Étape 7 sur 7

Oël Moche et la synagogue Adès

אוהל משה וּבית הכנסת עדס

La fin relie la mémoire des cours, le ladino, l'artisanat syrien et la tradition d'Alep qui continue de vivre dans le chant.

20 min
Façade en pierre de la synagogue Adès dans le quartier Oël Moche
Dr. Avishai Teicher · Public domain; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L'enseigne de 1883, les photos du projet « Tableau dans la pierre », l'arche en nacre et les peintures avec les signes du zodiaque, menorahs et douze tribus.

L’histoire du lieu

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À Mazkeret Moshe se trouvait un voisin : le quartier séfarade d'Oël-Moshe, « tente de Moshe ». Le nom promet une tente, mais tout ici est plutôt aménagé comme une grande maison familiale : des pièces d'habitation entourent les cours, des puits se dressent dans ces cours, et la vie des autres se trouve toujours à portée d'une fenêtre.

L'un des cours est appelé le Jardin du Mûrier. Autrefois, les branches de mûriers s'y croisaient au-dessus, offrant de l'ombre et rendant peut-être un peu moins étouffante cette promiscuité. Dans une telle cour, il est difficile de passer inaperçu. On entend chez qui un enfant s'est réveillé, qui dispute, qui chante, qui appelle à table. Plusieurs générations vivent côte à côte, et chaque conversation familiale devient par force un peu celle du voisinage.

Au numéro onze de la rue Gilboa est né Yitzhak Navon, futur cinquième président d'Israël. Plus tard, il a remis sur scène le quartier de son enfance dans la pièce « Le Jardin séfarade ». L'action se déroule ici dans les années 1930. Le titre semble presque idyllique, mais le jardin chez Navon n'est pas une décoration verte et tranquille. Il parle en ladino, s'interrompt avec les voix des voisins, rit, chante, se dispute. Il y a trop de monde et trop peu d'espace, mais aucune histoire ne reste sans témoins.

Au centenaire d'Oël-Moshe, Navon se souvenait que les familles vivaient dans la pauvreté et l'entassement, souvent avec six ou sept enfants. Mais il ne parlait pas de la pauvreté comme d'une épreuve utile. Pour une personne ayant grandi dans l'un de ces cours, l'important était autre chose : des appartements exigus sortaient des personnes cultivées, instruites, aux bonnes manières et au bon sens. Les mètres carrés ne disaient rien de leur dignité. Peut-être est-ce pourquoi, dans sa pièce, le quartier ne demande pas la pitié. Il sonne avec assurance, parfois bruyamment, comme une personne qui n'a pas besoin de prouver son droit à sa propre mémoire.

Cette mémoire a aussi son ancienne adresse : la synagogue Oël-Moshe. Elle conserve une enseigne datant de 1883. Le bâtiment raconte immédiatement comment était organisée la communauté : en haut on priait, et en bas se trouvaient des classes, un four communautaire et une mikvé. Le sacré et le quotidien ne s'éloignaient pas aux extrémités opposées de la ville. Entre le cours, la cuisson du pain et la prière, il n'y avait qu'un seul escalier.

La synagogue conserve un rouleau de Torah datant de 1841. Selon la tradition, il a été offert par Moshe Montefiore. Pour ce quartier qui porte son nom, c'est une relique presque idéale : non pas un objet de parade visible de loin, mais un rouleau destiné à être lu à voix haute. La mémoire n'existe ici que lorsqu'on lui rend la voix humaine.

En 2004, les voix des anciens habitants sont apparues directement sur les murs des maisons. Les photos familiales et les récits du projet « Tableau dans la pierre » n'ont pas été emportés vers un musée séparé. Ils ont été fixés là où vivaient autrefois les personnes représentées sur les photos. Il en est résulté quelque chose d'étonnant : la maison reste simultanément une maison et devient son propre archive. Voici un portrait de famille, et juste à côté cette même fenêtre ; voici un récit d'enfance, et autour la cour qui a été sa scène. La pierre ne représente pas le passé — elle continue d'y côtoyer.

Mais la voix la plus forte de ce quartier se fait entendre dans la synagogue Adès. Elle fut fondée en 1901 par des originaires d'Alep, une ville syrienne qu'ils appelaient Haleb. Deux cousins, Yossef Yitzhak et Ovadia Yoshiyahu Adès, y ont créé le centre de leur communauté. Ils ont transféré à Jérusalem non pas la copie d'une ville abandonnée, mais l'habitude familière d'être ensemble : prier, apprendre des mélodies, distinguer les modes, transmettre aux enfants le son dans lequel la maison se reconnaît avant même qu'on ait eu le temps de la décrire.

Même l'intérieur d'Adès ressemble à une rencontre de plusieurs routes. L'arche a été fabriquée par des artisans de Damas — en bois, avec un fin incrustation de nacre. La lumière sur la nacre ne reste jamais immobile : le motif apparaît puis disparaît, comme si la surface gardait sa propre respiration. Et en 1912, les murs et le plafond furent peints par Yaakov Stark, artiste de l'école jérusalémite « Bezalel ».

Dans les peintures côtoient les douze tribus d'Israël, les signes du zodiaque, des fleurs, des menorahs et les étoiles de David. À côté émergent des symboles sionistes précoces — non plus les signes d'une ville perdue, mais ceux d'une modernité jérusalémite nouvelle. C'est pourquoi il est difficile de qualifier Adès simplement de « synagogue syrienne ». La tradition religieuse d'Alep y a rencontré l'artisanat de Damas et l'art du nouveau Jérusalem. Dans une même pièce se sont réunies des personnes, des ornements et des espoirs qui appartenaient auparavant à différents points géographiques.

Et pourtant, l'œuvre principale d'Adès ne peut être vue sur un mur. Elle commence en hiver, la nuit de Shabbat, vers trois heures du matin. Dans la synagogue, on se rassemble pour chanter les bakachot — des poèmes-kabbalistiques de supplication. Le moment est choisi comme s'il fallait trouver une faille entre hier et demain : le vendredi soir est loin, l'aube n'est pas encore venue, la ville est presque silencieuse.

Le chant suit un ordre strict. Les cantillateurs suivent le système des maqams — les modes musicaux d'Alep. Chaque maqam a son caractère, son mouvement intérieur. Le service du vendredi soir résonne dans le maqam Nawa ; pour d'autres prières, le mode est lié à la parasha de la semaine et à un cycle établi. Ici, une belle voix ne suffit pas. Il faut savoir quelle voie mélodique convient précisément à ces mots et à ce Shabbat.

Ainsi, la musique devient non un ornement du service, mais un moyen de lire le temps. La semaine change — le mode change. La parasha revient — avec elle revient le son familier. Un chanteur commence une ligne, les autres reprennent, et l'ancien système tient non dans un archive musicale, mais dans la mémoire des personnes qui se sont levées au milieu de la nuit pour venir chanter ensemble.

Le jour, on peut retenir Adès par la nacre, les fleurs et le plafond peint. Mais la vraie vie de la synagogue commence quand on voit presque rien. À trois heures du matin en hiver, l'ancien Haleb résonne à Jérusalem — non comme un écho d'un monde disparu, mais comme une demande vivante à laquelle répondent encore des dizaines de voix.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréelibre

Les ruelles sont ouvertes en permanence ; la synagogue Adès est ouverte pendant les heures de prière et les visites guidées

Vérifié : 22 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les photos sur les façades sont accessibles sans entrer dans les maisons. L'intérieur d'Adès à voir uniquement si la synagogue est ouverte aux visiteurs ; les bakachot constituent une tradition religieuse distincte, non un spectacle garanti pour les touristes.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade devant Adès : après le récit, restez à l'extérieur et comparez la cour tranquille au bruit du marché qui a marqué le début de l'itinéraire.

Étape 7 sur 7Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Du marché aux cours : Jérusalem vivante derrière Agrippas » — 7 étapes, env. 850 m, 2–3 h.

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