Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La figure sombre de Dipamkara
- Les petites stupas
- Le bloc de pierre monolithique
L’histoire du lieu
Parmi les petites stupas se tient une figure sombre représentant l’un des Bouddhas considérés comme les prédécesseurs du Bouddha historique. Elle a été sculptée dans une seule pierre et laissée sur la plateforme supérieure de la colline comme image immobile. Dans la vallée de Katmandou, les marchands revenant du Tibet vénéraient particulièrement de telles figures. Des statues semblables, mais portatives, sont faites avec une armature de bois à l’intérieur afin qu’un porteur puisse transporter la haute figure durant une procession.
La figure sombre derrière les petites stupas est taillée dans un seul bloc de pierre. C’est Dipamkara, un Bouddha de l’une des ères précédant le Shakyamuni historique. Selon la tradition bouddhique, il prédit à l’ascète Sumedha que, dans l’une de ses vies futures, celui-ci atteindrait l’éveil et deviendrait Shakyamuni. Dipamkara est donc lié à un avenir qui commence par un acte accompli maintenant.
Dans la vallée de Katmandou, les marchands le vénéraient tout particulièrement. À l’époque des rois Malla, les commerçants revenus sains et saufs du Tibet organisaient un Samyak, une grande distribution d’aumônes en l’honneur de Dipamkara. Ils transformaient une partie de leurs gains en riz, céréales et repas pour les prêtres bouddhistes et les communautés monastiques. Les images de Dipamkara recevaient ces dons comme participantes à la cérémonie.
L’un de ces Samyak dut attendre que prenne fin la lutte pour le trône népalais. En mille neuf cent cinquante, le marchand Samyak Singh Tuladhar promit de financer une cérémonie particulière à Swayambhunath et envoya des invitations. Sa famille possédait une maison de commerce à Lhassa ; Samyak Singh et ses fils vivaient du commerce entre Katmandou, le Tibet et l’étape de Kalimpong. Pendant les préparatifs, le père mourut. Son fils, Bhakta Bir Singh Tuladhar, décida d’accomplir son vœu.
Entre-temps, le roi Tribhuvan quitta le Népal afin d’obtenir la fin du règne des premiers ministres héréditaires Rana. Les représentants du régime proclamèrent roi son petit-fils encore enfant. Pour la famille Tuladhar, cela créait une situation dangereuse : traditionnellement, le Samyak se déroulait en présence du chef de l’État. Les Rana exigeaient que la cérémonie ait lieu avec le garçon à la place d’honneur, afin que l’ancien rite confirme leur choix. Les adversaires du régime menaçaient Bhakta Bir s’il acceptait.
Le marchand n’annula pas le vœu de son père et ne nomma aucun des prétendants. Il invoqua le deuil et reporta le Samyak. Quelques mois plus tard, le régime Rana tomba et Tribhuvan revint à Katmandou. Le quinze janvier mille neuf cent cinquante-deux, Bhakta Bir et ses frères organisèrent enfin la cérémonie promise sur le champ de Bhuikhel, au pied de cette colline. On y apporta des images de Dipamkara provenant de monastères et de maisons privées, les communautés distribuèrent de la nourriture et des offrandes, et Tribhuvan prit la place destinée au chef de l’État. La famille accomplit la promesse du père défunt tout en évitant la cérémonie qu’on lui avait exigée un an plus tôt.
Les Dipamkara portatifs sont conçus autrement que la figure de pierre de la plateforme supérieure. Certains abritent une armature de bois : une personne y grimpe et, de ses propres jambes, porte la haute image durant la procession. Le Dipamkara de pierre, taillé dans un seul bloc, reste ici, tandis que ses semblables mobiles sont rassemblés en bas.
La trace du Samyak de mille neuf cent cinquante-deux se trouve précisément à Bhuikhel : on y a installé une mandala commémorative en pierre. Devant nous est restée une autre pierre, le Dipamkara en l’honneur duquel la famille de marchands a d’abord reporté l’aumône, puis a finalement conduit tout un cortège de Bouddhas au pied de la colline.
Sur place
Plateforme extérieure supérieure ; l’accès à une observation de près dépend des offrandes et des rituels en cours.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez le récit tout près de l’image, sans compter voir les figures cérémonielles du Samyak : on ne les sort que pour une occasion particulière.
