Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Porte à trois niveaux
- Arcs de pierre
- Verres colorés
- Paratonnerre
L’histoire du lieu
Les portes d’Ōyama s’élèvent sur trois niveaux : à la base, une charpente de bois est cachée derrière des blocs de pierre de Tomuro locale, tandis que la partie supérieure associe plâtre, sculptures et verre coloré. Un paratonnerre, considéré comme le plus ancien conservé au Japon, subsiste sur le toit. Au-delà des portes commence le sanctuaire où sont vénérés l’ancêtre de la lignée dirigeante de Kanazawa et son épouse. Les portes furent conçues comme une invitation, depuis la rue, à monter l’escalier ; c’est pourquoi elles ressemblent si peu aux portes de sanctuaire habituelles.
En mille huit cent soixante et onze, le palais Kanaya, résidence de l’ancien chef du domaine de Kaga, territoire du clan Maeda autour de Kanazawa, se retrouva abandonné sur ce terrain. Le domaine fut supprimé, les Maeda partirent pour Tokyo, et avec eux disparurent les fonctions et les revenus de milliers de familles de samouraïs.
Maeda Naonobu dirigeait l’une des huit maisons de hauts vassaux du domaine de Kaga. Il avait hérité d’un revenu de onze mille koku — le koku était une mesure de revenu rizicole — et occupait un poste élevé dans l’administration du domaine. Son ancienne fonction n’existait plus. Naonobu s’efforça de faire édifier, à l’emplacement du palais déserté, un sanctuaire consacré au fondateur du clan.
Il réunit d’anciens vassaux et des habitants de Kanazawa. Dans leur requête à la préfecture, ils écrivaient que le sanctuaire au pied du mont Utatsu était tombé dans un extrême délabrement. Ils demandaient l’autorisation d’acheter le terrain du palais Kanaya, d’y transférer Maeda Toshiie, qui y était vénéré, et d’élever de nouveaux bâtiments. Ils obtinrent l’autorisation. Le seize novembre mille huit cent soixante-treize, le sanctuaire d’Ōyama ouvrit ; une partie du palais démonté fut utilisée pour sa construction. Naonobu, qui avait autrefois administré les affaires du domaine, devint desservant du sanctuaire.
Maeda Toshiie, vénéré ici, fut un chef militaire de Toyotomi Hideyoshi et le fondateur de la lignée Maeda de Kanazawa. En mille cinq cent quatre-vingt-trois, il prit le château de Kanazawa, et ses descendants conservèrent le domaine de Kaga durant près de trois siècles.
L’origine de son culte est liée à une histoire que le sanctuaire lui-même transmet comme une légende. Après la mort de Toshiie en mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf, son fils Maeda Toshinaga aurait craint de diviniser ouvertement son père : le défunt était proche de Hideyoshi, tandis que l’autorité dans le pays passait à Tokugawa Ieyasu. Toshinaga transféra à Kanazawa deux anciens sanctuaires, Hachiman et Shinmei, et, sous ce prétexte, établit près du mont Utatsu le sanctuaire Utatsu Hachimangū, où il plaça secrètement l’esprit de son père.
Le risque pour la famille était tout à fait réel. Peu après, Ieyasu soupçonna Toshinaga de comploter et commença à préparer une campagne contre le domaine de Kaga. Pour éviter la guerre et préserver ses terres, Toshinaga envoya sa mère Matsu comme otage à Edo.
Les documents ne permettent toutefois pas d’attribuer avec certitude le culte secret de Toshiie à cette époque. Dans les archives du sanctuaire Utatsu Hachimangū du dix-septième siècle figurent Hachiman, Shinmei et le guérisseur bouddhique Yakushi, mais Toshiie en est absent. Ce n’est qu’en mille huit cent vingt-neuf qu’un desservant du sanctuaire déclara qu’une image sacrée du fondateur du clan y était conservée et obtint l’autorisation d’y célébrer un rite commémoratif. Le récit d’un culte dissimulé reste donc une légende du sanctuaire ; ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’au dix-neuvième siècle Toshiie était déjà vénéré à Utatsu et fut transféré de là jusqu’ici.
Le transfert ne garantit pas encore au sanctuaire des visiteurs. Il venait moins de monde que les organisateurs ne l’avaient espéré. Hasegawa Junya, chef du district urbain et ancien samouraï, proposa de bâtir une porte telle que les passants auraient eux-mêmes envie de monter l’escalier. Le charpentier local Tsuda Yoshinosuke reçut la mission de créer une construction solide sans l’obligation de suivre les modèles anciens.
En mille huit cent soixante-quinze, Tsuda acheva la porte à trois niveaux. Il assembla les charpentes des arcs inférieurs en bois, selon la technique japonaise de charpenterie, puis les recouvrit d’une maçonnerie de pierre de Tomuro locale. Au-dessus apparurent du plâtre, des éléments de bois sculpté et des verres colorés ; sur le toit fut installé un paratonnerre considéré comme le plus ancien conservé au Japon. Les contemporains jugeaient la porte excessivement occidentale et préparèrent même des projets de transformation, mais elle ne fut pas reconstruite.
Dans le sanctuaire principal, Toshiie et son épouse Matsu sont désormais vénérés côte à côte ; elle y fut transférée en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit. Le sanctuaire secret de la légende se trouvait près du mont Utatsu. Sur ce terrain subsistent des éléments du palais Kanaya et la porte par laquelle Hasegawa comptait amener jusqu’à Toshiie ceux qui passaient autrefois leur chemin.
Sur place
Le terrain est libre d’accès ; le bureau d’information du sanctuaire est ouvert de 9:00 à 17:00, sans jours de fermeture réguliers.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un lieu sacré en activité : parlez plus bas près du bâtiment principal et ne gênez pas les personnes qui prient. Le principal propos architectural se lit déjà depuis l’extérieur.
