Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Ruelles étroites
- Maisons à plusieurs étages
- Parcelles d’anciens cimetières au milieu des constructions
L’histoire du lieu
Le quartier près de l’ancien cours de la Yamuna s’est formé autour du dargah, un sanctuaire édifié au-dessus de la tombe d’un saint soufi. Avant lui, il y avait ici le village de Ghiyaspur avec une khanqah : sous un même toit vivaient la famille du maître et ses disciples, qui priaient, étudiaient et accueillaient des voyageurs. Des gardiens et des personnes au service des pèlerins s’établirent près du sanctuaire, et le nom de l’ancien village céda peu à peu la place au nom de cet établissement. Les ruelles étroites, les maisons à plusieurs étages et les parcelles de cimetières au milieu des constructions que l’on voit aujourd’hui apparurent principalement lorsque, après la partition de l’Inde britannique, les familles musulmanes restées à Delhi occupèrent les terrains libres et surélevèrent leurs logements.
En mille trois cent treize, on fit parvenir à Nizamuddin Auliya, un maître soufi qui recevait ici des disciples et nourrissait les personnes dans le besoin, un acte de donation portant sur deux jardins et une grande parcelle de terre. Avec la terre, on proposait tout ce qui était nécessaire à son exploitation. Un tel don assurait un revenu permanent. Nizamuddin rendit l’acte de donation.
Environ trente ans auparavant, il s’était installé à Ghiyaspur, un village situé près du cours que suivait alors la Yamuna, loin du Delhi sultanien animé. Une telle périphérie convenait à un homme qui évitait le service à la cour et les concessions de terres. Ici, Nizamuddin établit une khanqah : une maison où le maître soufi vivait avec sa famille et ses disciples, priait, enseignait et accueillait des hôtes.
La maison se composait de petites pièces et d’une salle commune. Nizamuddin lui-même vivait dans une cellule exiguë sur le toit. On acceptait les dons, mais l’argent et les vivres reçus devaient être distribués avant la fin de la journée. On ne gardait aucune réserve pour le lendemain. C’est grâce à ces dons que fonctionnait le langar, une cuisine collective gratuite.
Refuser la terre était un véritable risque : le repas suivant dépendait de la question de savoir si quelqu’un apporterait de l’argent ou du grain. Nizamuddin connaissait cette incertitude depuis son enfance. Après la mort de son père, sa famille s’était retrouvée presque sans ressources, et il connaissait la faim. Il accepta de vivre sans revenu garanti, mais ni un souverain ni un propriétaire terrien ne pouvait alors décider qui nourrir et qui laisser entrer dans la khanqah.
Des marchands, des soldats, des esclaves, des poètes de cour, des voyageurs et des mendiants venaient ici. Ils mangeaient dans une même maison et s’adressaient au même maître. Lorsque les habitants des environs eurent peur d’une nouvelle attaque mongole, ils se réfugièrent derrière l’enceinte de la khanqah. La maison, créée grâce à des dons volontaires, leur servit de refuge au sens littéral.
Après la mort de Nizamuddin, en mille trois cent vingt-cinq, ses disciples l’enterrèrent tout près. Au-dessus de sa tombe apparut un dargah, le sanctuaire d’un saint soufi. D’abord, des familles de gardiens vécurent près de lui, puis des personnes au service des pèlerins s’y installèrent. Ghiyaspur fut de plus en plus souvent appelé du nom de l’homme vers qui l’on venait ici. Le mot « basti » signifie « établissement », et « Auliya » est un titre honorifique de saint. Nizamuddin Basti signifie littéralement l’établissement de Nizamuddin.
Le quartier médiéval resta longtemps petit. L’exiguïté actuelle est apparue principalement après la partition de l’Inde britannique en mille neuf cent quarante-sept. Des familles musulmanes qui avaient décidé de rester à Delhi quittaient des quartiers gagnés par les violences intercommunautaires et cherchaient un lieu sûr. Beaucoup choisirent les terres autour du dargah : le souvenir de l’ancienne khanqah en fit de nouveau un refuge. Des résidents temporaires construisirent des maisons permanentes sur des parcelles libres au milieu des cimetières ; plus tard, on y ajouta des étages supplémentaires.
Au dargah, on distribue encore aujourd’hui gratuitement de la nourriture chaque jour. Les jardins que Nizamuddin avait refusés n’apparurent jamais auprès de la khanqah. En revanche, les hôtes que l’on y nourrissait et abritait donnèrent avec le temps un nouveau nom au vieux Ghiyaspur.
Sur place
Le quartier est ouvert jour et nuit ; il vaut mieux le visiter de jour ou en début de soirée.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne bloquez pas les passages étroits et écartez-vous lorsque vous souhaitez vous arrêter. Près de l’eau et des lieux religieux, respectez les restrictions locales d’accès et de prise de vues.
