Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bassin octogonal
- Larges marches
- Passerelles au-dessus de l’eau
- Fleur de la liberté en béton
L’histoire du lieu
Au milieu du carrefour subsiste une tour de béton au-dessus d’un plan d’eau octogonal, entouré de marches et de passerelles. Une tortue de bronze se tenait autrefois à côté, portant une plaque de marbre qui énumérait les pays ayant aidé le Sud Viêt Nam ; c’est elle qui donna naissance au nom populaire de Hồ Con Rùa. La tortue elle-même a disparu depuis longtemps, mais la tour, l’eau et la place circulaire ont conservé l’ancien dessein du monument dans le tissu urbain.
Aujourd’hui, on s’assoit en groupe au bord du bassin octogonal, on mange des en-cas achetés à des vendeurs de rue et on se donne rendez-vous. Les larges marches et les passerelles au-dessus de l’eau s’y prêtent bien. L’architecte Nguyễn Kỳ les avait conçues pour une autre activité : des cérémonies d’État devaient s’y dérouler.
Avant l’ouvrage actuel, un monument français aux morts de la Première Guerre mondiale se dressait au milieu du carrefour. Le vingt-neuf juillet mille neuf cent soixante-quatre, des membres de l’Association générale des étudiants de Saïgon enroulèrent des cordes autour de ses statues et les tirèrent de leur piédestal. Ils protestaient contre les symboles restants de la domination française dans la ville. Les noms des participants et les conséquences pour chacun d’eux ne sont pas conservés dans les récits connus ; les journaux rapportèrent la chute des figures elles-mêmes. Il ne resta qu’un obélisque sur le rond-point.
Trois ans plus tard, un concours national fut annoncé pour un nouveau monument. Nguyễn Kỳ y participa en tant qu’architecte exerçant sa profession : son projet devait soit être construit à l’un des carrefours les plus visibles de Saïgon, soit rester sur le papier. Le jury choisit son œuvre le vingt-quatre novembre mille neuf cent soixante-sept. L’ouvrage fut inauguré le vingt-deux juin mille neuf cent soixante-neuf, lors de la Journée de l’aide internationale.
Nguyễn Kỳ donna à la haute partie en béton le nom de Fleur de la liberté. Elle représentait un lotus qui s’ouvrait au-dessus de l’eau octogonale. En dessous se trouvait une place cérémonielle revêtue de mosaïque, avec une grande brûle-parfums en bronze : lors des journées commémoratives, des représentants du gouvernement du Sud Viêt Nam y allumaient de l’encens.
À l’ouest de la place se dressait une tortue de bronze. Elle portait sur son dos une plaque de marbre avec les noms des pays qui avaient aidé le Sud Viêt Nam. La tortue, symbole traditionnel de longévité, reprenait le dispositif des anciennes stèles commémoratives vietnamiennes, où une inscription de pierre est elle aussi portée par un animal sacré. C’est pourquoi le nom complet du lieu était « place Internationale ». L’actuelle place Internationale reçut son nom des États énumérés sur la plaque, tandis que le nom populaire de « Hồ Con Rùa » venait de la tortue elle-même.
En mille neuf cent soixante-seize, des inconnus détruisirent la statue avec la plaque. La brûle-parfums en bronze et les ornements métalliques de la Fleur de la liberté disparurent également. Restèrent la tour de béton, le bassin, les escaliers et la place, que les habitants occupèrent peu à peu pour les rencontres, le commerce et la nourriture.
La tortue a disparu d’ici depuis un demi-siècle. Pourtant, il reste plus simple de convenir de « se retrouver à Hồ Con Rùa » que de nommer la place Internationale.
Sur place
Espace public ouvert ; ne traversez les rues que par des itinéraires sûrs.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un carrefour animé, et non un parc isolé : ne traversez la chaussée que par les passages autorisés et écoutez le récit là où vous ne gênez pas la circulation.
