Étape 5 sur 6

Rue des lanternes Lương Nhữ Học

Lương Nhữ Học

Elle relie un métier familial aux décisions des vendeurs dont dépendait le marché de fête.

15 min
Rangées de lanternes colorées dans la rue Lương Nhữ Học, en soirée.
Huỳnh Tấn Hữu (Panoramio) · CC BY 3.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Lanternes en bambou
  • Papier transparent coloré
  • Lanternes en plastique à piles
  • Panneau portant le nom de la rue

L’histoire du lieu

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Les lanternes de la rue Lương Nhữ Học donnent l’impression que derrière chaque étal se cache un atelier familial transmis de génération en génération. En réalité, les commerçants d’ici vendent surtout des produits déjà fabriqués. Pendant les quelques semaines qui précèdent la pleine lune du huitième mois lunaire, ils transforment leurs boutiques ordinaires en marché saisonnier, puis, après la fête, reprennent d’autres activités.

Ce marché est apparu ici précisément parce que, dès le début du vingtième siècle, les familles chinoises de Cholon vendaient dans cette rue des articles de fête : des cartes de vœux rouges du Nouvel An, des décorations et des tambours pour la danse du lion. Elles avaient déjà des fournisseurs, des entrepôts et des clients venus de différents quartiers et provinces. Les lanternes sont entrées dans le même circuit commercial.

L’une des premières à ouvrir un étal saisonnier au début de la rue fut une vendeuse nommée Sáu. Elle gagnait sa vie grâce à la courte demande des fêtes : chaque année, elle réunissait ses proches, disposait les marchandises et fermait son commerce après la Fête de la mi-automne. En deux mille dix-huit, son étal existait depuis plus de vingt ans. D’autres familles faisaient de même. La vendeuse Phụng, par exemple, vendait des rouleaux de riz le matin, puis allait aider ses proches avec les lanternes. Une seule fête ne suffisait pas à nourrir une famille toute l’année.

Les lanternes traditionnelles destinées à ces étals étaient surtout fabriquées dans le quartier de Phú Bình, à quelques kilomètres d’ici. En mille neuf cent cinquante-quatre, des migrants venus des provinces de Hà Nam, Nam Định et Ninh Bình y apportèrent leur métier familial. Ils courbaient des lattes de bambou, liaient les armatures et les recouvraient de papier transparent coloré. Les commerçants de la rue Lương Nhữ Học récupéraient les lots finis et les distribuaient plus loin. C’est pourquoi la principale rue des lanternes ne se trouvait pas là où elles étaient fabriquées, mais là où l’on savait les vendre en gros.

À la fin des années quatre-vingt-dix, les clients se mirent à choisir des lanternes bon marché, pliables et en plastique, avec des piles. La décision se prenait directement derrière les étals d’ici : quels produits commander et quelle place leur accorder. En deux mille dix, la propriétaire de l’une des boutiques, Mme Bình, acheta pour la fête de trois cents à quatre cents cartons de lanternes chinoises. Elle ne prit de Phú Bình que quelques modèles, à suspendre parmi les marchandises.

Pour les artisanes, cela signifiait des mois de travail sans certitude que leurs produits seraient achetés. Mme Xuân, qui fabriquait des lanternes depuis plus de trente ans, commençait à stocker les matériaux dès le début de l’année et mobilisait toute sa famille avant la fête. Autrefois, sa maison vendait de quinze à vingt mille pièces par saison ; en deux mille dix, elle craignait de ne pas pouvoir en écouler même une centaine de chaque type. Certaines familles abandonnèrent le métier, et les propriétaires transformèrent en logements et en kiosques les pièces où étaient autrefois entreposées les armatures et le papier.

Le choix des clients a ensuite de nouveau changé. Dès deux mille dix-huit, le commerçant Lâm disait que les grossistes demandaient de plus en plus souvent des lanternes en bambou et en papier transparent. Lors de la saison deux mille vingt-cinq, des lanternes en forme d’étoiles, de papillons et de poissons rouges de Phú Bình occupaient de nouveau une place notable sur les étals. Les modèles en plastique à piles restaient à côté : les vendeurs conservent les deux types, car la totalité du revenu saisonnier dépend de quelques semaines de fête.

Au-dessus des rangées de lanternes est suspendu un panneau portant une autre histoire artisanale. La rue a été nommée en mille neuf cent cinquante-cinq en l’honneur de Lương Như Hộc, fonctionnaire et ambassadeur du quinzième siècle. Son véritable nom, en vietnamien, s’écrivait autrement : dans le nom de la rue, deux syllabes ont depuis longtemps pris une forme erronée.

Lors d’un voyage à la cour chinoise de la dynastie Ming en mille quatre cent quarante-trois, Lương Như Hộc étudia la gravure de planches d’impression. À son retour, il forma les premiers artisans et, après une seconde mission diplomatique en mille quatre cent cinquante-neuf, transmit des techniques améliorées aux habitants de plusieurs villages. L’impression existait déjà au Viêt Nam, mais les élèves de Lương Như Hộc créèrent un grand centre de graveurs ; c’est pourquoi la tradition artisanale le vénère comme son fondateur.

Il n’est lié à Cholon et au commerce des lanternes que par le nom de la rue. Sur le panneau demeure le nom déformé du maître graveur de planches d’impression ; sous ce panneau, les successeurs des vendeurs saisonniers de Sáu vendent les produits des artisans de Phú Bình à côté de lanternes en plastique à piles.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantsalle d’assemblée Nghĩa An
Entréede l’extérieur

La rue est ouverte en permanence ; le commerce de lanternes est saisonnier et particulièrement intense avant la Fête de la mi-automne. Les dates du programme 2026 doivent être revérifiées à l’approche de la saison ; vérifié le 2026-06-29.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne bloquez pas les entrées pour prendre des photos et demandez l’autorisation si un vendeur ou le travail d’un artisan apparaît dans le cadre ; hors saison, il y aura beaucoup moins de lanternes.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Revenez à la grande rue et longez-la jusqu’à l’entrée de Nghĩa An.

Étape 5 sur 6Ensuite : salle d’assemblée Nghĩa An

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Cholon : marchés, rues de pharmacies et temples communautaires » — 6 étapes, environ 2,4 km, 3 h.

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