Étape 2 sur 7

Borgo San Jacopo

Borgo San Jacopo; Torre dei Belfredelli; Torre dei Ramaglianti; Torre dei Marsili

Les tours qui ont survécu et les murs neufs permettent de comprendre ce qui a été préservé et ce qui a été sacrifié lors de la reconstruction.

15 min
Borgo San Jacopo, Florence
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0 sur 7 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Anciennes maisons-tours
  • Façades d’après-guerre
  • Arc bas du Palazzo del Corno
  • Pierres portant des numéros

L’histoire du lieu

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À la fin de juillet mille neuf cent quarante-quatre, le commandement allemand ordonna aux habitants de Borgo San Jacopo et des rues voisines de quitter leurs maisons avant midi le lendemain. On donna moins d’une journée aux habitants. Beaucoup transportèrent leurs affaires dans la cour du Palazzo Pitti. Ici, le logement était souvent aussi un gagne-pain : l’inventaire de toute la zone près du pont comptait, parmi les pertes à venir, trois cent quatre-vingt-six appartements, trois cent soixante-sept boutiques et soixante et onze ateliers d’artisans.

Ugo Procacci, fonctionnaire du service florentin de protection des œuvres d’art, se glissa dans le corridor de Vasari et vit des soldats forcer les portes des maisons de Borgo San Jacopo. Il comprit que des charges étaient placées non seulement sous les ponts. Dans la nuit du trois au quatre août, des sapeurs firent exploser les constructions aux deux extrémités du Ponte Vecchio. Le pont lui-même resta debout, tandis que les amas de briques et de pierres devaient en bloquer l’accès aux troupes alliées qui avançaient depuis le sud.

Le matin, les unités britanniques entrèrent dans l’Oltrarno. Les unités allemandes s’étaient déjà retirées sur l’autre rive. L’obstacle militaire ne retarda les assaillants que peu de temps ; pour les habitants, il se traduisit par des maisons et des ateliers détruits. Dans toute la zone près du pont, cent vingt-trois bâtiments disparurent. Sur Borgo San Jacopo, le tronçon le plus proche du pont fut particulièrement touché.

Avant l’explosion, c’était un ancien faubourg à l’intérieur d’une Florence depuis longtemps étendue. Le mot « borgo » désignait autrefois ici un établissement situé au-delà de la muraille du haut Moyen Âge. Il s’était formé près de l’église San Jacopo sopr'Arno, dédiée à saint Jacques le Majeur au-dessus de l’Arno. Jacopo est la forme florentine du nom de l’apôtre saint Jacques le Majeur, patron des pèlerins. L’église donna son nom à l’établissement, puis à la rue.

Trois semaines après les explosions, une commission municipale commença à déblayer les gravats. L’architecte Giovanni Michelucci en faisait partie : il devait décider de ce qui pouvait être sauvé et de ce que devait devenir le quartier détruit. Les façades effondrées révélèrent des pièces auparavant invisibles depuis les quais : étroites, sombres, presque sans lumière. Michelucci estima qu’une reproduction exacte des anciennes maisons ramènerait, avec leur belle enveloppe, ces logements eux-mêmes.

Il dessina pour Borgo San Jacopo des maisons-tours séparées par des ouvertures. À travers elles, on aurait dû voir le fleuve et les collines ; des escaliers, des galeries et des terrasses auraient relié la rue à l’Arno. Michelucci travailla sur cette idée avec de jeunes architectes florentins, bien qu’il n’ait pas lui-même participé au concours lancé par la mairie. Ses élèves intégrèrent une partie de ses idées à leurs projets.

Vingt-deux propositions furent soumises au concours. La commission ne choisit pas un seul vainqueur : elle retint cinq projets et chargea dix-huit architectes de les réunir. La première version commune conservait ici des logements, des ateliers d’artisans et des commerces, limitait la hauteur des nouvelles maisons, interdisait d’imiter les styles anciens et prévoyait des terrasses et des passages publics le long de l’Arno.

La construction commença ensuite. Il fallait rapidement combler le manque de logements et tenir compte des exigences des propriétaires des parcelles détruites. Les volumes des maisons augmentèrent, les passages publics diminuèrent. Le plan d’aménagement définitif entre Borgo San Jacopo et le fleuve ne fut approuvé qu’en mille neuf cent cinquante-neuf. Les galeries de Michelucci restèrent sur le papier, aucune terrasse de promenade continue au-dessus de l’Arno ne vit le jour, et l’ancien mélange de logements bon marché et d’ateliers céda la place à des bureaux, des banques et des appartements chers.

Les architectes dissimulèrent les façades les plus modernes du côté du fleuve. Dans la rue, ils reprirent les anciennes hauteurs, les arcs, les parements de pierre et le rythme irrégulier du bâti médiéval. Les anciennes tours furent conservées parmi les maisons neuves ; ainsi, les maçonneries survivantes et les murs d’après-guerre se côtoient étroitement.

Devant le Palazzo del Corno, au numéro onze, des pierres isolées portant des numéros sont visibles dans un arc bas. Nello Bemporad, architecte du service national de protection des monuments, ordonna de les conserver lors du déblaiement des gravats afin de les remettre à leur place. Le palais lui-même fut reconstruit après l’explosion dans des formes modernes ; les blocs numérotés montrent quelle partie de l’ancien Borgo San Jacopo fut réellement reconstituée à partir des décombres.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantPalazzo di Bianca Cappello
Entréede l’extérieur

La rue est ouverte toute la journée ; les tours se regardent depuis l’extérieur.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La rue est étroite et habitée ; pour vous arrêter, choisissez un élargissement sans bloquer les entrées ni le passage.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Continuez dans la rue en vous éloignant de l’Arno et tournez via Maggio vers la façade peinte.

Étape 2 sur 7Ensuite : Palazzo di Bianca Cappello

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Oltrarno : pont, palais et places monastiques » — 7 étapes, environ 2 km après le réaménagement du tracé de l’itinéraire, 2–2,5 h.

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