Étape 7 sur 8

Khan al-Zeit et le tournant de la Via Dolorosa

Khan al-Zeit / Via Dolorosa

Ce carrefour commercial relie le litige sur la taxe de l’huile à l’évolution du parcours des stations chrétiennes.

20 min
Khan al-Zeit et la Via Dolorosa à Jérusalem
Guillaume Paumier · CC BY 3.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Boutiques modernes
  • Porte de la chapelle franciscaine
  • Signe de la septième station
  • Colonne de pierre de cinq mètres

L’histoire du lieu

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Derrière les façades des boutiques actuelles, le marché de Khan al-Zeit se poursuit ; son ancien nom conserve le souvenir de sa fonction passée. Dans ce passage commerçant se trouve une petite chapelle franciscaine, avec deux lieux de prière aménagés l’un au-dessus de l’autre. Une colonne de pierre de cinq mètres est intégrée à la chapelle inférieure ; sa base provient d’un carrefour romain du deuxième siècle. Celui-ci fut aménagé après les événements des Évangiles ; la pierre elle-même ne confirme donc pas cette tradition de pèlerinage apparue plus tard.

Au seizième siècle, un marchand d’huile d’olive entrant à Jérusalem avec une caravane ne pouvait pas vendre sa marchandise au premier acheteur venu. Chaque chameau portait quatre récipients ; les gros chargements devaient être livrés dans cette rue commerçante. On y trouvait de grandes balances à levier ainsi qu’un khan, une cour bordée d’entrepôts où la cargaison était déchargée, pesée, vendue ou laissée en dépôt.

L’huile servait à cuisiner, à alimenter les lampes et à approvisionner les savonneries de Jérusalem. Elle se conservait longtemps et gardait sa valeur ; les indications des balances déterminaient donc les revenus du marchand venu de loin comme du propriétaire de l’entrepôt. Pour une cargaison de chameau, on percevait trois dirhams : un pour la pesée, deux pour l’usage du khan. Les revenus des balances et de la cour étaient destinés à l’entretien de l’hôpital de la ville.

Au début des années soixante du seizième siècle, le fermier des balances ajouta de sa propre initiative un tiers supplémentaire à la taxe. Les marchands d’huile déposèrent une plainte, et ce supplément fut interdit. La redevance obligatoire resta toutefois en vigueur. Pour ne pas la payer, certains marchands commencèrent à décharger les récipients dans des maisons privées et à peser l’huile directement dans les savonneries. Les crieurs publics répétaient l’interdiction ; les contrevenants étaient traduits en justice, condamnés à des amendes et soumis à des châtiments corporels. Le commerce en dehors du khan continua néanmoins : le profit valait le risque. En mille cinq cent soixante-quatre, la redevance officielle de pesée fut abaissée à un dirham par chameau.

L’ancienne spécialisation du marché a disparu, mais son nom conserve la mémoire de tout ce système commercial. Le souk Khan al-Zeit signifie le marché du khan de l’huile. Derrière les boutiques modernes demeure le souvenir du lieu où les fonctionnaires faisaient converger les caravanes et où les marchands tentaient de faire passer leur cargaison sans la peser.

C’est ici que le marché croise la Via Dolorosa. Un signe au-dessus de la porte d’une petite chapelle franciscaine indique la septième station, le lieu de la deuxième chute de Jésus, conduit à la crucifixion selon le récit chrétien. La chute elle-même n’est pas mentionnée dans les Évangiles. C’est une tradition née chez les pèlerins médiévaux : ils pensaient que les Portes du Jugement se trouvaient à proximité et que les condamnés étaient conduits hors de la ville par celles-ci.

L’ordre des stations a longtemps changé. Jusqu’au seizième siècle, ce point était considéré comme la huitième et dernière halte dans les rues ; il devint plus tard la septième. Les franciscains, des moines catholiques qui accompagnaient les pèlerins sur le chemin de la Passion, achetèrent le terrain en mille huit cent soixante-quinze. En mille huit cent quatre-vingt-quatorze, ils y aménagèrent deux chapelles, l’une au-dessus de l’autre. La procession disposa ainsi d’un lieu de prière au milieu du carrefour commercial.

Une colonne de pierre de cinq mètres est intégrée à la chapelle inférieure. Sa base date du deuxième siècle, de l’époque où l’empereur romain Hadrien reconstruisait Jérusalem sous le nom d’Aelia Capitolina. Les archéologues associent cette colonne à un tétrapyle, une construction qui marquait le croisement du Cardo et d’une rue transversale. Elle est postérieure aux événements des Évangiles et ne confirme pas la tradition de la chute. Derrière la porte marquée de la septième station est conservé un signe de pierre d’un autre carrefour, aménagé par les Romains environ un siècle plus tard.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantéglise du Saint-Sépulcre
Entréede l’extérieur

Rue de marché publique ; passage possible chaque jour, mais la circulation peut changer brusquement le vendredi, pendant la Semaine sainte et lors de mesures de sécurité renforcées.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Écoutez au bord du passage, sans bloquer les étals ni le passage des processions. L’accès aux petites chapelles dépend des conditions sur place.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Continuez en suivant la Via Dolorosa jusqu’à la façade de l’église du Saint-Sépulcre.

Étape 7 sur 8Ensuite : église du Saint-Sépulcre

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Vieille Ville de Jérusalem : portes, quartiers et sanctuaires » — 8 étapes, environ 2,4 km, environ 4 heures.

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