Étape 3 sur 8

Le versant de Sacsayhuamán

La montée donnera la mesure du travail des gens qui déplaçaient la pierre et dépendaient de l’effort commun.

20 min
Route menant aux murs de Sacsayhuamán
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Route Don Bosco
  • Versant abrupt
  • Blocs au-dessus de la route

L’histoire du lieu

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L’actuelle route Don Bosco a commencé à être aménagée en mille neuf cent vingt-sept, alors que l’on construisait le bâtiment de l’école salésienne sur le versant sud. Il importe de le préciser d’emblée : rien ne prouve que les bâtisseurs incas aient tiré les blocs vers Sacsayhuamán par ce tracé. L’ancien chemin pouvait passer ailleurs. Toutefois, tout itinéraire vers l’esplanade supérieure exigeait la même chose des hommes : faire passer une lourde pierre par des montées et des descentes abruptes.

Au quinzième siècle, Pachacútec, souverain et réorganisateur de Cuzco, ordonna d’ériger sur la colline la Maison du Soleil du Haut-Cuzco. Le chroniqueur Pedro de Cieza de León écrit que l’édifice devait surpasser Coricancha, le principal temple du Soleil en contrebas, dans la ville. Pour cela, vingt mille travailleurs furent appelés depuis les provinces désignées, et leurs communautés furent tenues d’envoyer des vivres.

Pedro de Cieza de León monta deux fois à Sacsayhuamán et interrogea des personnes qui se souvenaient encore de l’organisation de ce chantier. Quatre mille travailleurs extrayaient la pierre. Six mille transportaient les blocs sur de grandes cordes de cuir et de solide fibre d’agave. Les autres taillaient la base dans le roc, creusaient des tranchées et préparaient le bois. Ils travaillaient par équipes : lorsqu’un homme tombait malade, on le renvoyait chez lui et un autre arrivait à sa place. Chaque communauté vivait séparément dans son propre camp près du chantier ; Pedro de Cieza de León voyait encore les murs de ces installations.

Garcilaso de la Vega nomme Calla Cunchuy dernier maître d’œuvre. Cet homme dirigeait la mise en place des pierres et voulait que son nom demeure après l’achèvement des travaux. Selon Garcilaso de la Vega, le maître donna son propre nom à un énorme bloc destiné à l’un des nouveaux ouvrages du sommet.

C’est alors que commence une tradition que Garcilaso de la Vega, chroniqueur né à Cuzco, consigna d’après les spécialistes incas du passé. Ils racontaient que plus de vingt mille personnes tiraient un bloc. La moitié tenait les cordes de devant, l’autre freinait la pierre par derrière pour l’empêcher de rouler vers le bas. Sur l’un des versants, les rangs arrière tirèrent sans coordination. Les gens de devant continuèrent d’avancer, mais ceux qui retenaient le bloc ne purent en supporter le poids. La pierre se détacha.

Garcilaso de la Vega porte à trois ou quatre mille le nombre des morts. Ce nombre relève de la tradition orale, et non d’un décompte vérifié. Il ne nomma pas non plus le versant lui-même ; attribuer la catastrophe à ce virage précis de la route serait donc une invention. Ce qui paraît le plus digne de foi dans le récit est le dispositif de traction : certains hommes déplaçaient le bloc, d’autres luttaient sans cesse contre son recul, et le sort des deux groupes dépendait d’un effort simultané.

Après la mort de leurs compagnons, les survivants relevèrent de nouveau la pierre et l’amenèrent jusqu’à une esplanade plane. Ils ne l’installèrent jamais dans l’ouvrage auquel elle était destinée. Les travailleurs appelèrent le bloc Saycusca — la Fatiguée. Selon la tradition, les trous de sa partie supérieure devinrent ses yeux, et les traînées rougeâtres, des larmes de sang. Garcilaso de la Vega séparait cette image du fait : l’eau était colorée par la terre rouge locale. Il expliquait aussi le nom lui-même : les gens avaient attribué à la pierre ce qui leur était arrivé ; ils étaient fatigués, ils avaient versé du sang, ils n’avaient pas mené le travail à son terme.

Pedro de Cieza de León vit un immense bloc travaillé près de Sacsayhuamán, quelques décennies seulement après la conquête. Il en fit le tour et compta environ deux cent soixante-dix de ses propres empans de circonférence. Aujourd’hui, on associe généralement la pierre Fatiguée à Ccollaconcho, près de Chincana Grande, au nord des murs principaux, bien que les chercheurs en discutent : ce bloc pourrait avoir toujours été un affleurement rocheux.

Au-dessus de la route moderne se dressent les blocs que les équipes de construction ont acheminés jusqu’à la maçonnerie. Saycusca est restée hors du mur, et le nom de Calla Cunchuy demeure dans le récit de la pierre destinée à préserver la mémoire du maître et qui a gardé mémoire de ceux qui tenaient les cordes arrière.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantSacsayhuamán
Entréeà l’extérieur jusqu’à l’entrée ; ensuite Boleto Turistico Circuito I
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Espace urbain ouvert ; allez-y de jour, ménagez votre souffle dans la montée et n’encombrez pas les passages étroits.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Montez à votre propre rythme et faites des pauses avant l’apparition d’un essoufflement marqué. Ne cherchez pas d’entrées vers de supposés passages souterrains et ne traversez pas les zones fermées.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Continuez vers le haut jusqu’aux murs en zigzag.

Étape 3 sur 8Ensuite : Sacsayhuamán

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Au-dessus de Cuzco : Sacsayhuamán, Suchuna et Q'enqo » — 8 étapes, environ 4,7 km, environ 3–4 heures.

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