Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Havenhuis
- Le navire de pierre au-dessus de l’entrée
- Les figures soulevant une ancre
- La date au-dessus de la porte
L’histoire du lieu
Le nom de Graslei — le « quai de l’Herbe » — ne s’est imposé que dans le dernier quart du dix-huitième siècle : l’herbe et le foin se vendaient près du Grasbrug, le pont de l’Herbe. Auparavant, les deux rives du fleuve s’appelaient Korenlei, le quai du grain, ou Tussenbruggen — « entre les ponts ».
Les règlements de la ville retiraient au marchand de céréales arrivé ici le droit de poursuivre aussitôt sa route. Selon le droit de l’entrepôt des céréales, il devait décharger au moins un quart de sa cargaison et l’offrir d’abord sur le marché local. Avant que la pomme de terre ne se répande largement, le pain et la bouillie constituaient la base de l’alimentation ; au quatorzième siècle, Gand devait nourrir plus de soixante mille habitants. Le marchand perdait du temps et la liberté de disposer d’une partie de sa marchandise, mais les habitants conservaient une réserve de céréales.
Sur le quai commençait le travail de personnes dont les fonctions se lisent aujourd’hui dans les noms des façades. Les porteurs transportaient les sacs dans l’entrepôt de pierre, le Korenstapelhuis. Un mesureur désigné contrôlait le volume de la marchandise ; juste à côté se dresse encore le Cooremetershuys. Mais l’étape la plus profitable revenait aux bateliers libres. C’est ainsi que l’on appelait les membres d’une corporation gantoise autorisés à effectuer, pour leur propre compte, des transports sur la Lys, l’Escaut et le canal de la Lieve. Les marchandises traversant Gand étaient transbordées d’un navire étranger dans leur bateau. Le batelier venu d’ailleurs perdait la rémunération du tronçon suivant, tandis que le Gantois obtenait un fret garanti.
Les bateliers avaient mérité ce privilège par un service rendu au duc de Bourgogne Philippe le Bon, souverain de la Flandre, qui cherchait à soumettre les artisans urbains révoltés. La corporation aida à réprimer le soulèvement et, en mille quatre cent trente-six, le duc confirma par écrit ses droits particuliers sur les trois voies navigables. Dès lors, toute cargaison étrangère transbordée ici sur un navire gantois procurait un revenu aux membres de la corporation.
Un siècle plus tard, ils avaient assez d’argent pour posséder leur propre maison à l’endroit même du transbordement. En mille cinq cent trente, le doyen des bateliers libres, Pauwel van de Velde, acheta une vieille maison de meuniers au Graslei quatorze et chargea le maître Christoffel van den Berghe de remplacer la façade en bois par une façade de pierre. Le doyen voulait que le bâtiment montre le rang de la corporation. Les travaux furent achevés en un an : une date fut gravée au-dessus de la porte, un navire fut placé au-dessus de l’entrée et, de part et d’autre, des personnages soulevant une ancre.
C’est aujourd’hui le Havenhuis : il abrite une organisation qui gère l’actuel port maritime. Les cargaisons ne sont plus transbordées ici d’un navire étranger dans un bateau gantois, mais au-dessus de la porte des bateliers libres reste gravé le navire qui leur procurait le paiement de la poursuite du trajet d’autrui.
Sur place
Accessible à toute heure
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les étages supérieurs depuis la rive opposée ou en vous éloignant des façades ; il n’est pas nécessaire d’entrer dans les bâtiments.
