Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le rang inférieur de blocs polygonaux
- Les étages enduits de plâtre du palais archiépiscopal de Cuzco
- Le mur inca le long de la rue Hatun Rumiyoc
- L’entrée du Musée d’Art religieux de Cuzco
L’histoire du lieu
Sous les étages blanchis à la chaux du palais archiépiscopal de Cuzco court une ancienne ceinture de pierre : des blocs aux nombreuses faces dessinent toujours le quartier palatial inca. Jadis, derrière ce mur vivaient les parents du souverain ; on y conservait les biens et l’on y recevait les personnes dont dépendaient les affaires de la cour. Plus tard, le domaine fut divisé, ses anciens propriétaires furent expulsés, et une demeure espagnole s’éleva au-dessus de la maçonnerie ancienne ; elle abrite aujourd’hui la résidence archiépiscopale et le Musée d’Art religieux de Cuzco.
On considère généralement que la maçonnerie de pierre qui longe la rue est le mur extérieur du palais d’Inca Roca. Au milieu du quatorzième siècle, ce souverain s’installa ici après une lutte pour la succession. L’histoire fut mise par écrit seulement après la conquête espagnole ; les chroniqueurs divergent donc sur les noms des conjurés et les circonstances des meurtres. Ils présentent toutefois une succession d’événements semblable.
Cuzco était divisé en deux moitiés : Hurin, la partie basse, et Hanan, la partie haute. Il s’agissait d’ensembles de lignages qui rivalisaient pour la prééminence. Les souverains de Hurin vivaient à l’Inticancha. Le dernier d’entre eux, Cápac Yupanqui, préparait son fils Quispe Yupanqui à lui succéder. Après la mort du père, les partisans de Hanan tuèrent l’héritier et élevèrent à sa place un autre fils du défunt : Inca Roca, chef des lignages supérieurs qui cherchait à obtenir le trône pour son camp.
Inca Roca ne retourna pas à l’Inticancha, où restaient les prêtres et les parents des vaincus. Il remit l’ancienne résidence au grand prêtre du Soleil et ordonna d’établir ici son propre palais, dans la moitié haute de la ville, près de la route qui menait du centre de Cuzco à l’Antisuyu. Le nouveau souverain installa sa cour parmi les lignages qui l’avaient aidé à accéder au trône.
Un chroniqueur tardif dénombra dans ce palais quatre grandes cours, plus de cent pièces et des dizaines de bains. Les chiffres étaient peut-être exagérés, mais il s’agissait de tout un domaine : les parents du souverain y vivaient, les biens y étaient conservés et l’on y recevait les personnes dont dépendait sa position. Après la mort d’Inca Roca, le palais resta à sa panaca, la communauté lignagère qui administrait les terres et entretenait le culte de l’ancêtre défunt. Le successeur ne pouvait plus simplement occuper les pièces de son père : il devait avoir sa propre résidence.
Quispe Yupanqui mourut sans devenir souverain. Les lignages Hurin conservèrent la direction du culte solaire, tandis qu’Inca Roca fonda la lignée Hanan, dont sortirent les souverains suivants de Cuzco. Leurs palais distincts remplirent le centre-ville, car chaque nouvel inca construisait une demeure pour sa cour et sa future panaca.
Après la conquête, les Espagnols expulsèrent la noblesse inca, divisèrent le complexe palatial en parcelles et en remirent une partie au premier évêque de Cuzco, Vicente de Valverde. Ils élevèrent une demeure espagnole au-dessus de l’ancienne maçonnerie ; elle abrite aujourd’hui le palais archiépiscopal de Cuzco et le Musée d’Art religieux de Cuzco.
Dans les registres municipaux du milieu du dix-neuvième siècle, ce passage était appelé rue de la Grande Pierre. Au début du vingtième siècle, le nom espagnol fut remplacé par sa forme quechua, Hatun Rumiyoc, « qui possède une grande pierre ». La grande pierre se trouve dans le même mur du palais. Les étages enduits de plâtre qui la surmontent appartiennent à la demeure plus tardive, tandis que le rang inférieur de blocs polygonaux dessine la maison dans laquelle Inca Roca installa son lignage après sa victoire sur l’héritier de Hurin.
Sur place
La rue piétonne et l’observation extérieure du mur sont accessibles comme passage urbain.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par observer la longueur du mur, sans vous rassembler tout de suite près du célèbre bloc. La rue est étroite ; laissez donc le passage libre.
