Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les travées métalliques du pont
- Un bras de la Pregolia
- Les façades du Village des pêcheurs
- La tour sur la rive opposée
L’histoire du lieu
Un passage permanent à travers un bras de la Pregolia relie les anciennes villes insulaires de Kneiphof et de Lomse, l’actuelle île Oktiabrski. Au-dessus de l’eau se dressent les travées métalliques du pont du Miel, montées à la fin du dix-neuvième siècle sur le tracé de l’ancienne traversée. À côté, à l’emplacement d’anciens clubs d’aviron, fonctionnent aujourd’hui des hôtels, des restaurants, des bureaux et des logements.
À l’hiver de mille cinq cent quarante-deux, le duc Albert de Brandebourg-Ansbach cherchait à obtenir l’accord des villes et des propriétaires fonciers pour une nouvelle taxe permanente sur le commerce et la consommation. Les représentants des états s’y opposaient, et le duc avait besoin du soutien d’au moins Kneiphof. C’était alors une ville indépendante, avec son propre conseil.
La mission de convaincre les conseillers fut confiée à Hans von Besenrode, proche du duc et haut fonctionnaire de la cour. Selon une tradition urbaine, Besenrode proposa aux habitants de Kneiphof l’autorisation d’installer des boutiques près de la cathédrale et leur envoya plusieurs tonneaux de miel. Le conseil cessa de s’opposer à la taxe, et les habitants de Kneiphof obtinrent le droit de construire un pont vers l’île voisine de Lomse — l’actuelle île Oktiabrski. Les bâtisseurs se hâtaient d’achever la traversée avant que leurs rivaux ne puissent les en empêcher.
Le nouveau passage permettait de transporter les personnes et les marchandises en évitant le Haut-Pont, qui appartenait à Altstadt, la ville voisine autour du château. Les marchands d’Altstadt vivaient du passage par leurs rues et leur traversée. Désormais, une partie des clients et des cargaisons passait sans eux, tandis que la nouvelle taxe devait tout de même être payée. En réponse, les habitants d’Altstadt surnommèrent ceux de Kneiphof les « lèche-miel », et le pont qu’ils avaient construit, le pont du Miel. Avec le temps, l’insulte cessa d’être perçue, mais le nom resta.
Il est impossible de confirmer l’affaire des tonneaux : c’est une tradition, et non une corruption établie par des documents. Il existait aussi une autre version : le nom viendrait du mot allemand signifiant « moquerie ». Pourtant, dès une chronique du seizième siècle, cette traversée était connue précisément sous le nom de pont du Miel.
Le nom de la rive opposée apparut bien plus tard. Les auteurs du concept architectural, Oleg Vassioutine, Aleksandr Bachin et Aleksandr Popadine, conçurent ici un quartier touristique à l’emplacement d’anciens clubs d’aviron. Selon la version de l’administration municipale, le terrain attribué au promoteur rappelait par sa forme un poisson — d’où le « Village des pêcheurs ». Les premiers bâtiments furent construits en deux mille six. Le complexe historico-ethnographique et artisanal fut finalement occupé par des hôtels, des restaurants, des bureaux et des logements ; parmi ces façades, il n’y a pas d’ancien village de pêcheurs.
L’actuelle structure métallique du pont du Miel fut installée entre mille huit cent soixante-dix-neuf et mille huit cent quatre-vingt-deux. Elle franchit toujours le même bras de la Pregolia entre les anciens Kneiphof et Lomse, dont les habitants se disputaient déjà au seizième siècle un passage direct.
Sur place
Le pont et les quais sont accessibles en permanence ; les établissements du Village des pêcheurs fonctionnent selon leurs propres horaires.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Choisissez un point d’où le pont et le nouveau quartier sont visibles en même temps, sans gêner la circulation des piétons. Pour cet arrêt, une observation extérieure suffit.
