Étape 8 sur 8

Higashi Chaya et la maison Shima

ひがし茶屋街・志摩

Le point final montrera comment les autorités ont tenté de transformer une activité dispersée en un quartier urbain contrôlé.

35 min
Façades en bois des maisons de thé de Higashi Chaya.
Andrea Schaffer · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Grille kimusko
  • Salles de réception du deuxième étage
  • Façades en bois
  • Rue droite du quartier

L’histoire du lieu

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Shima conserve le plan d’une maison de thé où la maîtresse de maison organisait des soirées pour des clients connus et répondait de toute leur facture. Les plats étaient commandés à des cuisiniers indépendants et, avec les pièces et les boissons, la facture comprenait les représentations des geigi. Les vastes salles destinées aux clients se trouvent au deuxième étage, tandis qu’en bas se tenaient les affaires de la maîtresse de maison et les préparatifs avant l’entrée en scène. Sur la façade en bois, on voit la fine grille kimusko : ceux qui étaient assis derrière distinguaient la rue et les personnes arrivées, mais les passants avaient du mal à voir les visages dans la pièce sombre.

Au printemps de l’année mille huit cent vingt, les tenanciers d’établissements clandestins de Kanazawa demandèrent au juge municipal Yamazaki Tanomu de légaliser leur activité. Tanomu visait un autre ordre : réunir les propriétaires et les femmes dans deux quartiers désignés, les y surveiller et mettre fin aux rendez-vous secrets dans toute la ville. Il affirmait que les licences procureraient en même temps un revenu aux filles de familles qui ne pouvaient pas les entretenir.

Maeda Narinaga, douzième dirigeant du domaine de Kaga, autorisa cette expérience. On choisit des emplacements près de deux routes qui entraient à Kanazawa par des ponts : l’un au-delà de la Saigawa, l’autre ici, près de l’Asanagawa, où se croisaient marchands, voyageurs et pèlerins se rendant aux temples du mont Utatsu. C’est de cette paire que le Higashi Chaya actuel tire son nom : « quartier de thé oriental ».

Les fonctionnaires redécoupèrent ici les rues et les parcelles, tracèrent un rectangle d’environ cent sur cent quatre-vingts mètres et installèrent des portes aux deux extrémités. Sur le plan d’attribution des terrains, Etchuya Kuhei figure parmi les premiers propriétaires. La maison aujourd’hui appelée « Shima » ouvrit alors sous l’enseigne « Etchuya ». Elle fut construite la même année que la création du quartier.

Dans les premiers règlements, les femmes étaient appelées zashiki-onna, femmes des salles de réception. Parmi elles se trouvaient des geigi et des prostituées. Pour les unes, la musique, la danse et les jeux avec les clients devenaient une source de revenus ; pour les autres, c’était la vente de services sexuels. L’autorisation les fit sortir de la clandestinité, mais la limite du quartier devint bientôt la limite de leurs déplacements. Dès l’année mille huit cent vingt-trois, il fut interdit aux prostituées de quitter le territoire désigné.

L’aménagement de Shima conserve l’organisation d’une soirée de l’époque. Les clients montaient dans les salles de réception du deuxième étage. Au premier, la maîtresse de maison tenait les comptes, tandis que les geigi se préparaient à entrer en scène. Les plats étaient commandés à des cuisiniers extérieurs : la maîtresse de la maison de thé réunissait sur une seule facture la pièce, les plats, les boissons et la représentation. Elle n’acceptait donc que des clients connus ou des personnes recommandées : c’était elle qui devait régler tous les invités si un client disparaissait sans payer sa dette. Les pièces de devant du premier étage étaient dissimulées par une fine grille kimusko à vision unidirectionnelle. Ses lattes avaient une section trapézoïdale : de l’intérieur, on voyait la rue, mais de l’extérieur, les visages derrière la grille se distinguaient mal. Les femmes pouvaient reconnaître le client arrivé tout en restant, pour les passants, une partie de l’intérieur sombre. Elles quittaient ensuite cette grille pour monter dans les salles où le public les regardait déjà ouvertement.

La tentative de Yamazaki Tanomu de maintenir cette activité dans l’ordre établi dura onze ans. Les fonctionnaires interdisaient aux samouraïs, aux moines et aux médecins de fréquenter le quartier, limitaient les vêtements des femmes, réprimaient les emprunts destinés aux divertissements et exigeaient que les tarifs baissent. Dès le début, le conseiller principal Honda Masakazu cherchait à faire abolir les licences. En mille huit cent trente et un, sa position l’emporta : les propriétaires reçurent une indemnisation, les deux quartiers furent fermés et, plus tard, il fut ordonné de transformer les maisons de thé en habitations ordinaires.

Ce n’est que trente-six ans plus tard que les établissements furent de nouveau autorisés à fonctionner. La maison changea plusieurs fois d’enseigne et reçut son nom actuel, « Shima », après la Seconde Guerre mondiale. C’est aujourd’hui un musée. Les portes du quartier ont disparu, mais le découpage des rues, le haut étage des clients et la grille du premier subsistent : de l’extérieur, il reste difficile de voir la pièce depuis laquelle la rue est bien visible.

Sur place

Temps sur place35 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeextérieur et avec billet

Les rues sont toujours ouvertes. Maison Shima : 9:30–17:30 de mars à novembre, 9:30–17:00 de décembre à février, ouverte 365 jours ; billet adulte 500 yens.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Depuis la rue, on voit l’architecture du quartier, mais non la vie privée des maisons de thé encore en activité. À Shima, on peut découvrir l’intérieur historique ; une véritable soirée avec des geiko exige un arrangement distinct et ne fait pas partie d’une visite ordinaire du musée.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

La promenade s’achèvera devant la grille derrière laquelle les propriétaires voyaient le client arrivé avant qu’il ne puisse les distinguer.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Kanazawa du domaine de Kaga : demeures, château, jardins et quartiers de maisons de thé » — 8 étapes, 5,2 km, 4–5 h.

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