Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arche décorée de gauche
- Deux passages directs
- Les tours au-dessus de la porte
- La principale rue commerçante
L’histoire du lieu
Bab Semmarine signifie « les Portes des maréchaux-ferrants ». Les Semmarine étaient la corporation des forgerons qui forgeaient des fers et les clouaient aux sabots des chevaux et des mulets. Leurs ateliers se trouvaient près du passage : la principale rue commerçante de Fès el-Jdid commençait ici, et des animaux montés et de bât passaient par la porte.
Le sultan Abou Youssef Yacoub ordonna la construction de Fès el-Jdid en mille deux cent soixante-seize, comme ville palatiale distincte. Bab Semmarine en devint l’entrée méridionale. Plus tard, le Mellah apparut au sud, et la porte se trouva à l’intérieur de la ligne commune des fortifications, à la frontière entre le quartier et la ville du sultan.
À l’été mille six cent soixante-six, ce passage fut nécessaire à Moulay ar-Rachid, prétendant au titre de sultan. Fès était alors divisée entre rivaux. Le gouverneur militaire ad-Duraïdi se proclama sultan, tenait Fès el-Jdid et voulait conserver la ville palatiale. Ar-Rachid avait besoin de la reconnaissance des habitants et des savants de Fès : sans elle, ses conquêtes dans l’est du pays ne faisaient pas encore de lui un souverain universellement reconnu.
Plusieurs tentatives pour prendre Fès par un assaut ouvert échouèrent. Ar-Rachid conclut alors un accord avec les habitants du Mellah. Ad-Duraïdi imposait de lourdes taxes à la communauté juive de Fès, et ses hommes prenaient des marchandises aux marchands juifs. Ar-Rachid promit la paix et l’exemption de la capitation s’ils lui ouvraient la route à travers le quartier.
Le jour convenu, ses guerriers détournèrent l’attention des défenseurs près des murailles, et les portes s’ouvrirent du côté du Mellah. Ar-Rachid prit Fès el-Jdid, et ad-Duraïdi s’enfuit. Une chronique juive de Fès répartit les événements sur deux nuits : le prétendant passa d’abord la nuit dans le Mellah, puis, le matin suivant, ce fut précisément Bab Semmarine qu’on ouvrit devant lui. La même chronique affirme qu’ad-Duraïdi fut capturé et crucifié près de la porte, et que l’on ordonna aux habitants de venir voir l’exécution. Dans une autre chronique marocaine, l’adversaire parvint à s’échapper ; cette issue reste donc disputée.
La défaite d’ad-Duraïdi ne fait aucun doute. Après Fès el-Jdid, le vieux Fès se rendit ; les habitants et les savants prêtèrent serment à ar-Rachid comme sultan. Il devint le premier sultan de la dynastie alaouite.
Le passage qu’on ouvrit devant lui avait alors un autre aspect. Sous les tours, la route tournait plusieurs fois à angle droit afin que les cavaliers ne puissent y entrer au galop. Au vingtième siècle, les murs intérieurs furent percés pour les autobus et deux passages directs furent aménagés. Du côté du Mellah, l’ancienne entrée est l’arche décorée de gauche ; au possible lieu de l’exécution d’ad-Duraïdi, il n’y a ni plaque ni inscription.
Sur place
Passage urbain ouvert sans billetterie ; soyez attentif aux transports et à l’intense flux de piétons. Vérifié à partir de sources ouvertes le 2026-06-29.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez la porte depuis le côté sûr du passage : piétons, commerce et transports s’y mêlent, ne vous attardez donc pas sur la trajectoire de circulation pour prendre une photo.
