Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le biplan d’acier
- Le bassin de la marina
- Les pontons flottants
- La sortie du dock vers le Tage
L’histoire du lieu
Aujourd’hui, des bateaux de plaisance et privés sont amarrés dans le bassin protégé de la Doca do Bom Sucesso, et l’eau comme l’électricité sont raccordées aux pontons flottants. En mille neuf cent dix-sept, la marine y installa le premier centre opérationnel d’aviation navale portugaise : les avions étaient entreposés et réparés sur la rive, puis mis à l’eau. La sortie du dock mène directement au large Tage ; les appareils équipés de flotteurs n’avaient donc pas besoin de piste de décollage. Un biplan d’acier est resté près du quai, tandis que l’emplacement du véritable départ est désormais caché par l’eau entre les bateaux.
Le trente mars mille neuf cent vingt-deux, à sept heures du matin, l’hydravion « Lusitânia » quitta ce bassin pour le Tage. Le départ n’avait pas été annoncé à l’avance, mais une petite foule s’était tout de même rassemblée sur la rive. Deux officiers de marine de carrière étaient assis dans les cabines ouvertes. Le pilote Sacadura Cabral voulait être le premier à emmener un avion de Lisbonne à Rio de Janeiro. L’hydrographe et cartographe Gago Coutinho devait prouver qu’au-dessus de l’océan, il était possible de déterminer sa route avec la précision de la navigation maritime.
Les hydravions se trouvaient ici grâce à leur train d’atterrissage : ils avaient des flotteurs au lieu de roues. En mille neuf cent dix-sept, la marine installa dans la Doca do Bom Sucesso le premier centre opérationnel d’aviation navale du Portugal. Les appareils étaient entreposés et réparés sur la rive, mis à l’eau dans le bassin protégé, puis conduits vers les eaux dégagées du Tage pour décoller. Sacadura Cabral commandait ce centre. Il en connaissait bien les défauts : le dock était étroit et il n’y avait aucun endroit où étendre la base. Pour commencer le long vol, une autre chose restait plus importante : dès la sortie du bassin, l’avion se trouvait sur le fleuve.
Depuis mille neuf cent dix-neuf, Cabral choisissait un appareil et calculait la réserve de carburant, tandis que Coutinho adaptait la navigation maritime à l’étroite cabine. Sur l’océan, une erreur de cap ordinaire s’accumule heure après heure ; on peut passer à côté de l’île recherchée sans même s’en rendre compte. Coutinho traçait des cartes sur du carton rigide afin de se passer d’une table de navigation, vérifiait sa position grâce au soleil et calculait avec Cabral de combien le vent déportait l’avion.
L’épreuve la plus dangereuse les attendait entre le Cap-Vert et les rochers Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Ces morceaux de roche au milieu de l’océan constituaient leur seule escale possible avant le Brésil. La « Lusitânia » consommait plus de carburant que Cabral ne l’avait prévu, et ses flotteurs prenaient l’eau. Après quelques heures, il devint clair que l’essence risquait de manquer. Cabral et Coutinho discutaient d’un retour par billets : ils ne pouvaient pas se parler en vol. Ils poursuivirent leur route, sachant qu’en cas d’amerrissage forcé loin des rochers, personne ne distinguerait plus le manque de carburant d’une erreur de navigation.
Après onze heures et vingt et une minutes, et environ mille sept cents kilomètres parcourus au-dessus de la haute mer, ils trouvèrent les minuscules rochers. Les calculs de Coutinho avaient fonctionné. Mais, à l’amerrissage, une vague brisa un flotteur et la « Lusitânia » coula. Le deuxième avion envoyé perdit son moteur au-dessus de la mer ; les officiers furent recueillis par un navire de passage. La marine portugaise envoya un troisième appareil et, le dix-sept juin, Cabral et Coutinho atteignirent tout de même Rio de Janeiro. La première traversée aérienne de l’Atlantique Sud leur avait demandé trois hydravions.
Le nom Bom Sucesso existait bien avant ce vol et signifie « bon aboutissement ». La zone côtière le reçut du couvent Notre-Dame-du-Bon-Succès, fondé non loin de là par des dominicains irlandais. Aujourd’hui, l’ancienne base aérienne sert de marina : des bateaux de plaisance et privés sont amarrés dans le bassin, et l’eau comme l’électricité sont raccordées aux pontons flottants. La « Lusitânia » n’est pas revenue d’ici ; le biplan d’acier près du dock est un monument, et l’eau entre les quais occupe l’emplacement de son véritable départ.
Sur place
La marina est ouverte toute la journée pour les promenades ; c’est un port pour les yachts et les petites embarcations.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez depuis la promenade accessible au public et ne vous engagez pas sur les pontons de service. Les traces de la base d’hydravions peuvent ne pas être visibles : il importe davantage ici de comparer l’eau calme à l’ampleur du départ.
