Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le minaret restauré
- L’enceinte en brique
- La boutique de la mosquée à deux étages
L’histoire du lieu
À l’intérieur de l’enceinte en brique s’est formée une ancienne paroisse avec une mosquée, un minaret, une médersa pour les chakirds et une boutique à deux étages. Le bâtiment en pierre devint un lieu de prière et d’étude après l’époque où les musulmans du faubourg se réunissaient dans des maisons de prière en bois, vulnérables aux incendies et aux ordres des fonctionnaires. Au vingtième siècle, il fut transformé en jardin d’enfants : le minaret et les voûtes furent supprimés, et les anciennes salles furent divisées par des planchers intérieurs. Son aspect actuel fut rétabli d’après d’anciens documents après la restitution du bâtiment à la communauté musulmane.
À l’intérieur de l’enceinte, une mosquée est en activité : on y accomplit la prière, on lit le Coran, et, auprès de la mosquée, on enseigne aux enfants et aux adultes les bases de l’islam et de l’écriture arabe. Le nom inscrit sur la façade renvoie aux négociants Apanaïev. Pourtant, l’argent pour le premier bâtiment fut donné par un autre homme : Yakoub Soultangaleïev.
En mille sept cent soixante-sept, des représentants de la communauté musulmane de Kazan obtinrent de l’impératrice Catherine la Deuxième l’autorisation de construire des mosquées en pierre dans le faubourg tatar. Jusqu’alors, les paroissiens dépendaient de maisons de prière en bois : elles étaient détruites sur ordre de fonctionnaires et périssaient dans les incendies. Dès l’année suivante, Yakoub Soultangaleïev, l’un des plus riches négociants tatars de Kazan, commença ici la construction destinée à la deuxième paroisse musulmane de la ville.
Soultangaleïev vivait du commerce ; il consacra donc à la mosquée le capital qui assurait sa propre affaire. L’historien Chigaboutdine Märcani rapporta que, pendant la construction, le négociant subit de lourdes pertes, mais acheva tout de même les travaux avec l’argent qui lui restait. Le soir, Yakoub et sa femme venaient auprès des maçons, portaient des briques et aidaient à rouler les troncs. Pour un commanditaire aisé, c’était une manière de montrer aux paroissiens que le manque d’argent devrait être compensé par un travail commun.
Au début des années mille sept cent soixante-dix, on priait déjà ici dans un bâtiment en pierre. Une médersa, une école musulmane, ouvrit à côté. À la fin du siècle, plus de deux cents chakirds, c’est-à-dire des élèves, y étudiaient. La mosquée construite par le négociant devint le centre de la paroisse, mais le nom des Soultangaleïev ne lui resta pas attaché. Yakoub n’avait pas d’enfants et, après sa mort, sa lignée s’éteignit.
Les Apanaïev, qui vivaient dans le voisinage, prirent en charge l’entretien de la paroisse. Leur fortune s’accrut grâce au travail du cuir, à la fabrication de savon et au commerce : Moussa Apanaïev possédait une importante production de cuir, son frère Youssouf des usines de cuir et de savon. La famille payait les réparations de la mosquée et le fonctionnement de l’école, et ses descendants continuèrent à le faire pendant environ un siècle. Les paroissiens commencèrent à appeler la mosquée Apanaïev, et aussi Baïskaïa, la mosquée des négociants.
En mille neuf cent trente, la mosquée fut fermée. Lors de sa transformation en jardin d’enfants, les bâtisseurs démolirent le minaret et les voûtes, taillèrent une partie des ornements et divisèrent les deux étages de prière en trois par des planchers. Dans les années quatre-vingt-dix, la communauté musulmane obtint la restitution du bâtiment. Pendant la restauration, de deux mille sept à deux mille onze, des artisans rétablirent d’après d’anciens documents le minaret et l’ancienne répartition des salles.
Dans l’enceinte subsiste l’ancienne boutique de la mosquée. Son deuxième étage en brique fut ajouté en mille huit cent quatre-vingt-sept par le négociant Mouhamedioussoup Apanaïev. Ce bâtiment et le nom inscrit sur la mosquée sont restés de la famille qui n’avait pas commencé la construction, mais avait entretenu durant plusieurs générations tout ce qui était né autour d’elle.
Sur place
Mosquée en activité ; l’observation extérieure est possible depuis la rue, l’entrée dépend des prières et de la décision des responsables.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le bâtiment en respectant la paroisse en activité. Une tenue appropriée est nécessaire pour entrer ; à l’intérieur, suivez les règles locales et ne prenez pas de photos sans autorisation.
