Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour carrée
- Les murs enduits d’un crépi lisse
- La grande cloche
- Les bases des coupoles retirées sous la toiture
L’histoire du lieu
Au point le plus élevé de l’île se dresse une église, placée de façon à être remarquée non seulement à l’intérieur de la forteresse, mais aussi depuis la mer. Lorsque cinq coupoles en forme de bulbe s’élevaient au-dessus de la colline, les soldats de la garnison russe venaient ici : on y célébrait des liturgies, on y recevait les serments et les processions religieuses y prenaient leur départ. Le chœur était formé d’enfants d’officiers et de militaires de carrière, et l’armée entretenait le clergé. Sous la toiture, derrière les murs enduits d’un crépi lisse, subsistent encore les bases des quatre petites coupoles retirées.
En mille neuf cent vingt-deux, l’architecte Einar Sjöström soumit d’emblée trois projets de transformation de cette église à un concours. L’Administration nationale de la construction cherchait quelqu’un qui transformerait l’ancienne église orthodoxe de garnison en église luthérienne et modifierait sa silhouette russe. L’un des projets de Sjöström l’emporta.
Autrefois, cinq tours coiffées de coupoles en forme de bulbe s’élevaient au-dessus de cette colline. À la fin des années mille huit cent trente, l’empereur Nicolas Ier chargea l’architecte pétersbourgeois Constantin Thon de concevoir ici une église pour la garnison russe. Le lieu fut choisi au point le plus élevé de l’île : l’église devait être visible à la fois des soldats à l’intérieur de la forteresse et depuis la mer.
En mille huit cent cinquante-quatre, des prêtres consacrèrent l’église Saint-Alexandre-Nevski, en l’honneur d’Alexandre Nevski, prince de Novgorod et saint orthodoxe qui avait vaincu l’armée suédoise sur la Neva. Pour une église militaire russe dans une ancienne forteresse suédoise, ce nom avait une signification tout à fait précise. L’armée entretenait les prêtres, et le chœur était composé d’enfants d’officiers et de militaires de carrière. On y célébrait des liturgies, on y recevait les serments et les processions religieuses de la garnison y prenaient leur départ.
Après le départ de la garnison russe, la communauté orthodoxe cessa ses activités. En mille neuf cent dix-huit, des fonctionnaires finlandais placèrent le bâtiment et le patrimoine ecclésiastique sous administration de l’État, et des prêtres luthériens consacrèrent l’ancienne cathédrale comme leur église de garnison. Plus de mille objets orthodoxes furent inventoriés et emportés dans des entrepôts. L’iconostase à quatre registres fut découpée : les icônes du bas furent retirées, et la partie supérieure fut adaptée au nouvel autel. Pendant plusieurs années, les institutions ecclésiastiques orthodoxes réclamèrent la restitution du patrimoine et n’en reçurent qu’une partie ; celle-ci fut envoyée à Sortavala et à Valaam.
Les coupoles furent traitées par étapes. Les quatre petites coupoles en forme de bulbe furent retirées dès mille neuf cent dix-neuf. Puis un concours fut annoncé pour une transformation complète. Les fonds pour le projet lauréat ne furent pas trouvés immédiatement, et Sjöström mourut sans avoir vu la version construite. À la fin de la décennie, l’architecte Jarl Eklund retravailla ses plans et mena la reconstruction à son terme.
Les constructeurs retirèrent la coupole en bulbe de la coupole principale, enfermèrent le tambour rond à l’intérieur dans une tour carrée, supprimèrent le décor orthodoxe et enduisirent les murs d’un crépi lisse. En mille neuf cent vingt-neuf, un phare fut installé sur la nouvelle tour. Il aide encore aujourd’hui la navigation maritime et la circulation aérienne par quatre éclats courts — la lettre « h » du code Morse, l’initiale de Helsinki.
Des offices luthériens, des mariages et des concerts y ont lieu désormais. À côté est suspendue une cloche coulée à Moscou, pesant six mille six cent quatre-vingt-trois kilogrammes — la plus grande de Finlande. Sous la toiture subsistent les bases des quatre petites coupoles retirées, et au-dessus de la tour carrée continue de clignoter le phare ajouté lors de la transformation que Sjöström n’eut pas le temps de voir.
Sur place
Extérieur accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’intérieur dépend des événements paroissiaux ; l’exposition estivale 2026 est annoncée du 4.06 au 30.09, lundi–vendredi 11:00–18:00, billet adulte 5 €, gratuit pour les moins de 18 ans.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel se voit de l’extérieur. Si vous souhaitez entrer, vérifiez l’accès séparément et ne fondez pas tout votre itinéraire là-dessus.
