Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux rangées de colonnes géantes
- Chapiteaux de papyrus épanoui
- Reliefs de la procession de la fête
- Cartouches portant les traces de signes antérieurs
L’histoire du lieu
Sur le mur ouest de la colonnade, la procession de la fête va de Karnak au temple de Louxor. Sur le mur est, elle revient en sens inverse. Les barques portatives d’Amon, de Mout et de Khonsou sont chargées sur de grands navires, halées en amont sur le Nil, accueillies au temple puis, après les cérémonies, envoyées en aval. Entre les murs se dressent deux rangées de colonnes géantes aux chapiteaux en forme de papyrus épanoui. Sous l’ancien toit, elles formaient un passage haut et étroit : pendant la fête d’Opet, les prêtres y portaient les barques vers les salles intérieures du temple, tandis que les images sur les côtés répétaient tout le parcours de la procession.
Toutânkhamon fit graver la plus grande partie de ce récit : ce jeune pharaon, qui, après la réforme religieuse d’Akhenaton, rendait aux temples d’Amon leurs anciens rites. Il monta sur le trône enfant et dépendait de courtisans et de chefs militaires plus âgés. Pour un tel roi, la fête d’Opet réglait une question très terrestre : pendant les cérémonies, Amon confirmait son droit de rester pharaon.
Amenhotep III avait déjà commencé la colonnade, mais presque tout le programme cohérent de ses murs fut exécuté sous Toutânkhamon. Ici, le roi offre des présents, accompagne les barques divines et participe aux rites de renouvellement de la dignité royale. C’était un témoignage détaillé du rétablissement de l’ordre ancien et du fait qu’Amon reconnaissait le nouveau souverain.
Toutânkhamon mourut vers l’âge de dix-neuf ans sans voir l’œuvre achevée. Dans la partie sud de la salle, il ne restait que des dessins préparatoires peints ; les tailleurs de pierre les gravèrent seulement sous Séthi Ier, environ quarante ans plus tard. Après la mort de Toutânkhamon, Aÿ, son conseiller âgé qui avait occupé le trône vacant, aménagea la façade nord.
Horemheb devint ensuite pharaon. Ancien commandant en chef de Toutânkhamon, il n’appartenait pas à la famille royale. Sa propre inscription de couronnement liait précisément sa reconnaissance comme roi à la fête d’Opet et à la décision d’Amon. Une fois sur le trône, il ordonna d’exclure les prédécesseurs de l’époque post-réforme de la succession officielle des rois. Les constructions de Toutânkhamon consacrées à Amon ne furent pas détruites : elles restaient propres au culte. Horemheb se les appropria.
Dans cette colonnade, ses tailleurs de pierre burinèrent systématiquement les signes à l’intérieur des cartouches — les cadres ovales portant le nom royal — et y placèrent le nom d’Horemheb. Les figures, la procession et la plus grande partie des inscriptions restèrent les mêmes. On avait ainsi l’impression que c’était Horemheb qui accompagnait les barques et recevait la confirmation d’Amon. Sur le mur est, on réécrivit même le nom d’Ankhesenamon, épouse de Toutânkhamon et participante à la fête : le nom de Moutnedjemet, épouse d’Horemheb, apparut par-dessus. Un autre couple royal prit la place du précédent au sein d’une cérémonie déjà achevée.
On tenta de cacher les traces sous du plâtre et de la peinture, mais le revêtement s’effrita avec le temps. Dans les cartouches creusés d’Horemheb, les signes de Toutânkhamon réapparaissent aujourd’hui ; les graveurs avaient même entièrement omis plusieurs de ses noms secondaires. L’un d’eux a survécu sur le voile d’une barque portative d’Amon. Le roi représenté reste Toutânkhamon, bien que l’inscription voisine nomme Horemheb.
Sur place
Pendant les heures d’ouverture du temple de Louxor : habituellement 06:00–20:00, avec dernière entrée avant 19:00 selon la page des billets.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Laissez vos yeux s’habituer au relief morcelé et lisez les scènes dans l’ordre, le long du mur. Ne prenez pas le ciel ouvert d’aujourd’hui pour l’aspect d’origine : le passage était couvert d’un toit.
