Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Grande arche centrale
- Zellige géométrique bleu
- Zellige vert de la façade intérieure
- Ancienne entrée murée à gauche
L’histoire du lieu
Selon l’explication la plus répandue, le nom de Boujloud vient de l’ancien nom du lieu, lié à la garnison : des troupes se rassemblaient sur la place près du mur, des soldats dormaient le long des fortifications, et une grande écurie se trouvait au milieu. Plus tard, des caravanes et des commerçants les remplacèrent, mais le nom militaire resta attaché à la place, au quartier et aux portes. La façade extérieure est composée d’un revêtement géométrique bleu, tandis que le motif devient vert du côté intérieur du mur. L’ouverture fermée à gauche conserve encore l’ancienne manière d’entrer, en tournant le long du mur.
En décembre mille neuf cent douze, le capitaine Mellier, chef des services municipaux de Fès, présenta au conseil municipal de Fès un nouvel itinéraire entre Fès el-Jdid, le Nouveau Fès, et Fès el-Bali, le Vieux Fès. La route devait aboutir au mur précisément ici, et il fallait y ouvrir un large passage rectiligne. Cette décision donna les trois portes actuelles, avec leur grande arche centrale.
Avant Mellier, on entrait dans la médina par une ouverture voisine. Elle subsiste à gauche de la façade bleue, mais elle est désormais fermée. Les anciennes portes remontent probablement au douzième siècle. À l’intérieur, le passage tournait le long du mur et débouchait latéralement sur Talaa Kebira. Ce coude empêchait les assaillants de pénétrer dans la ville avec leur élan et permettait aux gardes de contrôler les arrivants. Mellier voulait l’inverse : faire passer les gens tout droit et donner à la nouvelle route un aboutissement monumental.
Tracer une ligne droite se révéla plus facile que libérer le terrain nécessaire. À l’emplacement du futur passage se trouvaient une écurie et trois boutiques. La ville acheta l’écurie pour mille huit cents douros. Les boutiques posaient davantage de difficultés : elles appartenaient au habous, un fonds religieux et caritatif qui vivait des revenus de ses biens immobiliers. Ses administrateurs n’acceptaient de perdre ces locaux qu’à condition de recevoir d’autres boutiques dans le même quartier. Après négociation, le conseil remplit cette condition.
Le sept février mille neuf cent treize, les constructeurs donnèrent le premier coup de pioche. Mellier affecta trente-cinq mille pesetas hassani aux travaux et expliqua simplement cette dépense : les portes devaient être à la hauteur de Fès et de son conseil municipal. Le devis ne suffit pas : il fallut encore dix mille pesetas. Trois arches en fer à cheval, un passage rectiligne et des façades composées de formes familières aux artisans de Fès apparurent dans le mur. Pour la foire municipale de mille neuf cent seize, elles furent couvertes de zellige géométrique : le bleu domine du côté de la place, le vert du côté de la médina.
Au début, le nouvel édifice fut appelé les portes du conseil municipal, les Nouvelles portes de Boujloud et même les portes françaises. C’est l’ancien nom local qui s’imposa. Selon l’explication la plus répandue, « Boujloud » est une déformation, dans la langue parlée, de « Bou Jnoud », expression liée aux soldats et à la garnison. On rassemblait des troupes sur la grande place à l’ouest du mur. Le long des fortifications se trouvaient de petites pièces où les soldats de passage dormaient, et une grande écurie occupait le milieu de la place. Plus tard, des caravanes et des commerçants les remplacèrent, mais le nom militaire demeura attaché à la place, au quartier et aux nouvelles portes.
L’entrée directe modifia aussi la géographie du commerce. L’ancien coude dirigeait les gens vers Talaa Kebira ; la nouvelle ouverture fit arriver le flux plus près de l’embranchement des deux principales descentes. Les acheteurs passèrent par Talaa Seghira, suivis d’une partie des commerçants. Le tracé du capitaine eut donc des effets non seulement sur le mur : certaines boutiques furent démolies, le habous en reçut d’autres en échange, et les propriétaires des nouvelles boutiques se retrouvèrent près de l’entrée principale.
Aujourd’hui, le principal accès occidental à Fès el-Bali passe par les trois arches, tandis que la circulation automobile s’arrête généralement à la limite de la médina. À gauche subsiste l’entrée médiévale murée, où l’on tournait autrefois le long du mur. Sous l’arche centrale, la route va tout droit, là où se trouvaient, avant les négociations de Mellier, une écurie et trois boutiques de rapport.
Sur place
Les portes de rue et le point extérieur sont accessibles sans billet ; pour observer la façade, préférez le matin ou la fin de journée, mais le passage reste praticable à toute heure.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les portes depuis le côté, à l’écart du flux principal, et ne vous attardez pas à l’intérieur des passages.
