Étape 7 sur 7

Place Seffarine

ساحة الصفارين

La fin montrera comment une forme importée a donné aux artisans de Fès un nouveau produit et un nouveau nom de corporation.

15 min
Place Seffarine
R Prazeres · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Grands chaudrons en cuivre
  • Récipients en cuivre devant les ateliers
  • Ateliers ouverts
  • Motifs ciselés sur les ustensiles

L’histoire du lieu

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Devant les portes ouvertes des ateliers se trouvent de grands chaudrons en cuivre ; les Nhaissia, artisans du cuivre rouge, réparent désormais plus souvent des ustensiles usés qu'ils ne martèlent de la vaisselle neuve. Ces chaudrons sont loués le temps des grandes fêtes familiales. Le nom de Seffarine vient des Seffara, qui travaillaient le laiton et fabriquaient des portes, des luminaires, des cruches et des plateaux. Leurs règles corporatives rattachaient les ateliers à ce quartier et en limitaient le nombre ; aussi la fabrication et la vente d'ustensiles en cuivre ne quittèrent-elles pas la place pendant longtemps.

Au début du vingtième siècle, les artisans du cuivre de cette place commencèrent à refondre de vieux objets de bonne qualité pour fabriquer une vaisselle d'un nouveau type. Sinon, ils risquaient de se retrouver sans commandes.

Autrefois, deux associations corporatives coexistaient sur la place Seffarine. Les Seffara travaillaient le métal jaune, le laiton : ils fabriquaient des portes, des luminaires, des plateaux et des cruches. Les Nhaissia, artisans du cuivre rouge, fabriquaient des chaudrons, des seaux et des ustensiles de cuisine. La place doit son nom aux Seffara. Les règles corporatives rattachaient les artisans à leur quartier, limitaient le nombre d'ateliers et freinaient les innovations. C'est ainsi que la fabrication et la vente d'ustensiles en cuivre se fixèrent précisément ici.

Puis les industriels anglais commencèrent à détourner les clients des artisans de Fès. Depuis Manchester, on importait au Maroc des théières, des plateaux et d'autres ustensiles métalliques. Les fournisseurs y apposaient parfois des marques arabes afin que l'origine étrangère ne saute pas aux yeux. Au début, les services anglais étaient utilisés par les familles aisées, puis le thé entra dans la vie quotidienne. La demande augmentait, mais l'argent allait à ceux qui importaient les ustensiles finis.

Vers mille neuf cent dix, une partie des artisans de la place Seffarine rompit avec l'ancien ordre. Ils commencèrent à copier les accessoires européens pour le thé, à les adapter aux habitudes locales et créèrent une nouvelle association : les Souaynia, c'est-à-dire les fabricants de plateaux. Même de vieux objets de bonne qualité finirent dans les creusets : le métal était nécessaire pour le produit que l'on achetait désormais. Les Souaynia se séparèrent rapidement des anciennes corporations et ouvrirent des ateliers dans toute la médina.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les livraisons depuis l'Europe diminuèrent, et les artisans de Fès occupèrent le marché laissé vacant. En mille neuf cent quarante-six, l'un d'eux apporta à Fès un tour mécanique qu'il avait vu chez un Italien à Tunis. Les artisans de l'entreprise Et-Taj se mirent à reproduire en série les théières de l'entreprise Wright, de Manchester. Le corps et la forme restaient anglais, tandis que les artisans de Fès continuaient à réaliser le motif à la main, au burin et au ciselet. Ainsi, un objet d'origine étrangère devint une théière marocaine familière et donna du travail à une nouvelle corporation.

Les Souaynia supplantèrent peu à peu jusqu'à l'ancien nom professionnel de Seffara. Il subsiste dans le nom de la place, bien que les artisans ne soient presque plus appelés ainsi. Sur la place Seffarine même, il reste surtout les Nhaissia, artisans du cuivre rouge : beaucoup ne fabriquent plus d'ustensiles à partir de rien, mais réparent de vieux récipients en cuivre. Les grands chaudrons devant les ateliers sont toujours loués pour les fêtes familiales très fréquentées. Dans le nom de la place demeurent les artisans du métal jaune ; contre ses murs, les chaudrons des artisans du cuivre rouge.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeaccès libre

Place ouverte ; pour le récit artisanal, venez pendant les heures de travail en journée, mais ne promettez ni du bruit ni des ateliers ouverts comme garantis.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Restez en dehors de la zone de travail, préparez-vous à un bruit strident et demandez la permission avant de photographier les artisans.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade devant les ateliers : le chemin depuis les nouvelles portes s'achèvera sur l'ancien nom d'une corporation qui a presque disparu.

Étape 7 sur 7Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Comment Fès el-Bali a changé » — 7 étapes, 1,7 km, 2,5–3 heures.

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