Étape 6 sur 8

église Saint-Étienne des Bulgares

Sveti Stefan Bulgar Kilisesi

Vous apprendrez comment une pause liturgique a transformé une église en bois en lieu d’un conflit ouvert au sein de l’Église.

20 min
L’église Saint-Étienne des Bulgares, blanche et en fer, avec ses tours ajourées
Antoloji · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Murs de fer
  • Haute flèche
  • Pierre d’autel
  • Tombe d’Ilarion dans la cour

L’histoire du lieu

Taille du texte

Le trois avril mille huit cent soixante, l’évêque bulgare Ilarion Makariopolski célébra ici la liturgie pascale. L’actuel édifice en fer n’existait pas encore : une petite église en bois se dressait sur ce terrain. Au moment prescrit, Ilarion omit délibérément de prononcer le nom du patriarche de Constantinople et commémora tous les évêques orthodoxes.

Dans la liturgie, cette commémoration marque la soumission : le prêtre nomme celui qu’il reconnaît comme son chef ecclésiastique. Ilarion cherchait à obtenir une hiérarchie bulgare propre, et l’omission du nom fut donc comprise par les fidèles sans explication. Ils soutinrent l’évêque à voix haute et, le lendemain, la communauté remit au gouvernement ottoman une pétition en faveur d’une Église indépendante, portant environ mille signatures.

Jusque-là, les Bulgares orthodoxes de l’Empire ottoman appartenaient à une même communauté religieuse que les Grecs et d’autres peuples orthodoxes. Elle était dirigée par le patriarcat de Constantinople. Les paroisses bulgares exigeaient des évêques élus par leurs fidèles, des offices dans une langue comprise par eux et une rémunération du clergé fixée à l’avance. Les négociations se soldèrent par un refus. Ilarion porta alors le conflit dans l’office, où un nom non prononcé remplaça une nouvelle pétition.

Il mesurait bien les conséquences. Pour ses démarches antérieures auprès du gouvernement du sultan, Ilarion avait déjà passé environ cinq ans en détention monastique au mont Athos. Il avait reçu sa dignité épiscopale et le droit de diriger la communauté d’ici avec l’accord de ce même patriarcat contre lequel il s’éleva. Le patriarche demanda qu’il soit puni par les autorités civiles, mais les fonctionnaires ottomans n’exécutèrent pas cette demande. En mille huit cent soixante et un, Ilarion fut néanmoins privé de sa dignité et envoyé de nouveau au mont Athos. Il y resta en exil jusqu’en mille huit cent soixante-quatre.

Son geste fut repris par des communautés bulgares d’autres villes. Dix ans plus tard, un firman du sultan institua l’Exarchat bulgare, une administration ecclésiastique autonome ayant son centre à Constantinople. Le firman fut lu ici pour la première fois. De retour, Ilarion entra dans le premier synode de l’exarchat et, en mille huit cent soixante-douze, devint métropolite de Tarnovo.

L’église en bois vit le jour grâce à Stefan Bogoridi, dignitaire ottoman d’origine bulgare. En mille huit cent quarante-neuf, il donna à la communauté son propre terrain et sa maison sur la rive de la Corne d’Or. La maison fut transformée en église et dédiée au premier martyr chrétien, l’archidiacre Étienne, saint patron du donateur. Le nom conserva ainsi à la fois celui du saint et le souvenir de l’homme qui fournit aux Bulgares leur premier lieu de culte propre dans la capitale ottomane.

L’église actuelle fut assemblée à partir d’éléments en fer fabriqués à Vienne et consacrée en mille huit cent quatre-vingt-dix-huit. La pierre d’autel fut conservée de l’église en bois. Ilarion mourut à Constantinople et fut enterré dans la cour : sa tombe se trouve près de l’église qui s’est élevée à l’emplacement de cet office pascal.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantéglise patriarcale Saint-Georges
Entréeaccès libre

Habituellement ouverte tous les jours de 9:00 à 17:00 ; entrée libre, les horaires dépendent des offices religieux.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne prenez pas les surfaces métalliques ni les clôtures pour un décor sur lequel vous pouvez vous appuyer ou grimper. Si un office est en cours, observez l’intérieur en silence ou restez dans la cour.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Revenez le long de la Corne d’Or en direction de Fener et quittez le bord de l’eau vers les portes du Patriarcat.

Étape 6 sur 8Ensuite : église patriarcale Saint-Georges

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« De la mosquée Süleymaniye à Balat : les collines de la Corne d’Or » — 8 étapes, environ 4,2 km, 3–4 heures.

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