement l’ancienne fête d’Opet, lorsque les barques sacrées d’Amon, de Mout et de Khonsou étaient amenées ici. Toutefois, la transmission ininterrompue du rite depuis l’époque pharaonique n’est pas établie : il s’agit d’une ressemblance, non d’une parenté avérée entre les deux cérémonies.
La mosquée n’atteignit sa hauteur actuelle que bien plus tard. À la fin du dix-neuvième siècle, la cour de Ramsès était encore sous un quartier d’habitation. Des maisons, des entrepôts et des pigeonniers se dressaient entre les murs antiques ; pour les archéologues, il s’agissait de couches tardives, pour les familles, de logements et de biens. Gaston Maspero, directeur du Service des antiquités d’Égypte, décida de dégager le temple jusqu’au sol pharaonique. L’argent manquait pour racheter les maisons ; il chercha donc des fonds destinés à indemniser les propriétaires et recueillit des dons.
De mille huit cent quatre-vingt-cinq à mille huit cent quatre-vingt-douze, le service dégagea la cour. Les constructions d’habitation disparurent et leurs propriétaires quittèrent l’enceinte du temple. La mosquée et la tombe furent conservées. Lorsque les archéologues retirèrent la terre qui l’entourait, son ancienne entrée se retrouva très haut au-dessus du vide ainsi créé, et les bâtisseurs durent réaliser une nouvelle façade et un escalier du côté est.
Sous la mosquée subsistent les parties supérieures des colonnes de Ramsès ; certaines colonnes antiques et certains architraves furent directement intégrés à ses murs, et la tombe d’Abou el-Haggag se trouve au-dessus de la rangée méridionale. L’escalier monte jusqu’au niveau de la ville où vivait son fils, tandis que la cour pharaonique repose en contrebas, là où le dégagement de Maspero l’a fait descendre.
Sur place
La cour est accessible aux horaires du temple de Louxor ; la mosquée est en activité, l’accès des visiteurs dépend de la prière, de la sécurité et des règles locales.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Visitez la mosquée comme un lieu de culte vivant. N’entrez pas dans les zones fermées, gardez le silence pendant la prière et demandez l’autorisation avant de photographier des personnes.
