Étape 1 sur 6

palais Medici-Riccardi

Palazzo Medici Riccardi

C’est ici que commencera la conversation sur un pouvoir qui avait besoin d’une adresse représentative, mais politiquement sûre.

30 min
Façade de pierre du palais Medici-Riccardi, avec des arcs et un appareil rustique.
Sailko · CC BY 2.5; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le bossage rustique du niveau inférieur
  • Les rangées de fenêtres en arc
  • Les dix-sept fenêtres de la longue façade
  • La cour intérieure à colonnade

L’histoire du lieu

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Le bossage rustique du niveau inférieur soutient la longue façade du palais urbain, et derrière elle se cache une cour intérieure à colonnade. Les affaires bancaires se menaient autrefois en bas, les invités étaient reçus et les fêtes organisées à l’étage supérieur, tandis que les pièces d’habitation se trouvaient encore plus haut. Clients, envoyés et domestiques entraient tous par le portail commun, mais chacun montait ensuite par son propre chemin. La façade paraît d’un seul tenant : dix fenêtres appartiennent à l’ancienne partie de la maison, sept autres furent ajoutées plus tard et reproduisirent si exactement le dessin précédent que la limite de l’agrandissement est presque invisible.

Cosimo de' Medici l'Ancien, chef de la plus grande banque florentine et homme le plus influent de la République florentine, savait déjà combien une visibilité excessive pouvait être dangereuse. En mille quatre cent trente-trois, ses rivaux obtinrent son exil. Un an plus tard, ses partisans ramenèrent Cosimo à Florence, mais la leçon demeurait : les conseils et les charges électives n’avaient pas disparu, et le citoyen le plus riche pouvait de nouveau être déclaré une menace pour la république.

Dix ans plus tard, Cosimo conçut une nouvelle maison sur la Via Cavour (ancienne Via Larga). Le terrain se trouvait près de l’ancienne habitation familiale et de l’église San Lorenzo, l’église paroissiale des Médicis. Il fallait y loger une grande famille, y installer les activités bancaires et y recevoir les personnes dont dépendaient les accords commerciaux et politiques. Une telle maison devait être représentative, mais ressembler à la résidence d’un monarque pouvait renvoyer Cosimo en exil.

Selon le récit de Giorgio Vasari, consigné plus d’un siècle plus tard, Filippo Brunelleschi, l’architecte de la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore, proposa à Cosimo un projet somptueux. Le commanditaire le refusa : le bâtiment lui sembla susceptible de susciter une dangereuse envie parmi ses concitoyens. Vasari ajoute que Brunelleschi, offensé, brisa la maquette en mille morceaux. Il n’existe aucune autre confirmation de cette scène ; il s’agit donc du témoignage d’un biographe tardif, et non d’une conversation documentée.

La commande revint à Michelozzo, architecte de longue date de Cosimo. À partir de mille quatre cent quarante-quatre, il éleva autour d’une cour intérieure un palais urbain de trois étages. Les gros blocs de pierre du bas donnaient de la solidité au premier niveau ; c’est là que se menaient les affaires bancaires. À l’étage supérieur, la famille organisait des réceptions et des fêtes, tandis qu’elle réservait les pièces les plus hautes à la vie quotidienne. Les clients de la banque, les envoyés et les domestiques passaient tous par le même portail, mais se dispersaient vers des étages différents.

Le calcul de Cosimo réussit. Les Médicis obtinrent une maison assez grande pour leurs activités et assez sobre pour un homme sans titre officiel. C’est ici que grandit son petit-fils Lorenzo de' Medici le Magnifique ; c’est ici que l’on conservait les livres de famille, les objets antiques et les œuvres d’artistes. Cependant, les descendants de Cosimo n’avaient plus besoin de prudence. En mille cinq cent trente-neuf, un autre Cosimo de' Medici, le premier duc issu de cette famille, y célébra son mariage avec Eleonora di Toledo ; l’année suivante, il transféra sa cour au Palazzo della Signoria, le bâtiment du gouvernement de la République florentine. L’ancienne maison resta aux membres plus jeunes de la famille.

En mille six cent cinquante-neuf, le grand-duc Ferdinando II de' Medici la vendit au marquis Gabriello Riccardi pour quarante mille écus, les unités monétaires toscanes de l’époque. Les Riccardi s’étaient eux aussi enrichis grâce au commerce et aux opérations bancaires, et l’achat de l’ancienne maison des Médicis consolidait leur nouvelle position parmi la noblesse. Gabriello et son neveu Francesco Riccardi commencèrent aussitôt l’agrandissement.

Francesco fit prolonger la façade le long de la Via Cavour (ancienne Via Larga). Les artisans ajoutèrent sept fenêtres aux dix des Médicis et reproduisirent exactement le dessin de Michelozzo afin que la nouvelle partie ne révèle pas sa jointure. À l’intérieur, Francesco aménagea une bibliothèque et une galerie d’apparat pour les collections familiales et les réceptions. Les dépenses consacrées au palais faisaient partie d’un mode de vie que les héritiers ne pouvaient plus financer après le déclin du commerce. Au début du dix-neuvième siècle, les créanciers vendaient les biens des Riccardi, et le palais passa au gouvernement toscan.

Aujourd’hui, on y trouve un musée, des services de Florence, la préfecture et deux bibliothèques. Le double nom indique l’ordre des propriétaires : les Médicis construisirent les dix premières fenêtres de la façade, les Riccardi ajoutèrent les sept suivantes. Les dix-sept semblent être l’œuvre d’un seul commanditaire.

Sur place

Temps sur place30 min
Point suivantéglise San Lorenzo
Entréesur billet

Lun., mar., jeu.–dim. 9:00–19:00 ; mer. — fermé. La billetterie ferme à 18:00. Le 1 janvier 2026, ouvert de 14:00 à 19:00. Le palais est fermé à Noël.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La façade peut être observée depuis la rue. La chapelle des Mages se trouve à l’intérieur du palais et peut exiger une réservation séparée ; dans ce petit espace, ne bloquez pas le passage.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Quittez la Via Cavour (ancienne Via Larga) pour la Via de' Gori et rejoignez la façade de l’église.

Étape 1 sur 6Ensuite : église San Lorenzo

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« San Lorenzo : les Médicis et l’organisation de la ville » — 6 étapes, environ 2,6 km, ≈2 h.

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