Étape 8 sur 8

Le vieux quartier juif et Bayt Dakira

بيت الذاكرة

L’étape finale reliera l’histoire du port marchand à la mémoire d’une famille et d’une communauté partie.

30 min
Cour intérieure de Bayt Dakira avec des galeries en bois.
Nassima Chahboun · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Grandes fenêtres en arc
  • Galerie pour les femmes
  • Armoire en noyer sculpté pour la Torah
  • Lampes commémoratives

L’histoire du lieu

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Bayt Dakira occupe l’ancien palais de négociants juifs dans la kasbah, où vivaient des familles liées au commerce portuaire. Le rez-de-chaussée rapportait des revenus grâce aux boutiques ; un étage plus haut se trouvaient une haute salle de prière avec une galerie pour les femmes, et les pièces supérieures étaient occupées par le tribunal communautaire, qui examinait les différends des négociants et les conflits familiaux. Les grandes fenêtres terminées en arc sont restées un signe distinctif de la salle de prière. Plus au nord commençait le Mellah, où s’installaient artisans, petits commerçants et colporteurs ; lorsqu’il devint trop exigu, les propriétaires ajoutaient des étages aux maisons.

Mima Attia partit de Mogador pour l’Angleterre afin d’y chercher des artisans et des meubles pour la synagogue qu’elle décida de nommer d’après son mari. Simon Attia, riche négociant local, voyageait beaucoup pour ses affaires. Il ne revint pas de l’un de ses voyages. La famille ignora longtemps ce qui lui était arrivé ; on apprit plus tard que Simon était mort en Libéria. Son corps fut transporté par mer à Londres et y fut enterré.

Mima voulait laisser le nom de son mari dans la ville où se trouvaient leur maison et leur commerce. En mille huit cent quatre-vingt-douze, elle commença à aménager une synagogue dans le palais familial. En Angleterre, elle commanda une armoire sculptée en noyer massif pour les rouleaux de la Torah, du mobilier en bois et des lampes en argent. La maison de prière fut appelée Slat Attia, la synagogue Attia.

Le bâtiment réunissait presque toute la vie d’une riche famille juive de Mogador. Des boutiques fonctionnaient au rez-de-chaussée. Plus haut se trouvaient une haute salle de prière, de grandes fenêtres en arc et une galerie pour les femmes. Dans les pièces supérieures siégeait le tribunal juif : on y examinait les litiges commerciaux et les affaires familiales. Un négociant pouvait tenir ses comptes en bas, prier un étage plus haut et chercher là même la résolution d’un différend selon le droit religieux.

Le palais Attia se trouvait dans la kasbah, où vivaient les riches négociants juifs liés au commerce portuaire. La plupart des artisans juifs, des petits commerçants et des colporteurs s’installaient plus au nord, dans le Mellah, le quartier qui leur était réservé. En mille huit cent quatre-vingt-dix, plus de six mille personnes s’y entassaient dans cent cinquante-six maisons. En quelques décennies, la population avait doublé, les limites du quartier avaient à peine changé, et les propriétaires ajoutaient de nouveaux étages.

Moïse Lugassi, natif de Mogador, commerçant ayant grandi en Angleterre, revint en ville et décida d’obtenir l’agrandissement du Mellah. Il organisa les habitants, les aida à déposer auprès des fonctionnaires municipaux une pétition accompagnée du sacrifice d’un taureau et d’un mouton, et envoya une délégation à Marrakech. Le sultan envoya un ingénieur dresser le plan de nouvelles maisons. Lugassi se heurta toutefois à la résistance de riches propriétaires et de dirigeants de la communauté. Il créa pour les habitants du Mellah une section distincte de l’Anglo-Jewish Association de Londres, puis, sous la pression, accepta de la réunir à la section des négociants de la kasbah et quitta son poste. Le projet d’agrandissement ne fut jamais réalisé. Les parcelles étroites et les maisons à plusieurs étages de l’ancien Mellah restèrent la conséquence de cet échec.

Au vingtième siècle, les familles juives quittèrent Essaouira, les fidèles se firent de moins en moins nombreux et Slat Attia ferma. Depuis les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, le bâtiment conservait encore le bois sculpté et les lampes commémoratives, mais il n’y avait déjà plus de communauté permanente ici.

En deux mille quinze, l’Association Essaouira-Mogador, fondée par le natif de la ville et conseiller royal André Azoulay, commença la restauration. Quatre ans plus tard, l’ancien palais fut transformé en Bayt Dakira, la « Maison de la mémoire ». Autour de la synagogue restaurée se trouvent désormais des documents familiaux, des photographies, des objets rituels et un centre de recherche consacré à l’histoire des juifs marocains et à leurs relations avec les musulmans.

Simon Attia est enterré à Londres. À Essaouira, son nom est resté sur la salle de prière commandée par Mima et sur l’armoire en noyer sculpté pour la Torah, à l’intérieur de l’actuel Bayt Dakira.

Sur place

Temps sur place30 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeextérieur ; entrée après vérification à la porte

Les horaires officiels permanents et le tarif ne sont pas confirmés au 24.06.2026 ; vérifiez à l’entrée. Une restriction d’accès le samedi est possible, niveau de confiance faible.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Vérifiez la possibilité d’entrer et respectez les règles de l’espace culturel en activité. En cas de fermeture, terminez le récit depuis l’extérieur, sans déranger les maisons voisines.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade devant la salle de prière restaurée, où l’histoire portuaire de Mogador deviendra une histoire familiale.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Mogador : port, remparts et médina » — 8 étapes, 2,4 km, 3 h 30 min.

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