Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Allée centrale de promenade
- Plaque du Paseo de Martí (Prado)
- Maison d’angle de la rue Ánimas
- Plaque de l’école Rafael María de Mendive
L’histoire du lieu
Officiellement, cette allée s’appelle Paseo de Martí (Prado), mais les Havanais disent toujours « Prado ». Elle commença en mille sept cent soixante-douze, lorsque le gouverneur espagnol Felipe de Fonsdeviela, marquis de la Torre, ordonna d’aménager un lieu de promenade au-delà du rempart de la forteresse. D’où son premier nom : Alameda de Extramuros, « allée au-delà des murs ». Plus tard, on se mit à la comparer au Prado de Madrid. Le mur fut démantelé, la ville s’étendit des deux côtés, et la bande de promenade demeura sur l’ancienne frontière entre La Vieille Havane et Centro Habana.
Le lien avec Martí commença lui aussi ici. Dans la maison située à l’angle de la rue Ánimas, alors au numéro quatre-vingt-huit du Paseo de Martí (Prado), le pédagogue et poète Rafael María de Mendive dirigeait l’école San Pablo. Mendive soutenait l’indépendance de Cuba et voulait donner à un élève doué une éducation dont celui-ci risquait d’être privé. Cet élève était José Martí, fils d’un inspecteur de police et futur organisateur de la dernière guerre pour la séparation de Cuba d’avec l’Espagne.
Mendive obtint le consentement du père du garçon et s’engagea à payer ses études jusqu’à la fin de son instruction secondaire. Martí passait ses examens avec les meilleures notes, aidait son professeur à gérer les affaires de l’école et, en mille huit cent soixante-huit, s’installa dans cette même maison : sa famille vivait loin, et il rentrait chez lui les dimanches. Pour lui, le Paseo de Martí (Prado) devint à la fois une école, un lieu de travail et un foyer.
En octobre de cette année-là, la guerre des Dix Ans pour l’indépendance commença à Cuba. Ses partisans se réunissaient dans la maison de Mendive. Après que des unités armées restées fidèles à l’Espagne eurent ouvert le feu sur des partisans de l’indépendance au Teatro Villanueva, puis tiré sur le café Le Louvre du Paseo de Martí (Prado), Mendive fut arrêté, soupçonné de liens avec les insurgés. Un tribunal militaire condamna l’enseignant à quatre ans d’exil, et l’école San Pablo fut fermée.
Martí, âgé de seize ans, rendait souvent visite à Mendive en détention. Après la fermeture de l’école, il se fit engager comme coursier : il travaillait de six heures du matin à huit heures du soir et remettait ses gains à son père. À l’automne, la police trouva une lettre qu’il avait adressée à un ancien camarade de classe, entré dans une unité de volontaires espagnols. Martí le qualifiait de renégat et l’appelait à quitter l’unité. Pour cela, le jeune homme de dix-sept ans fut condamné à six ans de travaux forcés. Dans une carrière de pierre, on lui fixa à la jambe des fers reliés par une chaîne à une ceinture. Seules les démarches de ses parents permirent de commuer les travaux forcés en exil en Espagne.
L’exil ne mit pas fin à l’éducation commencée ici. En mille huit cent quatre-vingt-douze, Martí créa le Parti révolutionnaire cubain afin d’unir les partisans dispersés de l’indépendance et de préparer une nouvelle insurrection. En mille huit cent quatre-vingt-quinze, il revint sur l’île et mourut au combat près de Dos Ríos.
En novembre mille neuf cent quatre, le conseil municipal donna à l’ancienne allée de la reine Isabelle II le nom de José Martí. Le nom courant « Prado » survécut à toutes les appellations officielles. La maison à l’angle de la rue Ánimas abrite désormais l’école primaire Rafael María de Mendive : sur la plaque de l’allée demeure le nom de l’élève, sur celle de l’école celui de l’enseignant, et des enfants étudient de nouveau dans leurs anciennes salles de classe.
Sur place
Ouvert jour et nuit, passage libre
Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Marchez sur la partie piétonne et regardez plusieurs fois de chaque côté : la différence entre la vieille Havane et la Havane plus récente se voit mieux de part et d’autre du boulevard. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les bâtiments pour cet arrêt.
