Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portail en pierre
- Blason au chapeau
- Ornement noir et blanc
- Blason des Médicis
L’histoire du lieu
Sur la via Maggio, non loin du Palazzo Pitti, se trouve une maison qui avait autrefois appartenu aux Corbinelli. Le portail en pierre et la rangée inférieure de fenêtres apparurent lors de la transformation que l’architecte de cour Bernardo Buontalenti mena de mille cinq cent soixante-treize à mille cinq cent soixante-dix-huit. Plus tard, la maison privée fut donnée à l’hôpital Santa Maria Nuova, et la façade conserva les traces de ses anciens propriétaires.
Au-dessus du portail est sculpté un blason avec un chapeau. C’est une arme parlante de la famille Cappello : en italien, leur nom signifie « chapeau ». Plus haut, parmi l’ornement noir et blanc, se trouve le blason des Médicis. Les deux familles se sont retrouvées sur une même façade à la faveur d’un accord qui convenait à trois personnes.
En mille cinq cent soixante-trois, Bianca Cappello, une patricienne vénitienne de quinze ans, s’enfuit à Florence pour épouser Pietro Bonaventuri. Il était florentin et travaillait dans la succursale vénitienne de la banque Salviati. Le père de Bianca exigea le retour de sa fille, et les autorités vénitiennes intervinrent dans l’affaire. Pietro vivait de son salaire, tandis que Bianca avait perdu le soutien de sa famille ; le mariage dut être conclu dès leur arrivée.
Le couple fut protégé par François Ier de Médicis, fils du dirigeant toscan, qui gouvernait le pays au nom de son père. Il cherchait à se rapprocher de Bianca et devint bientôt son amant. François était marié. Pietro ne rompit pas cette liaison : la protection des Médicis lui procura une place à la cour et augmenta sensiblement ses revenus. Le dictionnaire biographique Treccani évoque explicitement l’accord du mari.
En mille cinq cent soixante-six, Pietro acheta sur la via Maggio une ancienne maison de la famille Corbinelli. L’emplacement permettait de garder Bianca près du Palazzo Pitti, mais hors de la résidence officielle. Dans les documents, son mari restait le propriétaire ; par son argent et ses relations à la cour, François soutenait la famille ; et c’est ici que vivait la femme pour laquelle tout cela avait été arrangé.
En mille cinq cent soixante-douze, Pietro fut tué dans la rue voisine. On ne sait pas avec certitude qui avait commandité le meurtre. François fut soupçonné d’y avoir participé dès cette époque, mais cette participation ne fut jamais établie comme un fait prouvé. Devenue veuve, Bianca fit appel, avec le soutien financier de François, à l’architecte de cour Bernardo Buontalenti pour agrandir et transformer la maison. Les travaux durèrent de mille cinq cent soixante-treize à mille cinq cent soixante-dix-huit : l’ancienne demeure des Corbinelli reçut son portail actuel et ses fenêtres basses. Le registre de l’architecture civile de Florence relie précisément cette transformation à son veuvage et à l’argent de François.
Lorsque la femme de François mourut, il épousa secrètement Bianca. À l’automne mille cinq cent soixante-dix-neuf, le mariage fut annoncé solennellement, et l’ancienne fugitive devint grande-duchesse de Toscane. Cinq ans plus tard, elle donna cette maison à l’hôpital Santa Maria Nuova.
Sur la façade sont restés son chapeau, le lion de saint Marc, symbole de l’origine vénitienne des Cappello, et l’écu des Médicis. La maison a depuis longtemps quitté la propriété de Bianca, mais elle a conservé son nom et la distance qui la sépare du Palazzo Pitti, à laquelle François avait logé sa maîtresse mariée.
Sur place
Observation de la façade depuis la rue ; le bâtiment est utilisé à titre privé et comme résidence, il n’y a pas d’entrée libre au musée.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il s’agit avant tout d’un arrêt consacré à la façade : ne comptez pas visiter librement les espaces intérieurs.
