Étape 8 sur 9

Mosquée et centre d’enseignement de Riyadha

Msikiti wa Riyadha

Ici, l’itinéraire passera de l’élite urbaine aux élèves à qui l’on refusait auparavant une éducation religieuse.

20 min
Façade verte et blanche de la mosquée de Riyadha à Lamu.
Yuma901 · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 9 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Façade de la mosquée
  • Ouvertures en arc
  • Cour intérieure
  • Armoires de bibliothèque contenant des manuscrits

L’histoire du lieu

Taille du texte

Les ouvertures en arc de la façade mènent à la cour intérieure de la mosquée de Riyadha. Le terrain situé dessous a été consacré à jamais à un waqf pour une œuvre religieuse. Ici, sous un même toit, fonctionnent une salle de prière, une école et une bibliothèque, et les cours sont fondés sur les livres et un programme permanent. Les armoires de la bibliothèque conservent des copies manuscrites des œuvres d’Ali bin Muhammad al-Habshi.

Lorsque, dans les années mille huit cent quatre-vingt, le savant religieux Salih bin Alawi Jamal al-Layl arriva à Lamu, on lui proposa de s’installer à Mkomani, la partie en pierre de la ville où vivaient les familles notables. Salih était un sayyid, c’est-à-dire qu’il était considéré comme un descendant du prophète Mahomet, et il appartenait à un milieu pour lequel le savoir était à la fois une profession et le fondement du statut social. Mais il voulait enseigner à ceux que les maîtres locaux n’admettaient pas aux cours.

Salih choisit donc Langoni, une périphérie où s’installaient des personnes réduites en esclavage, des esclaves affranchis et des travailleurs des plantations de cocotiers. Il vivait dans une petite hutte en terre et y commença à enseigner. En raison de sa proximité avec les cueilleurs de noix de coco, on le surnomma le « chérif des grimpeurs de cocotiers ». Ce surnom visait juste : un homme à la généalogie prestigieuse associait son nom à un groupe que l’élite urbaine considérait comme inférieur. Les élèves de Salih étaient des Oromo, des Giriama, des Pokomo et d’autres personnes venues de l’extérieur de la vieille ville de pierre. Beaucoup avaient auparavant été réduits en esclavage. Il les admettait aux mêmes textes religieux et aux mêmes prières que ceux qu’étudiaient les familles nées libres. D’anciens maîtres et d’anciens esclaves se retrouvèrent dans une même communauté.

Les élèves remplirent la hutte, et Salih eut besoin d’un lieu permanent pour les cours. Il reçut le soutien de Sayyid Mansab bin Abdurrahman, le savant le plus âgé de Lamu, dont on sollicitait l’avis dans les débats sur la foi et la langue. En mille neuf cent trois, Mansab consacra une partie de sa terre à un waqf : un bien ainsi constitué est affecté à jamais à une œuvre religieuse ou charitable. La mosquée et le centre d’enseignement de Riyadha furent construits sur cette terre.

Le nom renvoyait à l’école Al-Riyad, « le Jardin », dans la ville yéménite de Say'un. Elle était dirigée par le savant Ali bin Muhammad al-Habshi, dont Salih transposa les méthodes à Lamu. Au lieu d’un enseignement accessible uniquement par un lien personnel avec un maître, on y proposa des cours fondés sur les livres et un programme permanent. La mosquée devint à la fois salle de prière, école et bibliothèque.

Le soutien de Mansab ne signifiait pas qu’il était d’accord sur tout. En mille neuf cent neuf, Ali al-Habshi composa un nouveau mawlid, un récit poétique de la naissance du prophète intitulé « Simt al-Durar ». Salih l’interpréta à Riyadha avec un accompagnement rythmique. Des habitants conservateurs se plaignirent auprès de Mansab de la musique dans la mosquée, et celui-ci vint mettre fin à cette nouveauté. Salih lui rappela qu’un accompagnement semblable avait déjà été employé par le vénéré maître du Hadramaout Abu Bakr bin Salim. Mansab accepta cet argument et annonça à la ville que l’interprétation était autorisée.

Après la mort de Salih, ses fils poursuivirent les cours. Riyadha accueille des enfants de l’archipel ainsi que des élèves qui étudient le droit islamique, l’interprétation du Coran, la langue arabe et la tradition soufie. La bibliothèque de la mosquée conserve des copies manuscrites des œuvres d’Ali al-Habshi, dont « Simt al-Durar ». Lors des journées du Mawlid annuel, la cour se remplit de nouveau des participants à la fête qui a commencé avec l’interprétation que Mansab était venu interdire ici.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantQuai sud : boutres, canal et poutres de mangrove
Entréeextérieur ; intérieur uniquement avec une autorisation explicite

Mosquée et centre d’enseignement en activité ; aucun régime touristique public n’est publié. L’arrêt est conçu pour une visite depuis la rue.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Couvrez vos épaules et vos genoux, n’entrez pas pendant la prière ou les cours sans autorisation et ne photographiez pas les personnes en prière.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez de Langoni vers le canal et les bateaux.

Étape 8 sur 9Ensuite : Quai sud : boutres, canal et poutres de mangrove

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Vieille ville de Lamu : le port, les maisons et les portes sculptées » — 9 étapes, 1,8 km, 3 h 30 min avec les intérieurs ; environ 2 h 15 min à l’extérieur.

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