Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Figure de marbre de Martí
- Main droite levée
- Longue redingote
- Piédestal du monument
L’histoire du lieu
Dans le dernier quart du dix-neuvième siècle, trois places ouvertes au bord ouest de la vieille Havane furent réunies en un seul parc urbain. Les hôtels, les théâtres et les cafés alentour en firent un lieu où les gens avaient suffisamment de raisons de s’attarder et de se rencontrer. À l’emplacement de la statue se trouvait auparavant une reine d’Espagne, puis elle fut remplacée par un José Martí de marbre. Il est représenté en orateur : une longue redingote, la main droite levée au-dessus du socle.
Le soir du onze mars mille neuf cent quarante-neuf, trois marins militaires américains vinrent ici pendant une permission à terre. Ils buvaient dans un café ouvert en face du Capitole de La Havane, jetaient des pièces aux enfants, puis l’un d’eux décida de grimper sur le monument. Le marin atteignit la tête de la figure de marbre et la coiffa de sa casquette de marin blanche sans visière.
Devant lui se trouvait José Martí, organisateur de la dernière guerre d’indépendance de Cuba, mort avant sa fin. En mille huit cent quatre-vingt-dix-neuf, on retira de cet emplacement la statue de la reine d’Espagne Isabelle II. El Fígaro proposa de choisir sa remplaçante et, après avoir interrogé des Cubains connus, organisa un vote parmi les habitants. Martí l’emporta. L’argent fut recueilli par souscription et, en mille neuf cent cinq, on inaugura ici le premier monument public de Cuba en son honneur. Le sculpteur José Villalta de Saavedra représenta Martí en train de parler : dans une longue redingote, la main droite levée.
À cette époque, le Parc central servait déjà de place urbaine depuis plusieurs décennies. En mille huit cent soixante-dix-sept, les autorités municipales y réunirent trois espaces ouverts, à la limite ouest de la vieille Havane. Des hôtels, des théâtres et des cafés apparurent alentour. Lorsque le marin s’assit à califourchon sur la tête de Martí, des témoins se trouvèrent immédiatement sur place.
Quelqu’un dans la foule cria que le marin avait uriné depuis le monument. C’est précisément cette version qui se répandit dans La Havane ; les photographies montrent sans contestation un homme sur la statue et la casquette sans visière sur la tête de marbre. Des bouteilles et des verres venus des établissements voisins furent lancés contre les marins. Les policiers eurent le temps de les évacuer avant que la foule ne s’en prenne à eux.
Le lendemain, environ deux cents étudiants se rassemblèrent devant l’ambassade américaine. Ils brisèrent une fenêtre et tentèrent de descendre le drapeau. L’ambassadeur des États-Unis Robert Butler vint à la statue, y déposa une couronne de dahlias jaunes et présenta publiquement ses excuses pour l’acte des marins. Les personnes rassemblées déchirèrent la couronne. Le ministre cubain des Affaires étrangères accepta les excuses, et les navires quittèrent bientôt La Havane ; les trois participants furent renvoyés sous arrestation.
La statue fut lavée à l’eau sous pression. Il ne reste aucune trace de cette soirée sur le marbre. Au pied de Martí se réunissent désormais des amateurs de baseball : leur débat à ciel ouvert est appelé le « Coin chaud ». La casquette blanche sans visière n’est plus non plus sur la tête de la statue : devant vous se trouve ce même Martí que les habitants de La Havane avaient choisi pour remplacer la reine d’Espagne.
Sur place
Ouvert en permanence, passage libre
Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le monument depuis le centre du parc, sans vous attarder près de la chaussée. C’est une étape en plein air : tout le récit est lié à la place et à la statue, et non à la visite d’un intérieur.
