Étape 6 sur 6

Le Morro et le phare du Morro

Castillo de los Tres Reyes del Morro y Faro del Morro

Cette dernière étape reliera la défense de l’étroit chenal au phare qui marque encore l’entrée du port.

45 min
Deux anciens canons en fonte sur les bastions de pierre de la forteresse des Trois Rois Mages du Morro
Paul Mannix · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La tour de pierre du phare
  • La plaque à l’endroit de la blessure mortelle
  • La plaque au-dessus de l’entrée
  • L’étroit chenal d’entrée

L’histoire du lieu

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La tour de pierre sur le promontoire rocheux près des murs de la forteresse des Trois Rois Mages du Morro sert de phare du Morro. Avant elle se dressait ici le Morrillo, une tour de guet : les veilleurs repéraient les navires, sonnaient la cloche et envoyaient des signaux. L’actuelle tour fut construite après qu’une lanterne provisoire, dont le feu était alimenté au bois et aux chandelles, se fut révélée trop faible pour l’augmentation du trafic maritime. À l’intérieur, on installa des lentilles françaises rotatives : un mécanisme à contrepoids faisait tourner l’optique, qui concentrait la lumière en un lointain faisceau maritime.

Le trente juillet mille sept cent soixante-deux, le capitaine de la marine espagnole Luis Vicente de Velasco, qui commandait la forteresse des Trois Rois Mages du Morro et tentait de tenir l’entrée du port, ordonna de remonter ou de couper les échelles de corde près de la tour Morrillo. Les défenseurs pouvaient descendre par ces échelles jusqu’aux barques. Velasco voulait priver la garnison d’une voie de repli.

À ce moment-là, les sapeurs britanniques avaient déjà placé une mine sous le bastion côté mer. L’explosion fit s’effondrer deux portions de mur et ouvrit un passage pour l’assaut. Une partie des soldats et des marins désobéit à Velasco : ils atteignirent les échelles restées en place, descendirent jusqu’à l’eau et gagnèrent la rive opposée. Les autres se replièrent à l’intérieur de la forteresse. Velasco resta près du drapeau et tenta de rassembler les hommes aux barricades de terre, jusqu’à ce qu’une balle lui traverse la poitrine.

Les officiers britanniques ordonnèrent de transporter le blessé à La Havane et de lui procurer des médecins. Velasco mourut le lendemain. Pendant ses funérailles, les deux camps cessèrent le feu. Le roi d’Espagne Charles III accorda au frère du défunt le titre de marquis de Velasco del Morro et ordonna que le nom de Velasco soit désormais conservé parmi les noms des navires de la flotte. Dans la forteresse même, une plaque de marbre marque l’endroit de la blessure mortelle.

Une défense aussi acharnée était nécessaire en raison de la forme du port. Un navire ne peut y entrer que par un étroit chenal entre la forteresse des Trois Rois Mages du Morro et la forteresse de La Punta, sur la rive opposée. Tant que les canons du Morro pouvaient tirer dans ce passage, la flotte britannique ne pouvait pas y faire entrer ses navires en sécurité. Après la mort de Velasco, la résistance de la garnison cessa, et les assaillants obtinrent la clé du chenal.

Le nom complet du Morro est forteresse des Trois Rois Mages. Le roi d’Espagne Philippe II le fixa dès un décret royal de mille cinq cent quatre-vingt-huit. Les Rois sont ici les mages des Évangiles : dans la chapelle de la forteresse se trouvait une image d’autel représentant leur adoration de l’enfant Jésus. Les Espagnols appelaient « morro » un haut promontoire rocheux au bord de la mer. Ce mot décrit précisément le cap sur lequel les murs furent construits.

L’ordre donné par Velasco près du Morrillo relie le siège au phare. Le Morrillo était une ancienne tour de guet et de signalisation : on y surveillait la mer, on sonnait la cloche à l’apparition de navires et on émettait des signaux lumineux. La tour fut détruite pendant le siège. Deux ans plus tard, un phare provisoire fut installé à sa place, dont le feu était alimenté au bois et aux chandelles. Sa lumière était trop faible pour guider à temps les navires vers l’étroite entrée.

Au début du dix-neuvième siècle, le trafic maritime avait augmenté et l’ancienne lanterne était usée. Les capitaines des navires militaires et marchands se plaignaient de ce repère peu fiable. En mille huit cent trente-neuf, le commandant naval en chef de La Havane, Juan Bautista Topete, responsable de la sécurité de l’approche du port, exposa le problème dans un rapport officiel. Une commission le confirma : l’ancienne tour ne pouvait, sans danger, être rehaussée ni recevoir un nouvel appareil optique.

Les ingénieurs militaires la démolirent et élevèrent l’actuelle tour de pierre. Les travaux furent dirigés par l’administration coloniale, sous le capitaine général Leopoldo O'Donnell. En décembre mille huit cent quarante-quatre, des documents commémoratifs furent placés dans les fondations et une inscription portant le nom d’O'Donnell et la date fut installée. Peu après, un appareil lumineux équipé de lentilles Fresnel et d’un mécanisme de rotation arriva de France. Le représentant du fabricant, le mécanicien Antoine Frédéric Menu, accompagna le fragile équipement à travers l’Atlantique et passa plusieurs semaines à l’assembler à l’intérieur de la tour.

Le vingt-quatre juillet mille huit cent quarante-cinq, les gardiens allumèrent les lampes à l’huile de colza. Les lentilles concentraient leur lumière en un faisceau lointain, et le mécanisme à contrepoids faisait tourner l’optique de manière régulière. Les navires le distinguaient à environ dix-huit milles marins. Plus tard, les gardiens passèrent à l’acétylène et, en mille neuf cent quarante-cinq, des marins convertirent la lanterne à l’électricité : c’est ce qu’indique la plaque au-dessus de l’entrée.

Sur la tour de pierre est restée l’année du début de la construction : mille huit cent quarante-quatre. Le phare du Morro fonctionne encore : au-dessus de l’endroit où les défenseurs du Morro tentèrent de fuir par les échelles de corde, il émet deux éclats blancs toutes les quinze secondes.

Sur place

Temps sur place45 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréesur billet

Vérifiez sur place les horaires, la dernière entrée, le billet et l’accès au phare ; n’utilisez pas d’anciens tarifs de guides comme s’ils étaient actuels.

Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Même sans entrer, on voit bien la position relative de la forteresse, du phare et du passage maritime ; approchez-vous avec prudence des bords de la falaise.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade au-dessus du chenal, où la forteresse et le phare ont tour à tour gardé le passage vers la baie de La Havane.

Étape 6 sur 6Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Par la baie de La Havane jusqu’au Morro et à La Cabaña » — 6 étapes, ≈4,2 km, 3–4 heures.

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